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Tome premier.
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J 94 AMÉ AMÉ

du moins d’une manière générale et absolue , qu’untaillis est un bois que l’on coupe avant 3o ans,puisqu’il est plusieurs espèces de bois qui, après cetâge, se reproduisent encore de souches.

Mais quand l’exploitation est tellement différée ,que le repeuplement doit se faire beaucoup plus parles semences que par les souches, c’est alors que lesbois doivent prendre le nom de futaie , et s’appelerfutaie sur souches , si c’est un taillis qu’on a laisséélever en futaie , et futaie de brins , si elle provientde semences. En eff et le mot futaie vient Aefust ,haute tige, ce qui indique qu’il ne convient qu’auxbois destinés à parvenir à leur plus haut degré d’é-lévation , et par conséquent à se repeupler de se-mences.

Voilà donc deux moyens de reproduction, quifondent la distinction principale qu’il y a entre lestaillis et les futaies. D'après celft, je pense qu’onpourrait établir cette définition : un taillis est unbois que l’on coupe à un âge tel qu’il puisse se re-produire de souches et de racines, tandis qu’unefutaie est celui qui est destiné à n’êtie abattu qu’àun âge où la reproduction se fera principalement parles semences.

Cette définition nous montre la nature et la pro-priété des deux états de bois dont il s’agit, et lemode de reproduction particulier à chacun. Elleme semble réunir les conditions nécessaires à unedéfinition d’histoire naturelle, qui sont de présenterl’exposition courte et précise des principales qualitéspropres et distinctives des choses qu’on veut faireconnaître. Les exceptions rares que l’on citeraitne peuvent en altérer la justesse; car de ce que,dans la coupe d’un bois de 80 à 100 ans , on voitquelques fourches fournir des rejets, on ne doit pour-tant pas conclure que la définition soit vicieuse , etil suffit que l’espoir du repeuplement soit fondé prin-cipalement sur les semis naturels, pour que le bois,dans l’état où il se trouve, soit classé parmi les fu-taies ( i}.

On distingue, au surplus, les taillis et les futaiessuivant leurs âges : on appelle jeune taillis celui deio ans et au-dessous; moyen taillis, celui de i5 à 2.5ans ; hauts taillis, hautes tailles ou gaulis , ceuxde 3o, 4 e , 5o ans et plus ; jeune futaie ou recruede futaie, celle qui commence à s’élever; demi-fu-taie, celle de 4 o à 6 o ans ; haute futaie, celle de îooans; vieille ou ancienne futaie , celle de i5o à 200ans et plus.

J’observe enfin que la distinction qui a été éta-blie plus haut, quoique fondée sur la nature mêmeet conforme aux anciennes définitions, n’a pas pourobjet de déterminer le sens dans lequel doivent êtreentendus les mots taillis.e t futaie en matières dedroit. Je ne la présente que comme une définitiond’histoire naturelle, et je renvoie aux mots Taillis et Futaie , au code civil, etc., pour avoir l’inter-prétation nécessaire sous ce dernier rapport. J’ob-

(1) On voit par le tableau qui termine cet article , que lessouches <le quelques arbres peuvent repousser jusqu’à 14cet 200 ans. Mais ces âges sont les plus élevés auxquels lareproduction puisse avoir lieu , et on ne fondera jamaisl'espoir d’une renaissance complète sur des souches aussivieilles.

serve encore qu’elle ne concerne que les taillis et lesfutaies en massif. Quant aux baliveaux et futaiessur taillis, ils prennent aussi différentes dénomi-nations suivant les âges.

On appelle baliveaux de Page ceux qu’on réservelors de l’exploitation du taillis ; modernes , ceux dela dernière coupe, et anciens , ceux des coupes pré-cédentes.

$ II. Des produits et de la reproduction.

Deux objets principaux sont à considérer dansl’exploitation en taillis, savoir: les produits et lareproduction.

Il y a deux sortes de produits, celui en matièreet celui en argent. En général, il faut consulterl’un et l’autre, pour déterminer convenablementV aménagement d’une forêt; maison doit, dans cer-tains cas, avoir plus d’égard à l’un qu’à l’autre , etc’est pour ne les avoir pas assez distingués, que quel-ques auteurs ont donné des règles fautives sur l’artdes aménagemens. Us ont confondu dans des pré-ceptes généraux, l’intérêt du propriétaire particu-lier, avec celui du gouvernement. Le premier setrouve souvent obligé de tirer de ses bois le plushaut produit en argent, tandisque le gouvernementdoit presque toujours viser au maximum des pro-duits en matières , pour satisfaire aux besoins (le laconsommation. Les règles à suivre par ces deuxclasses de propriétaires, nesont donc pas les mêmes;et quand on a dit que le gouvernement devrait amé-nager ses forêts comme celles des particuliers, on aavancé une grande erreur. Les anciens réglemensavaient bien prévu que les bois des particuliers nepourraient pas être soumis à des aménagemens aussiprolongés que ceux de l’état, et c’est pour cette rai-son qu’ils se sont bornés à défendre qu’ils fussentcoupés avant l’âge de 10 ans.

J’ai déjà fait observer que le moyen d’obtenir lemaximum des produits en matière , était de retarderles exploitations autant que la nature des terrains pou-vait le permettre; mais que si on calculait les intérêtsdes capitaux, ce maximum ne donnait pas toujourscelui en argent, puisqu’une futaie de 120 ans, quiavait fourni presqu’une fois plus de bois qu’un tailliscoupé quatre fois, de 3 o en 3 o ans , n’avait rap-porté que les trois cinquièmes de ce que ce taillisavait produit en principal et intérêts.

Quant à la reproduction, e lie se faitplus ou moinsbien, suivant les espèces de bois, leur âge, la saisonoù on les coupe, le climat, la qualité , la situationet l’exposition du terrain , la manière dont se faitl’exploitation , etc. Ce sont autant de circonstancesqu’il faut encore observer, pour déterminer les amé-nagemens, et pour opérer les exploitations.

^Fous les bois à feuilles, c’est-à-dire, tous lesbois autres que ceux résineux, se reproduisent desouches, et quelques-uns de racines. Cette repro-duction se renouvelle à chaque coupe de taillis,tant que les souches ou racines conservent la vigueurnécessaire pour former et produire de nouveaux jets.Mais M, Hartig pense, en se fondant sur l’expé-rience , qu’une souche de taillis ne vit et ne se con-serve pas autant de temps qu’elle eût vécu, si la pra-