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Tome premier.
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ou d’un tronc , de branches , de rameaux , de boutonsou bourgeons , de feuilles, de fleurs ou de fruits , letout recouvert d’un épiderme. V. ces mots.

Les racines, les tiges et les branches des arbresoffrent sous leur épiderme, i°. une écorce souventcrevassée , composée de plusieurs couches corticales,renfermant dans leurs mailles ou lacunes une subs-tance parenchymateuse ; un liber, qui, au momentde la sève , est imprégné d’une matière gommo-ami-lacée qu’on appelle cambium , et qui sert à l’ac-croissement en grosseur. Après le liber vient Vaubier,qu’il faut considérer comme un bois plus imparfaitque celui qui vient après, et qu’on appelle plus spé-cialement le bois ; puis au centre se trouve, dansles jeunes arbres , la moelle , qui disparait presqueentièrement dans les vieux. V. ces mots.

L’aubier et le bois sont composés de fibres , ou ,mieux , de membranes qui ont l’aspect fibreux , etqui laissent dans leurs intervalles des espaces vides,longitudinaux , très - nombreux , et transversauxqui le sont moins. Ces cavités s’appellent des vais-seaux, et servent, les uns, au passage de l’air, cesont les trachées ,* les autres à celui de la sève , cesont les vaisseaux lymphatiques et les utricules y lesautres enfin à celui des sucs particuliers à chaquearbre, ce sont les vaisseaux propres. Y. physiologievégétale.

Les arbres se multiplient par le semis de leursgraines, par les rejetons qui sortent naturellementde leurs racines, par la section d’une partie de leursracines, par bouture , par marcotte ou provins , etpar greffe. V. ces mots.

L’expérience a prouvé que les arbres qui n’étaientmultipliés, pendant une longue suite d’années , quepar la voie des rejetons, des marcottes et des bou-tures, étaient toujours plus faibles que ceux prove-nant de graines, et que plusieurs perdaient, dansce cas , la faculté de fournir des semences ; c’est-à-dire que leurs fruits ne contenaient pas de graines,fertiles. Les cultivateurs amis de la perfection doi-vent donc toujours préférer de se procurer des arbresforestiers par le semis de graines; mais il est des casoù il est avantageux de faire disparaître les grainesdes fruits propres à la nourriture de l’homme, pourles rendre plus succulens et plus nourrissans.

La greffe assure la permanence des variétés defruits , de fleurs ou de feuilles. Il paraît même queson action s’étend jusqu’à perfectionner ces va-riétés.

Les arbres étant les plus grands et les plus dura-bles des végétaux , leurs maladies ont été plus étu-diées que celles des plantes proprement dites. On adonné à ces maladies des noms correspondans à ceuxque portent les maladies des animaux , quoiqueréellement elles soient bien différentes. Ainsi ils of-frent des plaies , des ulcères, des caries , des exostoses ,des exfoliations, dans leurs couches corticales etligneuses, etc. Ainsi leurs feuilles présentent la pa-nachure, la cloque , la brûlure, la rouille, le blanc ,la chute prématurée , etc. Ainsi leurs fleurs devien-nent stériles par différentes causes. Leurs fruits sontinféconds par d’autres causes. Les autres maladiessont Vétiolement, la pléthore , Victère , i'anasarque ,

la gelivure , la champlure , le cadran , les plantesparasites , etc. Y. maladies des végétaux.

La plantation des arbres est une des opérationsles plus importantes de l’économie rurale et fores-tière et une de celles qui sont généralement les plusmal faites. Presque par-tout , par une fausse éco-nomie , on ne fait pas les trous destinés à les rece-voir assez grands. On ne les creuse pas assez long-temps avant la plantation. Rarement on les espacesuffisamment. Le plus souvent on mutile les racinesde ces arbres avec excès, on coupe complètementleur tête, etc., opérations qui toutes ont des incon-véniens graves. Y. plantation.

En général, les plantations d’arbres jeunes sontpréférables à celles d’arbres vieux ; cependant ilest beaucoup de cas où il est nécessaire de les faireavec ces derniers , notamment dans les cultures desjardins.

Lorsque les arbres ont repris, on contrarie leuraccroissement ou en les taillant et encore plus en lesélaguant sans mesure. V. élagage. Aussi, dit tou-jours M. Thouin, combien voyons-nous de beauxarbres dans nos vergers , le long de nos routes! Envérité, quand un ennemi caché nous dirigerait dansleur conduite, il ne pourrait pas nous donner desconseils plus contraires à nos intérêts que ceux quenotre ignorance , nos préjugés, nos habitudes, noussuggèrent.

Ce sont principalement les arbres qui ont préparéla terre à nous donner d’abondantes récoltes de cé-réales et autres. Elle doit à leurs débris entassés pen-dant une longue suite de siècles cet humus ou ter-reau qui assure la richesse de nos cultures. Défrichezune forêt, semez du blé sur son sol, et vous aurezd’abord des produits étonnans ; mais peu-à-peu laterre végétale sera ou absorbée par la végétation ,ou entraînée par les pluies, et ce terrain, qui étaitnoir, changera de couleur et deviendra stérile. C’estainsi que nos montagnes, couvertes de forêts lors del’entrée des Romains dans les Gaules , sont aujour-d’hui des pâturages presque stériles, par suite de ladestruction des arbres qui les couvraient, et que ,par la même cause , d’immenses étendues de landeset de bruyères occupent dans les plaines la place desforêts défrichées ou détruites par le pâturage. C’estainsi que s’agrandira encore le domaine de la sté-rilité , par suite des ventes et des aliénations.

On peut accuser, continue notre savant profes-seur, les cultivateurs de ne pas faire assez attentionà cette augmentation de terreau que produisent lesarbres. 11 est à désirer que les propriétaires renon-cent aux minces récoltes qu’ils retirent des terrainsmaigres, aux produits encore plus minces des pâtu-rages des mêmes terrains, et qu’ils les plantent d’ar-bres et d’arbustes propres à fournir de l’humus.Cultivez la plaine en plantes annuelles ( sans toute-fois défricher les bois ), mais boisez le sommet desmofitagnes. Il n’est point de localité qui ne puisserecevoir, sans grands efforts, des plantations d’ar-bres, lorsqu’on sait les approprier ; c’est-à-dire que,par le seul effet des abris temporaires, les sols lesplus arides , les plus brûlés par les feux du midi,peuvent être couverts d’arbres. Le duc de Toscane ,Léopold, avait ordonné des plantations d’arbres sur