Band 
Tome premier.
Seite
580
JPEG-Download
 

58o

RÉGLEMEKS FORESTIERS. Ayyàr. 1802 ( A y 10)

gnorance et danarchieavoient attachée à la royauté.

33 Ce nest pas que le roi ueùt aussi, comme tel,des seigneuries qui faisoient partie de ce quon ap-peloit le domaine de la couronne.

33 Mais dans ces seigneuries même , il falloit dis-tinguer ce quil faisoit comme seigneur, davec cequil faisoit comme représentant héréditaire de lanation, comme législateur, comme monarque; etsans contredit, cest comme représentant hérédi-taire de la nation, cest comme législateur, cestcomme monarque , et non pas comme seigneur, queparles articles i er . et 10 du titre 2.0 de lordon-nance de 1669, il a supprimé les droits dusage descommunes dans les forêts domaniales, puisquil 11apas limité cette suppression aux communes qui lereconnoissoient pour seigneur, et quil la étendueà toutes celles qui le reconnoissoient pour roi.

33 Ici dailleurs on na pas prouvé, on na pas mêmeosé articuler que le roi fût seigneur particulier descommunes de Voitteur, Domblans et Blandan; etcela seul auroit empêcher le tribunal dappel deBesançon de leur appliquer larticle 8 de la loidu 28 août j792.

33 Cela seul aussi démontre combien est fausselinduction que les trois communes prétendent tirerde la loi du 8 août 1793 , qui en interprétant lar-ticle 12 de la 4 e - section de celle du 10 juin pré-cédent, déclare quil na été par cet article portéaucune atteinte aux droits qui résultent aux com-munes des dispositions des lois des 2 5 et 28 aoûtj 792, relatives aux droits féodaux et au rétablisse-ment des communes dans lespropriétéset droits dontelles ont été dépouillées par leffet de la puissanceféodale . Cette loi en effet prouve de plus enplus quela répression des abus de la puissance féodale a étéle seul objet de larticle 8 de la loi du 28 aoûtj 792 , et que lon ne peut pas regarder comme abolipar cet article un acte de la puissance législativequi est absolument étranger aux droits féodaux.Elle prouve par conséquent de plus en plus que,par le jugement dont il sagit, le tribunal dappel deBesançon a tout à la fois appliqué faussement ce der-nier article et violé les dispositions de lordonnancede 1669.

n Mais il nous reste à examiner si les deux finsde non-recevoir que les trois communes invoquentpour la première fous devant vous, peuvent couvrirce double vice du jugement dénoncé,

33 Et dabord le jugement arbitral du 8 germinalan 2 avoit-il été attaqué en temps utile par létat?

33 Vous navez pas oublié que létat na appelé dece jugement que le 24 floréal an 7, et de les troiscommunes prétendent inférer que son appel nétoitplus recevable.

33 11 nétoit plus recevable, disent-elles , et parceque la sentence arbitrale du 8 germinal an 2 11ap-uartenoitpas àlaclasse des jugemensarbitrauxcontrelesquels la loi du 28 brumaire an 7 avoit rouvertla voie dappel ; et parce quen supposant cette sen-tence comprise dans les dispositions de la loi du 28brumaire an 7 , au moins il nen avoit pas été ap-pelé dans le délai fixé par cette loi.

33 Ainsi cet te première fin de non-recevoir descommunes se divise en deux branches ; mais nous

devons le dire, elle 11est pas mieux fondée sous unaspect que sous lautre.

33 La loi du 28 brumaire an 7 comprend dans sesdispositions tous les jugemens arbitraux qui ont ad-jugé à des communes la propriété de certaines forêtsque létat prétendait nationales, et à lexploitationdesquelles il a été sursis parla loi du 7 brumaire an 3 .

y> Or, dune part, la sentence arbitrale du 8 ger-minal an 2 avoit adjugé aux trois communes, icidéfenderesses, la propriété de2i3 arpens de boisque non-seulement létat prétendait , mais que lestrois communes elles-même avouoient être natio-naux. De lautre, la loi du 7 brumaire an 3 avoitcertainement frappé sur cette sentence arbitralelorsquelle avoit dit : Toute exploitation de boisdans lesquels les communes seraient rentrées envertu de sentences arbitrales, demeurera suspenduejusquà ce quil en ait été autrement ordonné. Ainsidouble raison pour que la loi du 28 brumaire an 7soit applicable à la sentence arbitrale du 8 germinalan 2.

» Quimporte que cette sentence 11ait pas adjugéaux trois communes les 21 3 arpens de bois, commeleur propriété primitive, comme leur ayant ancien-nement appartenu, mais comme devant former, àtitre de cantonnement, lindemnité, léquivalent deleur ancien droit dusage? La loi du 28 brumairean 7 ne distingue pas : elle est générale, et il nenous est pas permis de la restreindre par des ex-ceptions arbitraires, encore moins par une excep-tion qui seroit souverainement déraisonnable,puis-que, spoliation pour spoliation, celle qui sexercepar la voie du cantonnement appliqué mal-à-pro-pos, nest pas plus tolérable que celle qui sexerce-roit sous dautres prétextes.

33 Si la loi du 28 brumaire an 7 est générale,celle du 7 brumaire an 3 , qui en a été le germe,lest bien davantage; car elle porte sur toute ex-ploitation de bois dans lesquels des communes se-raient rentrées en vertu de sentences arbitrales, sansdistinguer si cest comme propriétaires ou à titredusagères, que les communes ont été mises en pos-session de ces bois.

33 II y a plus encore : larticle 1 er . de la loi du 10floréal an 3, en interprétant celle du 7 brumaireprécédent, la déclare applicable à toutes les forêtsdans la possession desquelles la nation a ou auraquelque intérêt; et elle ajoute, article 2, que lecomité des finances est autorisé à prononcer sur lesréclamations qui seront faites contre les dispositionsde la même loi , lorsqu elles auront pour objet la pro-priété ou le droit dusage dans les forêts mentionnéesau 1 er . article ; preuve évidente et sans répliqueque la loi du 7 brumaire an 3 , et par conséquentcelle du 28 brumaire an 7, embrassent dans leurdisposition les forêts que les communes se sont faitadjuger comme y ayant en autrefois des droits du-sage, ou, ce qui est la même chose, comme leurayant autrefois appartenu à titre de propriété par-tiaire , tout aussi bien que les forêts quelles se sontfait adjuger comme leur ayant autrefois appartenuen pleine propriété.

33 11 ny a donc pas la moindre apparence de fon-dement dans la première branche de la première