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AMÉ
duit d’une autre année, doit être grande. Ainsi, 1plus on laisse profiter son bois , plus on a à gagner,pourvu qu’on l’arrête et qu’on le coupe un peu avantqu’il soit parfaitement mûr ; c’est-à-dire, lorsqu’ilest sur le point de ne plus profiter si on le laisse surpied.
» Par conséquent, les différences doivent êtreen raison inverse de la proportion et raison droitequi constitue la progression de l’àge.
33 En effet, dans le premier des exemples ci-des-sus , pendant que la valeur de la feuille va en ascen-dant, depuis 2 livres jusqu’à 7 livres 10 sous , lesdifférences des feuilles d’une année à l’autre sontdescendantes depuis une livre 6 sous 8 deniers, jus-qu’à 3 sous 4 deniers, parce que, plus l’àge avance,lus le bois prend de prix ; et parce que, plus leois prend de prix, moindre est la différence d’uneannée à l’autre.
33 Quand cette différence deviendra nulle et égaleà zéro, alors les bois seront sur le repos : ils reste-ront là pendant un peu de temps, comme s’ils sesoutenaient en bon état, par leur propre substance;et ensuite, ils s’en retourneront, ils périront, ilsdécroîtront par une progression descendante , dontles différences deviendront ascendantes.
33 Ce sont ces observations bien faites sur le localdans les forêts , comparées ensuite avec les opéra-tions anciennes et nouvelles des maîtrises, dont ilfaut faire le relevé dans leurs greffes, qui, entre lesmains d’un artiste intelligent, connaisseur en bois,et habile à différencier les terrains, doivent opérerce qu’on peut appeler véritablement la réformationdes bois d’une forêt, ainsi que le choix bien fait del’âge propice pour les couper. 33
L’auteur fait remarquer aussi combien il est né-cessaire que les personnes chargées de proposer unaménagement, étudient la nature en physiciens, ennaturalistes, en économistes; et il pense qu’il seraitmême utile que le gouvernement formât des sujetspour ce genre de travail.
Relativement à l’influence de l’âge sur la qualitédubois, il dit que l’arbre augmente de bonté, dedensité et de pesanteur en proportion arithmétique ,jusqu’à ce qu’il soit arrivé à sa perfection. Alors lebois de ses différentes parties devient d’égale pe-santeur. Dans le cours de son accroissement, c’estpareillement en proportion arithmétique que cettepesanteur diminue depuis le pied de l’arbre jusqu’àson sommet, ainsi que de son centre à son aubierou circonférence ; mais une fois qu’il est arrivé àsa perfection, le centre ou l’axe s’obstrue, il se des-sèche , il devient plus léger que l’aubier, l’arbre secreuse , et tout cela s’opère graduellement, suivantle concours des circonstances qui contribuent à sanourriture et à sa progression.
Ce que dit M. Plinguet, sur l’augmentation dela qualité des bois à mesure qu’ils croissent, et ladiminution progressive de cette qualité lorsqu’ilssont sur le retour, a été constaté par des expériencesde Buffon, de Duhamel, de Yarennes deFenille, deHartig , etc., sur la pesanteur, la force de résistanceet la combustibilité des bois à différens âges. 11 enrésulte, que l’âge où le bois arrive à sa perfection,
est aussi celui où il a le plus de pesanteur, le plusde force et le plus d’effet à la combustion.
Quant aux calculs de l’auteur sur la progressiondes taillis , il est à remarquer qu’ils sont établis surla supposition d’un accroissement uniforme pendantun espace de temps déterminé. Il suppose, dans lepremier tableau, que cet accroissement vaudra 1 o 1.par an, depuis 5 jusqu’à 16 ans; dans le second,ue cette augmentation annuelle sera de 20 livresepuis 17 ans jusqu’à 25 ; et dans le troisième ta-bleau , qu’elle sera de 3 o livres depuis 26 jusqu’à3 o ans. Les résultats de ces calculs peuvent êtreexacts, mais la marche suivie par l’auteur n’est pascelle que suit la nature , l’accroissement du boisn’étant pas uniforme dans une période déterminée,comme il l’a supposé , et ne passant pas de suite dusimple au double pendant une autre période. Il pa-raît, d’après les expériences de Laurent Carniani surla progression des bois , que cette progression seraitpendant 10 ans dans la proportion suivante : savoir,la première année, comme 1, et les 9 autres,comme 4 » 9 > i 5 , 22, 3 o , 4 ° » 54 , 70 et 92. Ilrésulte de ces rapports , que celui qui fait 2 coupesde 5 en 5 ans, ne reçoit pas en totalité la moitiéde ce qu’il obtiendrait en ne faisant qu’une coupeau bout de 1 o ans , puisqu’il ne reçoit que 112,produit des 5 premières années , tandis qu’ilaurait reçu 337, produit des 10 années consécu-tives.
7 0 . L’auteur qui paraît avoir mis le plus d’exac-titude dans ses recherches sur l’accroissement desbois, et avoir embrassé cet objet dans toutes ses par-ties, est Varennes de Fenille. Nous allons indiquerla marche qu’il a suivie et les résultats qu’il a obte-nus, parce que ce n’est qu’en rapprochant ainsi, eten comparant un grand nombre d’expériences, qu’onpeut tirer des conséquences utiles à la meilleure ma-nière d’aménager les taillis.
Varennes de Fenille, étonné de la discordancedes faits rapportés dans les divers ouvrages fores-tiers sur l’accroissement des bois, a cherché uneméthode qui pût donner plus de précision aux rè-gles à suivre sur l’âge où l’on doit couper les taillis.
Il reconnaît, avec Buffon, que c’est le plus hautpoint d’accroissement qu’ilfaut saisir pour tirer d'untaillis tout l’avantage possible ; et, convaincu decette vérité , il a pensé que le meilleur moyen de re-connaître ce maximum était un instrument quimesurât les accroissemens successifs avec exacti-tude.
Pour plus de clarté, il réduit la question à sesplus simples élémens, et ne considère les taillisque comme des bois de chauffage et sans bali-veaux.
Puis, il examine ce qui arrive dans un taillis fraî-chement coupé. Ce taillis, dès la première année,jette une quantité innombrable de surgeons, dont àpeine il doit subsister la centième partie par lasuite. Comme les souches fournissent une nourri-ture surabondante, l’élancement des brins est plusaccéléré que dans un ancien taillis, les feuilles sontplus larges, leur fanage est plus brillant, et lecours de la sève ne s’arrête qu’à l’approche des pre-mières gelées. Aussi ces jeunes tiges, encore herba-