Band 
Tome premier.
Seite
214
JPEG-Download
 

AME

2l4

égard à l’intérêt de l’argent, sa proposition d’amé-nager à longs termes ne convenait pas autant auxpropriétaires particuliers qu’au gouvernement. J’aifait connaître aussi les expériences de M. Hartig ,desquelles il résulte que des taillis aménagés à 3oans ne donnent en 4 coupes que la moitié des pro-duits en matières de ce que donne une futaie de120 ans , mais que dans cet espace de temps les in-térêts de l’argent élevaient le revenu des taillisà j au-dessus de celui des futaies.

Après avoir démontré que l’intérêt du gouver-nement et celui de la consommation exigeaient queles bois de l’état fussent aménagés à des âges aussiprolongés que les circonstances locales peuvent lepermettre, M. de Perthuisindique un moyen simplede reconnaître la maturité des bois dans les diffé-rentes espèces de terrains. Nous avons vu que \'a-rennes de Fenille conseillait de s’assurer du gros-sissement annuel des brins d’un taillis, et de cou-per ce taillis lorsque le grossissement de la der-nière année n’atteignait plus la moyenne propor-tionnelle des années précédentes. C’était donc surl’accroissement en circonférence qu’il fondait sa mé-thode de vérification. M. de Perthuis a établi lasienne sur l’accroissement en hauteur; elle m’exigeFemploi d’aucun instrument; elle'ne consiste quedans l’inspection des pousses annuelles, soit desbaliveaux, soit des brins de taillis. L’auteur avaitremarqué qu’à un certain âge , l’alongement annueldes branches verticales des taillis présentait degrandes différences suivant les terrains; que sur lesmauvais, les pousses diminuaient prpgressivementde longueur, à mesure que les taillis avançaient enâge, tandis que dans les bons elles restaient long-temps de la même longueur; par exemple, que lapousse annuelle des taillis de 12 à i5 ans, situés surde mauvais terrains, n’était plus que de 2 à 6 lignes ,lorsque sur les bons elle était encore de i2à 24 pou-ces; que depuis i5 à 25 ans , la pousse des taillisen mauvais fonds n’était plus que de la hauteur dubourgeon, quelquefois même que la cime des tailliscommençait à se dessécher, mais que leur tige gros-sissait encore ; que si elle ne gagnait plus rien en hau-teur , elle produisait un bois de chauffage plus gros,plus pesant, plus durable au feu (1), et qui se ven-dait plus cher que celui du même taillis coupé à unâge moins avancé. L’âge de 25 ans lui paraissait ce-lui de la maturité des taillis placés sur les plusmauvais terrains, maturité qu’on pouvait reconnaîtreà la cessation de leurs pousses annuelles.

Telle est la méthode proposée par M. de Per-thuis pour classer et aménager les taillis. Il recom-mande d’ohserver de préférence les pousses de chêne,et à défaut de chêne, celles du hêtre, ensuite cellesdu charme ou du châtaignier , et de faire ces obser-vations sur les baliveaux de 20 à3o ans, et à défautde ceux-ci, sur les taillis de 20 à 25 ans.

Il divise les bois en 7 classes, chacune déterminéepar la longueur des pousses annuelles sur les dif-férons terrains, à un âge commun. Dans ses 7 classesne sont pas comprises les futaies pleines.

(O Cette observation est conforme aux expériences deM. Hartig sur la combustibilité des bois.

AMÉ

t°. Classement des bois déterminé parles poussesannuelles des baliveaux de 20 à 3o ans.

Première classe. L’auteirr comprend dans cetteclasse tous les bois dont les pousses annuelles desbaliveaux ne s’alongent plus à l’âge de 20 ans etau-dessous, et tous ceux dont les arbres ou plu-sieurs d’entre eux se couronnent à 3o ans et au-dessous.

Ueuxième classe. Tous les bois dont les poussesannuelles des baliveaux ne s’alongent plus à 25 ans,et dont plusieurs se couronnent à 3o ans.

Troisième classe. Tous les bois dont les mêmespousses cessent de s’alonger à 3o ans, et dont plu-sieurs se couronnent à 35 ans.

Quatrième classe. Tous les bois dont les mêmespousses s’alongent à 20 ans de 4 à 8 pouces ; à 25ans , de 2 à 4 pouces ; et à 3o ans , de 1 à apouces.

Cinquième classe. Tous les bois dont les mêmespousses s’alongent à 20 ans de 8 à 12 pouces; à25 ans, de 4 é. 8 pouces ; et à 3o ans , de 2 à 4pouces.

Sixième classe. Tous les bois dont les poussess’alongent à 20 ans de 12 à 18 pouces; à iS ans, de8 à i5 pouces; et à 3o ans, de 6 à 12 pouces.

Septième classe. Enfin, l’auteur comprend danscette dernière classe tous les bois qui, à ces différonsâges, poussent encore plus vigoureusement.

M. de Perthuis répond à ceux qui regardentcette division comme étant d’une application dif-ficile dans les aménagemens , que les erreurs quel’on pourrait commettre en plaçant dans une classedes bois qui devraient appartenir à la classe précé-dente ou à la classe suivante , ne pourraient ja-mais être bien graves , et qu’au surplus , il est im-possible de confondre ceux qui doivent être rangésdans les premières classes avec ceux des trois der-nières.

2 0 . Classement des bois parla hauteur des taillisà un âge commun.

Première classe. Tous les taillis qui,à 20 ans, neprésentent que 6 à 9 pieds de hauteur , et dont lespousses annuelles ne s’alongent plus.

Deuxième classe. Tous les taillis qui, à 25 ans ,n’ont qu’une hauteur de 9 à 12 pieds. Sur cette es-pèce de terrain les taillis ne prennent plus de hau-teur à cet âge , et souvent plus tôt.

Troisième classe. Les bois dont les taillis ne pré-sentent à 25 ans qu’une hauteur de 12 à i5 pieds.Dans cette classe, les bois ne prennent plus de hau-teur entre 25 et 3o ans.

Quatrième classe. Les bols dont les taillis neprésentent à 25 ans qu’une hauteur de 20 à 25pieds. Ces bois ne prennent plus de hauteur de 3o à35 ans.

Cinquième classe. Les bois dont les taillis à 25ans présentent une hauteur de 20 à 25 pieds, et quiprennent encore de la hauteur à 40 ans , et mêmeà 5o ans.

Sixième classe. Les bois dont les taillis à 25 ansprésentent une hauteur de 25 à 35 pieds. Les taillisde cette classe croissent encore à 70, 80 et 100ans.

Septième classe. L’auteur place dans la septième