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Maintenant que je crois avoir mis en évidenceque la recherche des produits est inséparable desaménagemens , qu’elle doit être réunieà la divisiondu terrain, et que les indications des exploitationsdans la futaie ne peuvent être annuelles , il reste às’entendre sur les exploitations successives.
Ce que nous avons dit des futaies doit suffire pourprouver que l’on ne peut indiquer à l’avance lesannées où devront se faire les coupes secondaires ;que c’est la nature qui en règle les époques, et qu’iln’y a que le produit total, provenant de la masse desexploitations de réensemencement, d’éclaircisse-ment , et définitive d’un district ou d’une division dedistrict d’une contenance connue qui puisse être dé-terminé avec certitude.
Les règles de l’art doivent fixer d’avance le mo-ment auquel l’exploitation d’un district doit êtrecommencée, en y établissant la coupe serrée; lesmêmes règles doivent encore faire connaître dansquelle année la dernière coupe définitive y doit êtreassise.
Les exploitations successives doivent donc aumoins comprendre autant d’années qu’il en faut, de-puis l’assiette de la coupe de réensemencement jus-qu’à la coupe définitive, et l’étendue de ces coupesdoit fournir, par la masse des exploitations., un pro-duit égal à celui annuel, multiplié par le nombre deces années.
Je crois que, presque dans tous les départemensde la France , le terme moyen du temps qui s’écouleentre une première et dernière coupe* est de 10ans. On serait donc tenté de croire que les exploi-tations successives peuvent être déterminées parépoques décennales ; mais si on considère qu’unecoupe de réensemencement bien établie ne donneque le quart, rarement le tiers du produit total destrois exploitations, on sait par conséquent (si on neveut pas s’écarter de la succession égale des produits )qu’on est obligé, pour.obtenir le produit annuel,de faire la coupe de réensemencement trois fois plusgrande que ne ferait une coupe du même produit, siles trois exploitations se réunissaient en une seule.
Or , un district dont la masse de bois fournit pen-1dant 10 années le produit annuel déterminé, nepeut pourvoir à la même délivrance qu’environ pen-dant 3ans en coupes de réensemencement. Alors,comme il n’y a presque pas d’année dont la récolteen graines forestières soit nulle, et qu’il y a bienquelques plants épars qui se présentent dans lespremières années * après la coupe serrée on pour-rait déjà faire un léger éclaircissement ; mais lesinconvéniens des exploitations répétées mal-àpro-pos sur un même terrain sont trop connus pour lesrelever ici : nous savons au contraire qu’on ne peutguère compter sur un repeuplement assez avancépour qu’on puisse entreprendre la coupe d’éclair-cissement avant 3 ans, dans les pays d’une tempé-rature modérée, et avant 8 sous les climats un peudurs : il résulterait donc une stagnation dans l’ex-ploitation, qui serait contraire au premier principede 1’ aménagement. I
Il parait donc prouvé que la succession des pro-duits égaux ne peut être déterminée de toenioans;cette détermination, combinée avec la division de
la futaie sur le terrain , se fait mieux de 20 à 20ans (1). Pour éclaircir cette proposition par unexemple, supposons qu’une futaie de <}5o hectaressoit aménagée à 120 ans , c’est-à-dire que l’exploi-tation définitive des coupes de cette futaie se fasse à120 ans; supposons encore que les exploitationssuccessives soient réglées de la manière suivante ;savoir,
160 lied, à couper dans la i",
180-dans la 2®.
170-dans la 3 e .
1 to-dans la 4°.
i 5 o-dans la 5 e .
i 5 o-dans la 6 e .
période de 20 ans.idem de id.idem de id,idem de id,idem de id.idem de id.
g 5 o j20
Supposons d’un autre côté que le produit totalprésumé des 160 hectares destinés à être exploitésdans la première période de 20 ans ait été estimé à76*000 stères ; que par conséquent le produit annuelde la période soit de 3,800 stères (2).
Supposons enfin que dans les cantons qui vontêtre exploités pendant cette première période, lacoupe de réensemencement enlève le tiers des pro-duits réunis ( y compris les accroissemens progres-sifs de la réserve pendant les coupes secondaires),alors cette coupe de réensemencement s’étendra an-nuellement sur une contenance de 24 hectares, vuqu’il faudrait la masse de bois provenant des ex-ploitations réunies de 8 hectares pour obtenir les3,8oo stères qui font l’objet de ce même produitannuel.
Les 5 premières années; pendant lesquelles il nese fera probablement aucun éclaircis , feront doncporter la coupe serrée sur une étendue de 120 hec-tares; les coupes secondaires qui, suivant notre sup-position, commenceront à la 6 e . année, fourniraientnotre produit jusqu’à la 16 e . année; mais comme ilfaut 10 ans pour terminer l’exploitation entièred’une coupe de futaie, en comptant de la coupe deréensemencement jusqu’à celle définitive, et que les4o hectares intacts qui restent, déduction faite de120 hectares sur 160, doivent par conséquent êtreentamés dans les premières années de la deuxièmedécennie de la période, on ne terminera donc pasen entier, dans les i5 premières années, la coupedéfinitive de 120 hectares sur lesquels s’est portéela coupe de réensemencement pendant les 5 pre-mières années : la continuation de cette coupe sur
(1) Les belles futaies de hêtre du pays de Nassau-Dillen-burg ont été divisées par Al. Ha:tig, qui a dirigé leur amé-nagement en parties île 3 o en 3 o ans, c’est - à - dire , queles di tricts de chaque triage réunis dans un même aména-gement sont classes dans quatre périodes de 3 o ans cha-cune.
Le climat froid de ce pays, dans lequel les coupes se re-peuplent très-lentement, et la grande confiance que M. Har-tig a placée avec raison dans les lumières des agens forestier*locaux* qui ont tous coopéré aux opérations de Vaména-gement, sont les deux raisons qui lui ont fait préférer le»périodes de 3 o ans à celles de 20.
Je pense c< pendant qu’en France il eût préféré la divisionpériodique de 20 ans.
(2) Il est à observer que le produit annuel peut varier dan»chacune des six périodes ; cependant il ne doit pas change*sam des raisons particulières.