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La largeur des allées dépend aussi de la fortunedu propriétaire , de l’étendue et de la forme du lieuqu’on veut planter.
On ne doit point chercher à resserrer les avenuesdans les terres de peu de valeur; mais, dans les terresprécieuses, il ne faut pas sacrifier l’utile à l’agréable.Duhamel , dont nous exposons ici les principes ,supprima, pour son compte, les contre-allées dansles bonnes terres, restreignit la largeur de ses ave-nues à 6 ou 7 toises (12 à i 3 mètres). Cependant lesherbes qu’on fauche ordinairement dans les alléesdédommagent des cultures qu’on pourrait y faire ,et il y a même des particuliers qui y sèment des cé-réales.
Quant à la forme et à l’étendue du terrain , il estévident qu’il serait ridicule de faire des allées troplarges dans un terrain de peu d’étendue , comme ilserait peu convenable , dans des terrains longs , deles occuper par une seule allée. Lorsqu’une allée estétroite , elle présente quelquefois un coup - d’œilagréable, étant nouvellement plantée ; mais quandles arbres, les charmilles, par exemple , ont pris del’épaisseur, et que les arbres sont devenus gros , lesallées se trouvent si étroites qu’on ne peut s’y pro-mener , et que les arbres s’étouffent les uns les au-tres.
On règle souvent la largeur des allées et des ave-nues sur la façade des châteaux auxquels elles abou-tissent. Comme l’intention est de la comprendre en-tièrement dans les allées , on est obligé d’augmenterbeaucoup leur largeur , quoique souvent elles aientpeu de longueur. Mais s’il est peu agréable detrouver une allée trop étroite en face d’un grandbâtiment, il est aussi ridicule de trop étendre lalargeur d’une allée de peu de longueur, pour dé-couvrir une grande face de bâtiment. Duhamel aplanté une allée en face d’un petit château qui avait28 toises de largeur (54 mètres ), y compris les deuxailes, de 7 toises chacune ( 1 3 mètres); il a donné14 toises de largeur (27 mètres) àl’allée du milieu,qui était fort longue, pour qu’elle comprit le prin-cipal corps-de-logis, et il l’a accompagnée de deuxcontre-allées de 7 toises de largeur, afin qu’ellesrenfermassent les ailes.
Les points de vue étant les principaux agrémensde la campagne , il faut éviter de planter de grandsarbres du côté où il se présente de beaux points devue.
Lorsque les arbres sont plantés trop éloignés lesuns des autres, ils forment des files mal garnies , etquand il manque un arbre, elles deviennent très-difformes; mais aussi quand les arbres sont troprapprochés , ils se nuisent par leurs racines et parleurs branches II est donc aussi important de bienespacer les arbres entre eux, que de laisser entre lesfiles une distance convenable, en ayant égard à lanature du terrain et aux espèces d’arbres. Voici lesdistances observées par Duhamel dans ses planta-tions.
Une toise (2 mètres) entre les plantards de saulequi sont sur une seule file, et qu’on étête fréquem-ment ; une toise et demie (2 à 3 mètres) entre lesarbres, lorsque les files uniques sont formées pardes saules, des peupliers d’Italie ou de l’espèce or-
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dinaire, des trembles, des aunes , des merisiers ,des sorbiers , des sapins, des cyprès ; 2 toises (3 ou4 mètres ) pour les peupliers blancs, les tilleuls ,les frênes , les pins; 3 toises (5 à 6 mètres) pourles avenues plantées alternativement de noyers etde frênes ; 4 toises ( 7 à 8 mètres ) pour les platanes,les mûriers , les hêtres et les marronniers d’Inde.
Duhamel ajoute que l’ordonnance pour la plan-tation des grandes routes avait fixé à 5 toises ( g à10 mètres ) la distance des ormes ; mais qu’oft a cou-tume de ne les mettre qu’à 3 toises , ce qui n’estpas suffisant pour avoir de beaux arbres.
Les chênes , les ormes , les châtaigniers, ne peu-vent être plus près que de 5 toises.
Quand on plante dans les campagnes des alléesuniquement destinées à former des points de vue ,vis-à-vis les sauts-de-loups et les grilles, comme ilfaut tâcher de se procurer cet agrément sans fairede tort aux champs semés de grains, on peut mettre10 à 12 toises (20 ou 23 mètres) entre les arbres ;comme ces allées ne sont pas faites pour la prome-nade , mais seulement pour l’agrément de la vue ,et qu’on ne les aperçoit que par une de leurs extré-mités , les arbres qui se projettent les uns sur lesautres semblent se joindre, quoiqu’il y ait réel-lement beaucoup d’espace entre eux.
On met aussi de grands intervalles entre les poi-riers et pommiers qu'on plante dans les terres labou-rées; enfin on écarte beaucoup les arbres dont onforme des quinconces dans les prairies.
Duhamel croit qu'on devrait éviter de planter desarbres au milieu des prés et des terres labourables ,parce que, bien qu’on les écarte beaucoup , ils fonttoujours du tort aux autres productions. Cela estvrai ; mais assez généralement ils paient bien leurplace, et ils contribuent d’ailleurs à entretenir lafraîcheur.
On taille quelquefois les arbres des avenues enéventail 5 cette pratique nuit toujours aux arbres etmême à leur beauté. On doit borner l’élagage auxbranches saillantes qui intercèptent la vue, et laisserd’ailleurs les arbres prendre en liberté leur portélevé et majestueux. V. route.
Non s traiterons, au mot plantation , des principesgénéraux sur cet objet.
On ne peut faire couper les arbres des avenuessans déclaration préalable. (Arr. du cons. } du i er .septembre 1703 .—Loi du 9 floréal an 11 — 29 avrili 8 o 3 . — Ord. du roi du 28 août 1816. ) V. arbresépars.
Avenues perpétuelles. Nous avons publié, dansles Annales forestières de 1808, un Mémoire sur lesmoyens de créer des avenues perpétuelles , et nousy avons inséré le procédé proposé par M. Rast-Mau-pas, directeur des pépinières du département duRhône . Voici ce Mémoire :
Duhamel se plaignait de ce que l’orme et le noyerétaient presque les seuls arbres dont on plantât lesavenues', les quinconces et le bord des grandesroutes, a Pourquoi, disait-il, se borner à ces deux» espèces d’arbres sans avoir égard à la nature du» terrain, sans avoir songé aux usages qu’on peut» faire des différens bois, sans s’apercevoir mêmem qu’on augmenterait l’agrément des promenades ,