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Tome premier.
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AMÉ

On sait que l’exploitation des futaies (traitées d’a-près la théorie du réensemencement naturel) se fait,non compris les nettoiemens, en 3 coupes, dont lai r«. s’appelle coupe de réensemencement ou coupeserrée , la 2 e ., coupe d’éclaircissement , et la 3 e . ,coupe définitive-

On sait aussi que , sous un climat tempéré, abs-traction faite des modifications apportées par lanature de chaque essence dont la futaie se compose,par L'état plus ou moins serré de la coupe de réen-semencement et par l’exposition , il faut ordinaire-ment, dans nos futaies de chêne et de hêtre , 6 à7 ans avant que les jeunes plants soient en assezgrand nombreet assez forts pour qu’on puisse enleverune partie des arbres laissés lors de la coupe serrée.

La nature , qui suit des lois particulières , dontnous ne connaissons que les effets , ne s’embarrasseguère des divisions annuelles que nous traçons surles terrains, dont nous abandonnons le repeuplementà sa fécondité ; et il arrive souvent que telle coupequi vient d’être exploitée en réensemencement setrouve être parfaitement repeuplée, lorsque d’an-ciennes exploitations sont encore dépourvues detoute recrue; mais le forestier sait que les coupessecondaires, qu’on ne peut resserrer dans les limitesque la géométrie leur aurait tracées , sont d’unrapport important et d’un produit deux et trois foisplus fort que celui de la coupe serrée.

A quoi servirait donc de déterminer d’avance ,d 'année en année , les coupes de réensemencement,lorsque ces divisions ne seront d’aucune utilité pourles coupes secondaires?De quelle utilité serait d’ail-leurs cet te indication des coupes annuelles à asseoirdans les futaies ?

Le produit annuel, suivant l’idée que nous avonsde l’ aménagement , doit être égal et constant ; dumoins on doit chercher à s’y procurer cette égalitéde produits annuels, autant que possible , et ne s’enécarter que lorsqu’on y est forcé par les circons-tances : or , le produit des coupes claire et défini-tive ne peut pas être déterminé d’avance , et la dé-termination sur une étendue donnée serait une indi-cation fausse et illusoire.

J’observerai en dernier lieu que l’employé quine serait pas forestier , et auquel les connais-sances de son état ne seraient pas familières, nese trouvera pas plus soulagé dans l’exercice de scsfonctions , qui sont celles de conserver et d’amé-liorer les forêts, lorsque Y aménagement lui ap-prendra qu’il faut opérer dans tel numéro de lasuite des coupes annuelles, que si on eût confié àson expérience et à sa sagacité la variation des ex-ploitations dans tel ou tel district ou dans telle di-vision.

Dans le dernier cas, ses opérations seront d’ac-cord avec la nature et les circonstances, tandisqu’étant lié par l’ordre des exploitations annuelles,il se verra souvent obligé de proposer une coupeserrée, lorsqu’il sera certain , par l'inspection deslieux, que c’est un éclaircis qu’il faut faire, oubien il sera forcé d’opérer une coupe secondaireavant que la nature ait pourvu au réensemencementqui doit précéder cette exploitation.

M. Lintz fait observer ensuite, relativement à

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l’avantage de se procurer des produits égaux dansune succession constante, que ce but ne peut pasêtre atteint dans une forêt irrégulière, et qui depuislong-temps n’aurait pas été traitée avec méthode,mais qu’on ne doit pas moins tendre à arriver à cerésultat.

Il insiste sur l’importance de former l’état maté-riel des produits , comme étant une condition indis-pensable de l’ aménagement , et il s’attache à démon-trer que la succession égale et constante de ces pro-duits ne peut être un des résultats de Vaménage-ment, qu’autant cpie l'estimation en sera ajoutée àla division géométrique des futaies.

Je sais bien, dit-il, que les partisans du systèmede la division des forêts en parties, soit égales entreelles par leur étendue, soit proportionnelles auxmoyens productifs du sol (système qui séduit parsa simplicité ), prétendent qu’il est beaucoup plusfacile de comparer deux terrains entre eux et derégler l’étendue des exploitations suivant la qua-lité du sol, que de rapporter tous les calculs à l’ac-croissement des bois; ils ont l’air de douter de lacertitude des produits futurs, et en cela ils n’ontpas tout-à-fait tort, parce qu’il n’y a pas de calculsqui, dans la pratique, ne subissent quelque modi-fication; mais je demande s’il est plus facile à l’es-timateur chargé de régler les exploitations suc-cessives d’une forêt, de découvrir les rapports pro-ductifs entre plusieurs districts , par la simple ins-pection de la qualité des terrains et des bois surpied , cpie de parvenir à ce but, en consultant lesproduits de l’exploitation des parties de bois cou-

f iées à leur maturité , et qui, par leur nature eteur consistance, sont semblables à celles soumisesà l'examen.

Je demande encore s’il n’est pas constant que lerésultat d’observations fondées sur des faits certains,n’a pas plus de droit à notre confiance qu’un tâ-tonnement vague et insuffisant, qui n’a rien en safaveur que la simplicité de son procédé.

Sans doute qu’une théorie simple, mais profonde,qui part d’un premier principe , auquel se ratta-chent tous les faits particuliers que l’on observe,mérite la préférence sur une méthode dont l’appli-cation sera difficile et compliquée, sur-tout si sesrésultats ne sont pas plus heureux; mais lorsquecette méthode est puisée dans la nature même ,lorsque ce n’est que par elle qu’on approche de lavérité , alors les difficultés attachées à une telleentreprise ne peuvent être un motif pour l’aban-donner.

La connaissance des produits ne peut donc êtreretranchée des opérations de l 'aménagement sansdétruire l’objet de cet aménagement lui-même.Sans cette connaissance, la statistique forestière,qui est une des branches principales de la statis-tique politique , sera très-incomplète ; sans elle, lasuccession égale des produits ne peut pas être as-surée, et les cahiers d 'aménagement seront res-treints dans les bornes d’un bulletin purement des-criptif, intéressant pour les apprentis, mais quin’obtiendra jamais la considération particulière quiest la récompense des travaux auxquels le bien pu-blie est intéressé.