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Tome premier.
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les sommets de toutes les montagnes de son duché.Les amis de l’agriculture française ont souvent émisle vœu qu’une loi semblable fût promulguée cheznous. Ses avantages seraient immenses. V. mon-tagne.

On se plaint par-tout que le bois devient rare , etpourquoi le devient-il? Parce que les propriétairesdéfrichent leurs forêts , abattent leurs avenues, dé-truisent leurs vergers, et ne mettent rien à la place;et parce que les forêts de l’état passent dans le do-maine de ces particuliers, qui les traitent avec beau-coup moins de ménagement encore ; enfin parce quela destruction va toujours en croissant, et la repro-duction en diminuant. Autrefois c’était sur des cou-pes extraordinaires de bois que les familles comp-taient pour réparer de grandes pertes, pour faciliterdes opérations importantes, aujourd’hui ce secoursleur manque presque par toute la France : aussi deuxou trois années de mauvaise récolte, la perte d’unprocès, etc., suffisent pour les ruiner à jamais, parcequ’ils sont obligés d’emprunter à gros intérêts, qu’ilsne peuvent plus faire d’économies assez importantessur leur revenu pour se mettre au courant, il est bienà désirer que l’on imite par-tout ce qui se pratiquedans quelques cantons du nord de l’Europe et del’Amérique , c’est-à-dire que chaque père de familleplante, à la naissance de chacun de ses en fans, unnombre d’arbres proportionné à l’étendue de son do-maine , lequel sert à l’établissement de ses petits ouarrière - petits enfans. 11 est d’observation que lespays où l’on plante le plus d’arbres isolés sont lesplus riches.

Tout n’a qu’un terme dans la nature. Chaque pasque fait l’animal, que fait l’arbre dans la vie, le con-duit à la mort. La raison et le besoin prouvent lanécessité découper l’arbre avant qu’il soit détérioré :ainsi, dès qu’un arbre ne travaille plus à augmenterla hauteur de sa tige , il décline et se dégrade insen-siblement, quoiqu’il soit encore dans le cas de gros-sir. Le principe que quelques écrivains ont mis enavant relativement à l’angle toujours plus obtus quefont les branches avec le tronc à mesure que l’arbrevieillit, quoique généralement vrai, ne peut servirde règle dans ce cas, parce qu’il souffre trop d’ex-ceptions relatives au nombre de feuilles et des fruits;car c’est le poids de ces feuilles et de ces fruits quiagit dans cette circonstance.

Les forestiers disent qu’un arbre est couronné,lorsque les branches de son sommet se dessèchent.Chaque arbre se couronne à un âge différent, et lamême espèce d’arbres plus promptement dans unmauvais sol que dans un bon, parce qu’il a pluspromptement épuisé ce sol des sucs qui sont néces- :«aires à sa nourriture. Il se couronne aussi d’autantplus vite que le sol a moins de profondeur.

On doit choisir, dans les forêts, pour servir delimites aux propriétés, les espèces les plus vivaces,le chêne parmi les grands arbres, et le cornouiller :tnàle parmi les arbrisseaux. Ce dernier est très-dif-ficile à détruire, parce que la plus petite de ses ra-cines laissée en terre suffit pour donner naissance àun nouveau pied : aussi le destine-t-on souvent àeet usage. Ce sont peut-être des pieds de cet arbre

Tome I.

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qui, en France , offrent des exemples de plus grande; vieillesse, à raison de la réserve qu’on en fait.

DEUXIÈME SECTION.

Chapitre I er . Des arbres plantés sur les héritagesruraux.

Ancienne législation.

Ce que nous dirons de la jurisprudence romaine,des coutumes, usages et réglemens locaux sur lesarbres sera extrait du Dictionnaire des eaux et forêtsde Chailland. Nous y ajouterons quelques observa-tions.

ce II n’est permis à personne de planter des arbressi près de l’héritage voisin, qu’ils puissent l’incom-moder par leurs racines ou par leurs branches :

Digest., de arboribus cædendis , lib. 43 , tit 26 ,» Quœ arborex œdibustuis in cédés illius impendet ,tt si per te stat quominùs eam adimas : tune qitomi-» nùs illi eam arborem adimere, sibique habere li-ft ceat, vim fieri veto, tt

Gloss, « Si arbor œdibus alienis impendeat, utrùm» totam arborem adimi jubeat Prcetor, an verd idf> saluai) quod super excurrit, quœritur? Et Rutiliustt ait à stirpe exscindendarn , idque plerisque vide-tt tur venus ; et nisiadimat Dominus arborem : La-tt beo ait , permitti ei cui arbor officeret, ut, si vellet,tt eam succideret, lignaque tollcret. Arboris appel-ft latione, vites , hedera, anindo, salix continentur.tt Non solùm autem Domino cedium , sed etiam eitt qui usumfructum habet, competit hoc interdic-tt tum , quia et ipsius interest 'arborem islam nontt impedire.

tt Prcstereâ probandum est si arbor œdibustt communibus impendeat ; singulos Dominos ha-tt bere hoc interdictum , et quidem in solidum , quiatt singuli servitutum vindicationem habent.

Ait prcetor ce si per te stat quominùs eam adi-tt mas , quominùs illi eam arborem adimere liceat ,tt vim fieri veto. Priùs itaque tibi datur adimenditt facilitas ; si tu non fadas , tune vicino prohibettt vim fieri adimere volenti.

Deindè ait prcetor cc quee arbor ex agio tuo intt agrum illius impendet , si per te stat quominùs» pedes quindecim à terra illam altiùs coerceas ,

» tune quominùs illi ita coercere , lignaque sibi ha-tt bere liceat , vim fieri veto.

Quod ait prœtor ce et lex duodecim tabularumn efficere voluit , ut quindecim pedes altiùs ramitt arboris, circumcidantur ; et hoc idcircà efjectumr> est , ne umbra arboris vicino prœdio noceret.

tt Differentia duorum capitum interdieti hcectt est : si quidem arbor œdibus impendeat, succiditt eam prrccipitur ; si vero agro impendeat , tantùmtt usque ad quindecim pedes , coerceri.

t> Si verà ex vicinifundo , vento inclita in tuumtt fundum sit, ex hge duodecim tabularum , dett adimendâ eâ rectè agere potes , jus ei non esse itatt arborem habere.

»Finium regundorum, Dig. lib. 10, tit. 1 i Scien-tt dum est in actione finium regundorum illud ob-tt servandum esse : si quis sepem ad alienum prcc-» dium fixent, infoderitque , terminum ne exce-

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