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Tome premier.
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exercé avec avantage. Un bon ouvrier doit faire ,terme moyen , lorsqu’il travaille sur le châtaignier ,trois cents cercles de 8 pieds de long par jour, enleur donnant toute la force et l’égalité convenables.

L’atelier se compose ainsi : quatre , cinq ou sixfourches plantées en terre soutiennent quatre per-ches assez grosses , sur lesquelles on en met d’autresplus menues, en guise de chevrons, et sur ces der-nières on arrange des copeaux; ce qui forme un auventde 12 pieds en carré, sur 9 pieds de hauteur, souslequel les ouvriers sont à l’abri du soleil, et en partiegarantis de la pluie.

Sur leur établi , qui est une pièce de bois d’en-viron i 5 pieds de long , arrêtée aux deux extrémitéspar des piquets fichés en terre, et soutenue par unbout sur deux jambettes ou pieds, à 2 pieds duterrain , et vers un bout de laquelle est attachée unetête de bois que l’on nomme têtard , et plus bas,dans un trou , une fourchette qui sert d’appui à lapièce que l’on doit mettre eu oeuvre , les cercliersfont leur travail, avec les outils qui leur sont ordi-naires , et consistant en une serpe, nommée ■volain ,courbée par le bout et très-tranchante ; un piochonà lame un peu courbée de 6 pouces de longueur ,plate et forte, très-tranchante, et un manche de 8pouces; une plane ou plaine , dont la lame ost droite;un billard , pièce de bois de i 5 pouces de longueur,arrondie vers le bout, et de grosseur à pouvoir êtretenue dans la main , ayant à l’autre bout 3 poucesde largeur et une entaille oblique , formant une rai-nure de 6 pouces, sur un pouce de largeur et 2 deprofondeur , qui leur sert à faire prendre au cercleune courbure convenable; et un garde-côté , composéde huit ou dix planchettes, enfilées par une corde àcôté les unes des autres , dont ils se forment une es-pèce de bandoulière, qui garantit leurs habits d’êtrecoupés par la plaine, et d’en être offensés eux - mêmes,si elle venait à glisser ; enfin ils forment des par-quets , dans lesquels ils roulent leurs cercles pouren former des rouelles ou meules: ces parquets s’éta-blissent en posant à terre un cercle arrêté avec del’osier , à la grandeur qu’on doit donner à chaquerouelle ; on enfonce en terre de forts piquets à l’élé-vation de 8 ou 10 pouces, autour de ce cercle, donton forme l’enceinte que l’on veut pour les demi-queues, les quarts et autres jauges. Ce parquet établi,le cerclier ôte le cercle qui lui a servi de jauge , etfait un cercle plus grand , qu’il met en dehors à latête de ces piquets , pour empêcher qu’ils ne s’écar-tent les uns des autres; après quoi, il s’occupe de sontravail, pendant lequel il se trouve souvent des per-ches qui, se fendant mal, ne peuvent être employéesqu’à faire des échalas , ce qui n’est pas aussi avanta-geux que les cercles et cerceaux; d’autres, qui serventà faire du treillage et des tonnelles pour les jardins.

On fait prendre la courbure au cercle, en l’enga-geant dans la rainure du billard, ce qui se nommeplier o u plager. Si le parquet a 2 pieds 6 pouces dediamètre , on met quatre cercles l’un dans l’autre,ce qui se nomme une rangée. Il faut six rangées po-sées les unes sur les autres pour faire une rouelle :par conséquent, la rouelle est composée de vingt-quatre cercles, liés avec quatre harts ; six rouellesforment une pile de cent quarante-quatre cercles ;

et sept de ces piles font un millier, auquel on ajoutehuit cercles par-dessus le compte.

Ceux que l’on fait dans les parquets de 3 pieds6 pouces de diamètre se nomment cercles de piainpied, et la rouelle n’est composée que de douze cer-cles ; six rouelles de ceux-ci font une pile , et septpiles passent pour un millier, qui se vend autant queles petits , quoiqu’il y ait moitié moins de cercles.

Les cercles pour les cuves se font à-peu-près demême, excepté que les perches étant plus grosses ,on les fend quelquefois avec le contre je t leurs par-quets, à la grandeur près, sont aussi la même chose,sinon que l’on arc-boute les piquets verticaux pard’autres piquets obliques. Ces cercles passent deuxfois dans le billard , qui a 6 pieds de longueur ; ilfaut au moins deux hommes pour les plier et lesmettre dans le parquet : on en fait depuis 5 toisesjusqu’à 6 et demie, qui diffèrent entre eux de 3 pieds,comme 3 toises 3 pieds , 3 toises 6 pieds , 3 toises9 pieds, etc. ; ils se vendent par sixains, chaquerouelle n’étant formée que de six cercles. On don-ne ordinairement, pour la façon d’un grand cercle ,1 fr. 5 o c. , et 5 fr. pour la façon d’une rouelle devingt-qnatre cercles de 8 pieds 6 pouces: les copeauxsont au profit du fendeur, à qui l’on paie les écha-las qu’il fait en fendant les cercles sur le pied , de-puis 2 jusqu’à 3 fr. la charretée, qui est composée devingt-quatre bottes.

CERCHES. On appelle ainsi de larges cercles enbois; il y eu a de plusieurs sortes.

Cekches pour les cribles. La manière de faire lescerches pour les cribles à l’usage des mégissiers, abeaucoup de rapport avec le travail du cerclier.

On choisit des perches de saule de belle venue etpeu noueuses , qui aient 8, 9 ou 10 pouces de cir-conférence par le bas , et 7 et demi, 8 ou 8 et demipar le haut: les grosses perches qui peuvent fournirde larges cerchés se coupent à 9 pieds de longueur,parce qu’elles doivent servir pour les grands cribles;celles de moyenne grosseur doivent être coupées à8 pieds , et les moins grosses à 7. On les fend endeux avec la serpe courbe ou volain, ou avec le pio-chon des cercliers; on les dresse, et on les metd’épaisseur avec la plane. Quand elles ont été ré-duites à 4 ou 4 lignes et demie d’épaisseur, sur 2pouces et demi ou 3 pouces de largeur , on les pliepour les mettre en rouelles, qui doivent contenirchacune douze cerches : pour cela, l’ouvrier com-mence par leur donner un peu de courbure avec lebillard , qui est un peu différent de celui des cer-cliers , et les roule ensuite dans le parquet formécomme ceux ci-dessus , dont le diamètre est, pourles grandes cerches, de 2 pieds et demi , et pour lespetites, de 2 pieds 2 pouces ; on les y fait entrer àforce ; on en met six les unes dans les autres, pourformer le premier plan, sur lequel on en met sixautres ; et quand il y en a douze , on les lie avec desharts en quatre endroits , et la rouelle est réputéefaite.

Cerches pour les caisses de tambours , les bor-dures de tamis et la fabrication des mesures. Cesont des planches minces de bois de fil, et fenduescomme les douves.

Toutes ces cerches sont faites de bois de chêne