z6r LA DïOPTRïQVE OCVLAIRE,
d’épreuve, devant que d’y commettre le bon verre ; afïn d’éviter , qu’il nerencontre quelque grain moins égal, qui le pourroit gaster ; estant prochede son adoucissement, 6c perfection. L’on continuera donc de travailler ceverre , avec ce grez affoibly y-quine fera plus que radoucir • jusquesá ce quel’on fente à la main, qu’il ne travaille plus. Alors nettoyant le verre, l’ostexaminera, s’il n’a point de défauts, importants à fa perfection ; qu’il ait pucontracter au travail -. comme de filandres ,ou détruits considérables; ou destatus qui fe soit ouvert, en lieu désavantageux proche du centre: car
aufli-tost que l’on s’apperçoit de semblables défauts , fans passer plus avant,( cequiseroit du temps, 6c du travail perdu, ) il les/aut oster , remettant dugrez fur la forme , du degré de force, que l’on jugera nécessaire, à cet effet :6e le retravailler en la maniéré exprimée , tant que le défaut en estant osté ; ostJe reconduise de mesme par radoucissement, au po]ir.
Or.jen’ay point spécifié jusques icy à dessein, si ce travail fe fait à grcrsec , ou humide ; d’autanc qu’il se peut faire enl’une, & en l’autre maniéré.C’est-póurquoy , je laisse le choix â l’Artiste -, de celle qui luy agréera davan-tage. Mais s’il a travaillé á sec , il faudra pour perfectionner son adoucisse-ment, bien nettoyer la forme, 6c les verres ; tant le bon , que celuy d’épreu-ve ; en sorte, qu’il n’y adhéré aucun grain, ny saleté : 6c mettre en suite sur In-forme , un peu de grez de la derniere foibleffe , que l’on humectera d'un pestd’eau , 6c sur lequel l’on travaillera premierement le verre d’épreuve ; tantquel’on sente ce grez , dans le degré de douceur , qu’il doit avoir , pour perfe-ctionner Radoucissement du bon verre : que l’on y mettra puis âpres des-sus ., pour i’achever avec attention , 6c patience. Je dis avec patience , d’au-tant , que le verre se polit d'autant plus régulièrement, seurement, ôc prompte-ment ; qu’il est plus parfaitement adoucy. Il ne faut donc pas penser, qu'i^soit suffisamment adoucy, qu’il ne paroisse à demy poly, sortant de dessus kforme.
Maintenant, pour bien adoucir un verre, 11 faut prendre garde, de ne rete-nir dessus la forme, qu’autant de grez, qu’il en faudroitpour la couvrir sim-plement ; Sc l’on en ostéra mesme par fois , en nettoyant les bords , tant dela forme, que de la molette ; où fe jette , 6c s’arreste ordinairement, ce q ulest moins délicat, Sc moins propre, pour l’âdoucissement du verre. Et sorsque l’on sentira le grez s’épaiífir, 6c fe rendre en consistence, trop forte, 1 ’° l%y mettra par fois quelque goutte d’eau ; prenant garde, d’éviter l’autre ex-trémité , qui est de rendre le grez trop ssuide ; car cela empécheroit, que kmolette ne coulast doucement, fur la forme, 6c l’y arrestant rudement pouf-roit gaster le verre. 11 faut donc tenir en cela un milieu, 6c la prudence dsl’Artiste expert, ìuv enseignera cette température. L’on ne se doit pas fier ak veuë simple, pour reconnoistresi un verre est parfaitement adoucy ; m^ savant que de désister du travail, l’ayant bien essuyé, on l’examinerapour un£derniere fois, avec un verre convexe, qui en puisse faire voir tous les défauts ;6c remarquer singulièrement, s’il est suffisamment adoucy. Car sou vent fautede cette diligence, l’on reconnoist trop tard, lors que le verre est poly, q u ’ eíl "core qu’il paru st parfaitement adoucy, à l’oeil simple , il ne l’estoit pourtantpas : y restant un défaut notable pour ce sujet , 6c qui fera toûjours obstacle»â fa perfection ; qui est qu’encore que le verre soit parfaitement formé, 1’^'culasse n’en fera pourtant jamais bien clair : les objets y paroissants commevoilez, d'u n crefpe fort leger. Que si ayant apporté çette diligence, enl’exa-men de ce verre, on le trouve parfaitement adoucy, 6c capable de recevoir ex-cellemment le poly ; l’ayant bien lavé , 6c nettoyé, 6c la forme pareillement»