Band 
Tome premier.
Seite
581
JPEG-Download
 

RËGLEMENS FORESTIERS. Année 1802 (an 10 ). 58 x

de non recevoir des trois communes. Quant à la se-conde, vous lavez déjà proscrite par plusieurs ju-remens , notamment par celui que vous avez rendule 4 messidor an 9 , au rapport du G. Henrion et surnos conclusions, entre létat, demandeur en cassa-tion dun jugement du tribunal civil des Vosges ,et la commune de Coussey, défenderesse ; et encorepar celui qui est in>eêvenu le 14 fructidor suivant,au rapport du même magistrat, contre les com-munes de Nossoncourt, Menil, Anglemont, Sainte-Barbe , Menarmont, et Bazien. Les motifs qui vousont dicté ces deux jugemens , vous sont encore pré-sens et nous dispensent den dire davantage sur cepoint.

33 Reste la seconde fin de non recevoir, que lestrois communes font résulter et du défaut dappel dujugement du tribunal du district de Lons-le-Saul-nier, du 18 février 1793, et de ce que ce jugementavoit décidé définitivement que les trois communesdévoient être réintégrées dans leur droit dusage ,en vertu de la loi du 28 août J792.

33 Vous avez remarqué, C. M. , que le juge-ment du 18 février 1793 étoit rendu en dernierressort, et cen est assez pour écarter lobjection quelon cherche à tirer de ce quil nen avoit pas été ap-pelé par létat.

33 lf est vrai quon peut la faire tomber sur ce quelétat nen avoit pas poursuivi ni obtenu la cassationMais, à cet égard , il se présente plusieurs observa-tions également péremptoires.

33 Premièrement, le jugement du 18 février 1793na jamais été signifié à létat ; et ce qui le prouve,cest quil 11existe aucune trace de signification aubas de lexpédition quen représentent les trois com -munes 11 est vrai que , dans larrêté de ladminis-tration centrale du département du Jura , du 6 ven-tôse an 7, il est dit que ce jugement a acquis l au-torité de la chose jugée par la signification de plusde trois mois. Mais cette énonciation qui, dailleurs,ne se réfère à aucune date précise , ne peut par elle-même former , pour les trois communes, la preuvedune signification dont l'exploit nest pas rapporté,encore moins dune signification quelles nosent paselles-mêmes articuler avoir été faite. Ladininistra-tion centrale du Jura 11est, dans cet arrêté, à lé-gard de létat, que ce que sont, à légard dun pro-priétaire pariiculier, ses gens daffaires, intendansou conseils, dans les lettres quils lui écrivent, dansles comptes quils lui rendent. Or, si les gens daf-faires dun particulier lui disoient, dans une lettreou dans un compte rendu, quil ne peut plus se pour-voir contre tel jugement, parce quil y a plus detrois mois quon le lui a signifié, très-certainementcette lettre, ce compte rendu venant à tomber entreles mains de la partie adverse , ne pourroit pas dis-penser celle-ci de prouver, par un exploit en bonneforme , la signification dont elle chercheroit à seprévaloir.

33 En second lieu, non-seulement le jugement du18 février 1793 navoit pas encore été signifié à lé-tat, lorsque le tribunal dappel de Besançon a pro-noncé; mais les trois communes nont pas même ex-cipé devant lui des dispositions de ce jugement. Si«lies en avoient excipé, le préfet du département

des Vosges auroit pu demander quelles le lui signi-fiassent , et en conséquence requérir un sursis aujugement de la cour dappel, jusquà ce quil eûtpris les voies de droit pour le faire réformer, ce quilui eût été dautant plus facile, quon ne voit passous quel prétexte le tribunal du district de Lons- le-Saulnier avoit pu sarroger le droit de prononceren dernier ressort. Mais en nexcipant pas de ce ju-gement , les communes ont évidemment consenti àce que la clause dappel fût jugée comme sil neûtpas existé ; et comment, daprès cela , pourroient-elles être aujourdhui recevables à en exciper pourla première fois, à leffet de couvrir les vices du ju-gement principal quelles défendent? Sil étoit pos-sible , C. M. , que vous vous arrêtassiez à cette ex-ception nouvelle , il fatidroit du moins faire ce quele tribunal dappel de Besançon eût faire lui-même, si cette exception eût été proposée devant lui;il faudrait accorder à létat le délai nécessaire pourla combattre, ou, en dautres termes, surseoir àprononcer jusquà ce que létat eût pu poursuivre lacassation du jugement du 18 février 1793.

33 Troisièinementenfin, par le compte détaillé quenous vous avons rend 1 , et des conclusions prises parles trois communes devant le tribunal de Lons-le- Saulnier , et des motifs ainsi que du dispositif dujugement dont elles ont été suivies, vous avez vuque te jugement navoit rien décidé sur le fonddu droit des parties ; que seulement il avoit énoncéun consentement du procureur-général syndic à ceque les trois communes obtinssent un cantonnementreprésentatii de leur ancien droit dusage; mais quilnen avoit pas même donné acte aux trois com-munes.

33 Ainsi, dune part, le consentement du procu-reur-général syndic na pas acquis , par lautorité dela justice, plus de force quil 11en avoit par lui-même. Or, par lui-même , ce consentement na paspu nuire à létat. Un procureur-général syndic 11apas pu, par une reconnoissance erronée ou complai-sante , priver létat dune propriété légitime et in-contestable ; et cest ici le cas dinvoquer le principeconsacré par lart. i 3 de la loi du 22 novembre1790, sur la législation domaniale , qu aucunes finsde non recevoir ou exceptions , excepté celles résul-tantes de lautorité de la chose jugée , ne peuventcouvrirlirrégularité connue et bien prouvée des alié-nations faites sans le consentement de la nation.

33 Dun autre côté , il est évident que le jugementdu 18 février 1793 ne peut , sous aucun rapport ,être considéré comme définitif. Aussi est-il qualifiéde jugement purement préparatoire dans la sen-tence arbitrale du 8 germinal an 2 ; et cest bienconstamment sous le même aspect que la considéréle tribunal dappel de Besançon : témoin les termesdans lesquels il en est rendu compte dans le juge-ment attaqué : le jugement en dernier ressort, quiintervint le 18 février 1793 , supposant le droit du-sage consenti par l'état, ordonna, avant de fairedroit, la nomination d'experts. Cela posé, quelobstacle pouvoit faire ce jugement à ce que le tri-bunal de Besançon prononçât en faveur de létat ?

33 Aucun , puisque jamais un jugement purementpréparatoire ne peut donner lieu à lexception de