Band 
Tome premier.
Seite
454
JPEG-Download
 

454

BOT

Individu.

BOT

Tout ctre organisé , complet dans ses parties, dis-tinct et sépare, est un individu. Une giroflée, unabricotier, un chêne , une mousse , cjui sont pro-venus de graine , ou de bouture , ou de marcotte ,et dont l’existence est indépendante de celle des vé-gétaux qui lçs ont engendrés, sont autant d'indi-vidus du règne végétal. Le nombre des individus 1est, pour ainsi dire , infini. Aucun ne ressembleparfaitement à un autre , tous éprouvent de perpé-tuelles modifications. Mais c’est la connaissancedes espèces , des genres et des familles , qui constituela science du botaniste.

Espèce et variété.

L’espèce se compose de la succession des individusqui naissent les uns des autres , par génération di-recte et constante, soit qu’elle s’opère par œufs oupar graines , soit qu'elle s’opère par simple sépa-ration de parties. Ainsi», l’idée de l’espèce résultede la connaissance d’un fait physiologique très-po-sitif, et ce serait une grande erreur de soutenir,comme l’avait fait d’abord M. de Buffon , avant d’yavoir mûrement réfléchi, qui il n’y a pas d?espècedans la tiàture , puisqu’au contraire le monde or-ganisé ne subsiste qu’en vertu de la propriété qu’ontles êtres vivons de reproduire des êtres de la mêmeespèce qu’eux.

Chaque individu appartient nécessairement à uneespèce quelconque, et le point essentiel pour le bo-taniste est de reconnaître l’espèce dans l’individu ;car ce n’est que par celui-ci qu’il peut acquérir unenotion de l’autre. Or, on a fait cette remarque im-portante pour les classifications botaniques , qu’enfaisant abstraction des différences individuelles ,résultats sensibles de mille circonstances inappré-ciables et diversement combinées , on retrouve com-munément dans l’individu l’ensemble des caractèresqui distinguent l’espèce à laquelle il appartient, detoutes les autres espèces du règne végétal.

Par exemple, quelles que soient les différencesindividuelles des^oeupliers d’Italie , nous retrouvonsdans tous des traits de ressemblance si frappans,qu'un seul pied suffit pour nous donner une idéejuste de tous les autres , de même qu’un seul chevalnous offre le type de tous les individus de cette es-pèce ; et nous ne-sommes pas plus disposés à con-fondre le peuplier d’Italie avec le peuplier blanc ouavec le peuplier tremble , que le cheval avec l’âneou le zèbre, quoiqu’il y ait réellement entre les troisespèces de peuplier , aussi bien qu’entre le cheval,l’âne et le zèbre, une analogie très-prononcée. Delà nous concluons que le peuplier d’Italie est uneespèce particulière, et nous pouvons en effet d’aprèsun seul individu , décrire les caractères qui dis-tinguent cette espèce des autres.

Parmi les modifications que subissent les indivi-dus , quelques-unes se reproduisent durant un tempsplus ou moins long, en sorte qu’une même espèceso divise naturellement en petits groupes aussi dis-tincts que les espèces le sont entre elles. C’est ce quele naturaliste nomme des variétés.

Le muguet rose est une variété du muguet blanc ;la rose ponceau et la rose jaune sont des variétés del’églantier commun; le sureau à feuilles laciniées estune variété du sureau noir.

En général les variétés sont sujettes à disparaître,tandis que les traits caractéristiques qui forment letype de l’espèce ne s’effacent point.

La reproduction des arbres par les rejets oi*parles marcottes tend à perpétuer les variétés ; maisla reproduction par la semence tend à ramener l’es-pèce. C’est le moyen que plusieurs botanistes con-seillent d’employer pour lever les doutes lorsqu’ils’agit de savoir si un individu est une espèce ou seu-lement une variété; cependant ce moyen n’est pastoujours infaillible.

Par exemple , si l’on sème des graines de l’ormetortillard , il en résultera des plants de l’orme or-dinaire et de l’orme tortillard ; et si on sème de lagraine d’orme champêtre , on en obtient des indi-vidus à larges feuilles, à petites feuilles , à écorcelisse et à écorce raboteuse.

M. Mirbel convient que les doutes qui s’élèventsur la légitimité d’une multitude d’espèces sontinévitables en botanique , et qu’on n’a aucune règlecertaine pour distinguer les modifications indivi-duelles , des différences spécifiques : d’où il résultequ’un botaniste voit une espèce où un autre ne voitqu’une variété.

Il y a aussi des plantes hybrides / ce sont cellesqui proviennent de deux espèces peu différentes etaptes à engendrer une nouvelle race par le con-cours des parties mâles de l’une avec les partiesfemelles de l’autre. Les hybrides qui en proviennentont certaines ressemblances avec les espèces aux-quelles elles doivent la vie.

Genre.

* La plupart des espèces dn règne végétal peuventêtre rapportées à un moindre nombre de formasgénérales, qui sont comme des types d’après lesquelsces espèces auraient été dessinées avec de légèresmodifications. Il suit de là que sans connaître tçu-tes les espèces, il est facile de prendre une idée justedes principaux traits de leur organisation, par l’exa-men approfondi d’une ou de plusieurs espèces mo-delées sur chacun des types. Ainsi les espèces sagroupent et s’enchaînent naturellement par des ana-logies de structure et de forme. Ces associations sontce qu'on appelle des genres.

Les espèces qui appartiennent à un même genreressemblent les unes aux autres , toujours par lescaractères essentiels de la reproduction , et presquetoujours par les caractères essentiels de la végéta-tion.

Puisque les genres résultent d’analogies organi-ques très-réelles, la classification générique adoptéepar les botanistes, a sa base dans la nature ; mais ilfaut convenir que nous pouvons, dans nombre de cas,multiplier les coupures et rendre les genres plus oumoins nombreux selon qu’il nous plaît d'attacherplus ou moins d’importance à tel ou tel caractère.Tournefort divisait les chèvre-feuilles en trois gen-res , Linné a réuni ces trois genres en un seul. Linné