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Tome premier.
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» si l’on variait les espèces d’arbres?Que la terre soit» sèche ou humide ; qu’elle ait du fond ou qu’elle» n’en ait point ; qu’elle soit forte ou légère , n’im-» porte : on y mettra des ormes et des noyers ! Ces» arbres sont beaux , leur bois est utile , j’en con-» viens; mais le chêne, le hêtre, le frêne , le chà-«• taignier, le mûrier, le pin, le sapin ont aussim des objets d’utilité qui les rendent précieux. Dans» les terrains où ces arbres , préférables à bien des» égards , réussissent mal , nous avons planté , sui-» vant que nous avons reconnu que le terrain était» trop sec ou trop humide , des merisiers , des bou-3» leaux , des platanes, différentes espèces de peu-i» pliers, etc. ; et les plantations offrent une variété» qui a bien son agrément, n

Duhamel cite ensuite des exemples de ces sortesde plantations qui avaient réussi, telles que cellesdes grands et très-beaux quinconces de hêtres auprèsdeBayeux; les belles avenues plantées alternative-ment d’un chêne et d’un sapin dans des cantons dela Haute-Normandie ; les plantations de chênes quise trouvent en Bretagne autour des terres labou-rables , des landes et le long des chemins.

Après avoir prouvé qu’on devait, pour la planta-tion des routes et des avenues, associer d’autres ar-bres aux ormes et anx noyers, Duhamel observe queles remplacent eus des arbre-; morts sont souventdiffi-ciles dans les jeunes plantations, et qu’ils le sont tou-jours dans une avenue anciennement plantée. Il rap-porte, relativement aux jeunes plantations, qu’il estarrivé que deux ou trois fois de suite les mêmes arbressont morts successivement dans la même place ; maisqu’on s’est bien trouvé de les remplacer avec desarbres d’une autre espèce. Quant aux avenues ancien-nement plantées, il observe que les remplaceraenssont d’autant plus difficiles, que la terre où il estquestion de mettre de nouveaux arbres , se trouveépuisée par les anciens, qui y ont péri ; que les ra-cines des arbres voisins dérobent la nourriture àceux qu’on y plante ; que la terre qu’on a remuéepour faire cette nouvelle plantation donne moyenaux racines des vieux arbres de s’y étendre ; quel’ombre des grands arbres voisins fait encore unobstacle considérable à l’accroissement des jeunesqu’on a mis entre eux. Malgré ces inconvéniens ,il est parvenu à remplir les vides laissés par la mortdes gros arbres.

cc Nous avons planté , dit-il, avec tout le soin3» possible de beaux et jeunes ormes dans des ave-3» nues d’anciens arbres de même espèce : ils y ont3» péri, ou ils y sont venus très-lentement.

33 Nous avons planté des noyers entre de gros3> ormes , ils y ont subsisté; mais outre qu’ils n’ysa sont venus qu’à regret, le port et la feuille de ces33 arbres font un contraste désagréable.

33 Les frênes ont mieux réussi dans un terrain33 un peu frais. .

33 Les érables à feuilles de platane, et ceux qu’on33 nomme sycomores, se sont chargés de mousse :33 1 "‘érable à petites feuilles s’y est montré assez vi-» goureux ; mais il a cru lentement, et cet arbre30 n’est pas d’assez grande taille pour figurer entre33 de grands ormes : j’en dis autant des aliziers.33 Comme les sapins se plaisent assez à l’ombre ,

Tome I.

3 > peut-être réussiraient-ils entre d’autres arbres,33 si (le terrain leur convenait ; nous ne l’avons>3 pas éprouvé, parce que le port et le feuillage33 de ces arbres ne pourraient faire qu’un très-mau-)3 vais effet entre des arbres qui se dépouillent, et je33 pense qu’il vaudrait peut-être mieux laisser la33 place vide (i).

33 Mais nous avons planté , avec tout le succès33 imaginable , des peupliers blancs entre de très-33 gros arbres : cette espèce de peuplier croit avec33 une promptitude qui n’a point d’exemple, et par33 cette raison, ces arbres remplissent très-promp-33 tement les places vides dans les avenues; outre33 cela, comme ils deviennent très-gros , ils figurent33 en peu de temps avec les arbres des files qui ont33 déjà pris tout leur accroissement. Le peuplier33 blanc n’est point délicat sur la nature du terrain ;33 il réussit presque partout ; il a uj> très-beau port,33 et quand il est devenu un peu grand, il figure33 souvent mieux que les arbres même qu’il a rem-33 placés. J 7 estime donc que dans le cas dont il s’a-33 git, cet arbre mérite la préférence sur tous ceux33 que nous avons éprouvés. 33

C’est d’après ces expériences, et des notions par-ticulières sur cette manière de planter, qu’en l’an îo( 18oa) il fut présenté à l’administration des forêts, parM. Allaire, l’un de ses membres, un mémoire, où ,entres autres propositions tendant à perfectionnerl’art des plantations, l’on faisait celle d’entre-mêlerles bois durs avec les bois mous dans la plantationde quelques-unes des allées qui traversent le parc deBoulogne près Paris . M. l’administrateur qui avaitrédigé ce mémoire s’exprimait ainsi : a Ce mode de33 plantation, où il ne s’agira que d’alterner les33 arbres dont la maturité arrive à des âges différens,33 présentera tout-à-la-fois l’agrément de la variété,33 et l’avantage de protéger des espèces plus difficiles>3 par des espèces d’une croissance plus active. Il as-33 surera à ceux qui viendront après nous un moyen33 d’exploitation partielle , qui n’interrompra pas la33 jouissance de la promenade , puisqu’on pourra33 couper la moitié de la plantation sans nuire à la33 beauté des allées. Aux bois blancs abattus succé-33 deront d’autres espèces dont la reprise ne sera pas33 douteuse. 33

On proposait dans ce mémoire de planter lesgrandes allées transversales du bois de Boulogne enormes tortillards entre-mêlés de blancs de Hollande,et les autres allées aussi en ormes tortillards entrelesquels devaient être placés des acacias, des pla-tanes , des érables, tels que le plane, le sycomoreet l’ érable rouge de Virginie , des tilleuls et autresespèces de prompte croissance , selon la nature duterrain. On recommandait beaucoup le mélange desarbres dont le feuillage est épais avec ceux dont lefeuillage est clair, celui des arbres dont les branchess’étalent avec ceux qui pyramident, enfin le mé-lange des acacias avec les arbres à larges feuilles ,

(i) Nous ne partageons pas, à cet égard, l’opinion deDuhamel : il nous semble au contraire qu’en mêlant desarbres verts aux arbres à feuilles caduques, ce serait lemoyen d’avoirdes avenues toujours vertes.

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