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haut sur un diamètre proportionné ; le chène-cerriset le chêne vert ne s’élèvent qu’à«4 ou 3 o pieds ; lechêne-kermès, qui croît dans le midi de la France ,n’ejt qu’un buisson, de même que le chêne-banis-téri, qui croit en Amérique ; et parmi les espèces dechênes les plus communes de nos forêts, on trouvedes différences presque aussi remarquables. Le genreorme contient 8 à 10 espèces et un bien plus grandnombre de variétés 5 le genre frêne e t le genre érable ,chacun une quinzaine d’espèceset plusieurs variétés 5legenre tilleul, cinqàsix espèces ; les genres saules etpeupliers , une cinquantaine d’espèces; le genre ali-zier, 8 espèces ; le genre sorbier, 3 espèces ; le genreplatane, 2 espèces; le genre robinier, une dizained’espèces; les genres pin, sapin et mélèze, environ0.5 espèces. Plusieurs de ces espèces ou variétés,ainsi qu’un grand nombre d’arbres et d’arbrisseauxque nous ne citons point, sont ou peuvent être cul-tivés dans nos forêts. 11 faut donc que ceux qui parétat sont appelés à diriger les cultures et les autres/ opérations forestières en fassent une étude particu-lière , pour les placer suivant les localités qu’ellesexigent, et les traiter d’après leur nature. Et quandmême on voudrait se borner aux principales espècesou essences qui sont les plus communes, telles queles cliènes , le hêtre, le charme, les ormes, les éra-bles , les frênes, ne serait-il pas encore nécessairede pouvoir les distinguer méthodiquement? Sanscette connaissance, le choix des espèces devient im-possible ; on plantera au hasard les bonnes et lesmauvaises espèces de chêne ; on confiera à un solingrat telle espèce qui exigeait un terrain généreux;on plantera dans cette dernière nature de terre l’es-pèce que ses faibles dimensions et les qualités mé-diocres de son bois devaient faire reléguer dans lessols les moins productifs. Enfin, parmi les arbresdu même genre, il en est qui sont propres à unefoule d’usages, tandis que d’autres sont rejetés parles arts, et ne conviennent qu’au chauffage : les unssont d’une grande longévité et peuvent supporterdes aménagemens prolongés, tandis que d’autresn’ont qu’une duree beaucoup plus courte.
L’étude de la botanique forestière, dont quelquespersonnes semblent encore contester l’utilité , a étéconsidérée en Allemagne comme indipensable. Lesauteurs forestiers de cette nation , et notammentMM. de Burgsdorf et liartig , se sont attachés à dé-montrer son heureuse influence sur l’économie fo-restière. Elle fait aujourd’hui partie de l’instructionque l’on exige de ceux qui se destinent aux emploisdans l’Administration des forêts. Le système de bo-tanique que l’on suit dans les écoles forestières estcelui de Linnée , et il parait que les dénominations'latines consacrées par ce savant sont en usage dansces écoles. De là vient que de simples gardes, desimples jardiniers emploient des phrases linnéennesK)Ur dénommer et caractériser les plantes. Cesîommes, qui ont contracté pour l’une des sciencesles plus intéressantes un goût décidé , s’attachentordinairement avec passion à leur état, et y fontune utile application des connaissances qu’ils ontacquises. Il est certain qu’on rencontre plus rare-ment ce goût, cet attachement pour son état danscelui qui est étranger aux mêmes connaissances ? et
qui, transporté tout-à-coup dans les forêts, s'y trouvecomme un voyageur au milieu d’une nation dont ilignore le langage, les mœurs et jusqu’aux usagesles plus habituels. Ses idées sont vagues , ses obser-vations incertaines et ses essais souvent malheureux ;le dégoût suit, et au lieu d’occupations qui devraientcharmer sa vie , il ne voit que des travaux pénibles àexécuter et dont il conteste souvent l’utilité, parcequ’il ne l’aperçoit pas. On remarque, en effet, que leshommes n’attachent que peu ou point d’importanceaux sciences dont ils ne se sont point occupés , tan-dis que celles qu’ils connaissent le mieux leur pa-raissent toujours les plus utiles ; ce qui semble pro-venir d’un sentiment d’amour-propre qui nous ex-cite à déprécier les connaissances que nous n’avonspas, et à donner beaucoup d’importance à celles quenous possédons. Cette vérité a fourni à notre pre-mier auteur comique l’idée d’une très-bonne scène (1)sur la prééminence que chacun veut donner à lascience qu’il professe. 11 résulte de cette observationqu’un homme sage doit chercher à se défendre despréjugés que peut lui inspirer le genre particulier deses études contre les connaissances qui lui sont étran-gères, et à s’assurer qu’elles sont véritablement 6ansutilité avant de les condamner.
Sachons donc prendre dans les différentes sciencesce qui est nécessaire pour former un bon forestier ^et sans montrer d’autre préférence que celle quemérite réellement telle ou telle partie d’instruction,tâchons de diriger nos études vers les objets dont lesbons maîtres ont constaté l’utilité. Au nombre deces objets se trouve l’étude des plantes, et notam-ment de celles sur lesquelles s’exerce l’économie fo-restière. Les grands arbres qui composent la massedes forêts doivent fixer particulièrement notre atten-tion. Viennent ensuite les arbres de moindre impor-tance , les arbrisseaux et les arbustes ; enfin lesplantes herbacées qui se trouvent le plus ordinai-rement dans les bois, et dont l’étude intéresse plusqu’on ne pense les opérations qu’on y fait. Leurprésence donne lieu de connaître la qualité des j^i-turages, la nature du sol et le plus ou moins de dif-ficulté des semis et plantations.
On juge, par exemple, qu’un pâturage est bonquand en y voit dominer le trifolium , plusieurs es-pèces de J'estuca , à'avena, les luzernes, les chico-rées, les pimprenelles, les sanguisorbes , la t escades bois, plusieurs espèces de paturins, les stel-laires, Vaspérule odorante , dont les bestiaux sontavides, le muguet de mai et le muguet anguleuxou sceau de Salomon, dont les chevaux sont très-friands , etc., etc. On juge, au contraire, que le pâ-turage est mauvais, s’il est principalement composéde le ici/es , de près le, de fougères , de brème , de bé-toine , de berle , de patience sauvage, de joncs , deroseaux, La présence de Voseille ordinaire, de laberce, de la gesce, des luzernes , des chicorées , destrèfes, et la belle croissance de ces plantes décèlentun bon fonds; tandis qu’on juge de la maigreur et del’aridité d’un terrain par la présence des brômes,