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La dioptrique oculaire ou la théorique, la positive, et la méchanique, de l'oculaire dioptrique en toutes ses espèces / par le père Cherubin d'Orléans
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zor LA DI'OPTRIQVE OCVLAIKE,

ëe que pour éclairer l’Univers,il prend fa course par le Midy, &c. De .mesmej( asseurent-ils )Toute lumière, sortant originairement du Soleil ; y retourne,pour en ressortir de nouveau. Et par une semblable, & continuelle circula-tion ,il subsiste perpétuellement, en mesme estât 3 3c sans rien diminuer de fasubstance, il paroist toujours égal. D’autant, que ce qu’il semble en perdre*par rémission de ses rayons 3 il le reçoit de nouveau, par leur réflexion , contreles corps qu’il illumine, comme la Terre, la Lune , les autres Planètes , Sítoutes les Etoiles fixes : tant celles que nous voyons , que celles qui sont eatoutes les autres parties du (fiel ; 3c que leur moindre grandeur, ou leur tro^grande distance dérobent à nostre veuë. Car nous en voyons , beaucoup ave£POculaire , 3c en plusieurs endroits du Ciel, où nous ne croCvionspas aupara-vant , qu’il y en eu st : 3c mefrne beaucoup davantage , avec un long Oculaire,!qu’avec un de moindre longueur. Argument certain, que dans les endroitsdu Ciel où nous n’en voyons pas meíine, avec un Oculaire de quinze , oiLvingt pieds 3 ou mesme de cinquante, 3e soixante pieds de longueur : nous y,en pourrions voir , avec un Oculaire de cinq cents , ou de mille pas de lon-gueur : siipposé faiíabîe. Et en cette maniéré, ( disent ces Philosophes ) il lepeut faire, qu’aucun rayon de la lumière du Soleil ne se perde 3 estant tou-jours réfléchis par quelque corps,proche, ou éloigné -. meíme-ceux qui tom--beroient sur les extrémitez courbes, de leurs globes 3 car ces mesines globes,les rejettants fur d’autres, 8c par d’autres angles ; ils pourroient enfin retour-ner au Soleil j d'où ils estoient partis.

Mon dessein ,n’estantpas d’étendre,au delà des termes que je me fuis prescrit»Texposé que je fais icy, des nouveaux Phénomènes, queî’OcuJaire nous a dé~L’Ocuki- couverts 3 je ne m’arreste pas, à déduire les raisons,qui combattent cette opi-re, nous nion : me suffisant de dire, que celle qui établit, 3c qui tient que les Etoiles fi-^encrad^ xes , luisent par elles-mesines , 3c d’une lumière qui leur est propre, comme& la cor- '-autant de Soleils 3 estant plus vray- semblable, est auffi plus probable, commedansée ’ -10 feray voir en son lieu : 3c comme telle, aujourd’huy universellement re-Soidi.pa ceuë, de tous les Doctes. Partant, quoy-qu’il soit de cette opinion , quipre-consequét, tend établir le Soleil inaltérable 3 je dis, que l’Oculaire Dioptrique , qui nousinakera* ÏS fost voir des productions naissantes, Sc finissantes ,dansle Soleil : nous y fai-ble. faut voir la génération, 3c la corruption 3 nous en prouve par conséquent l’al-teration. Je produis donc icy , d’autant plus volontiers, ce que mes propresexpériences, m’ont fait voir diverses fois, de ce nouveau,3c fameux paradoxe ?que ce principe que je pose, l’exige encore demoy. Etqu’ayant esté inconnuà toute l’Antiquité , il est maintenant universellement approuvé, 3c receu. A l£vérité , cette surprenante, 3c prodigieuse apparence , meritoit un titre plusconforme à fa grandeur , 3c à là dignité , que celuy des Macules du Soleil?que les Astronomes luy ont donné. Considérant neantmoins que l’excellencedu sujet, a maintenant relevé la bassesse de ce nom -, 3c qu’ellel’ameíme ho-noré dans Tissage de Tauthorité des Doctes 3 je continueray à m’en servir, dan*,les Chapitres suivants.