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Tome premier.
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i )étales ovales, échancrés en cœur à leur sommet,-.es fruits, qu’on appelle merises, sont petits , d’uneforme à-peu-près ovoïde, d’un rouge foncé ou noi-râtre, ayant la chair de la même couleur , peu abon-dante, d’une saveur âcre et amère avant la matu-rité, et fade lorsque le fruit est parfaitement mûr ;ce qui arrive dans les mois de juin et de juilllet. Lenoyau est ovale, très-adhérent à la chair, et fortgros pour le volume du fruit.

Le merisier croit spontanément dans les bois del’Europe: il se trouve aussi en Afrique ; il est com-mun en France , dans les grandes forêts ,et sur-toutdans les pays montagneux. Cet arbre a donné lieu àun grand nombre de variétés, qui sont cultivéesdans nos jardins.

Variétés cultivées du merisier.

Les auteurs sont très-partagés sur la division desvariétés du cerisier, qui ont été fort multipliées parla culture. Linné n’avait admis que deux espècesprincipales, le merisier, qu’il appela prunus avium ,et le cerisier ordinaire, qu’il nomma prunus ce-rasus. Cette division des cerisiers en deux seules es-pèces a paru exacte à plusieurs botanistes ; mais ilspensent que Linné a commis une erreur en prenantpour type de tous les cerisiers cultivés le cerisiercommun (prunus cerasus , Lin. ), et eu regardant lemerisier comme un arbre unique en son espèce , etn’ayant aucune variété. Les auteurs de la nouvelleédition des Arbres et Arbustes , ont suivi la méthodede Duhamel, de Rozier et de Le Berriays, quiavaient partagé les cerisiers en deux divisions na-turelles ; l’une contenant les arbres dont le fruit esten cœur, et l’autre, ceux dont le fruit est arrondi.« Ceux de la première division, disent-ils , connus•sous les noms vulgaires de guigniers, bigarreau-tiers , heaumiers , et que nous regardons comme troisraces issues du merisier, ont, en général, pour ca-ractères communs avec cet arbre, de former degrands arbres qui s’élèvent droits, soutiennent bienleurs branches , qu’ils étendent sans confusion; d’a-voir les feuilles un peu pendantes...., les fruits pluslongs que larges, légèrement déprimés, ovoïdes ouen cœur, dont la chair est fade, douce ou sucrée,jamais acide , adhérente à la peau, et dont la cou-leur varie du blanc jaunâtre au rouge noirâtre. »Ils classent, dans la première race, les merisiers,savoir : le merisier à feurs doubles , charmante va-riété que la culture a produite , et que l’on perpétuede greffe dans les bosquets du printemps; le meri-sier à gros fruits noirs, le merisier à fruits blancs etle merisier à fruits jaunes, toutes variétés qui sontcultivées dans les jardins ; dans la deuxième race ,les guigniers, dont ils comptent douze ou treizevariétés ; dans la troisième race, les bigarreautiers,dont ils décrivent dix variétés; dans la quatrièmerace, les heaumiers, qui seraient au nombre dequatre variétés.

Culture du merisier. —. On cultive peu le merisierdans les forêts , et les plants qui s’y trouvent, pro-viennent ordinairement des noyaux répandus parles oiseaux qui emportent les fruits. Cet arbre mé-rite cependant de faire partie de nos cultures fores-

tières , à cause de la qualité de son bois et des res-sources que présentent ses fruits pour la nourrituredes hommes et des animaux, et pour la fabricationdu kirsch-wasser.

Il se multiplie de semences , de drageons , et parla greffe.

Climats , terrains , situations. — Le merisier seplaît dans les pays de montagnes, sur des coteauxélevés, dans les terrains calcaires, légers et mêmesablonneux, pourvu qu’ils ne soient pas trop chaudsou trop arides; il vient aussi dans toute autre na-ture de terrain, et il ne craint que les sols trop hu-mides ou trop argileux.

Semis. — Les arbres provenus de semences sonttoujours plus élevés et plus vigoureux que ceux quiviennent de drageons : aussi c’est le moyen de mul-tiplication qu’on doit employer pour les forêts , etquand on veut avoir des sujets destinés à de grandesplantations et à recevoir la greffe des différentes va-riétés du merisier , comme guigniers, bigarreautierset heaumiers, le choix de l’espèce de merise dépend del’objet qu’on se propose. Les bons auteurs veulentqu'on prenne la merise noire pour les semis destinésà l’éducation des sujets qu’on veut greffer, parcequ’elle procure des arbres à fruits plus doux et plussucrés, et qu’on emploie, au contraire, la meriserouge pour les semis destinés aux forêts, parce queles arbres qui proviennent de celle-ci deviennentplus gros et s’élèvent davantage. Dans tous les cas ,on prend les noyaux des fruits bien miïrs ; on lessème aussitôt ou peu après leur récolte ; ou bien , sil’on est forcé de différer le semis, on les conserve,eu les stratifiant dans du sable ou de la terre. Sanscette précaution, les amandes pourraient se dessé-cher ou rancir, et perdre la faculté de germer. Onchoisit, pour faire les semis, une terre légère bienlabourée; on y répand les noyaux, soit à la volée,soit dans des rayons distans de cinq à six pouces l’unde l’autre ; on les recouvre d’un pouce au plus deterre, et par-dessus d’un peu de terreau ou de fu-mier court, pour empêcher la couche supérieure dela terre de se durcir par les pluies ou par les ariose-mens qu’on leur donne.

Les jeunes plants lèvent au printemps; ils sontsurmontés de deux feuilles séminales lenticulaires.Il faut avoir soin de les débarrasser des mauvaisesherbes par des sarclages , toutes les fois qu’ellespeuvent nuire à leur développement.

Transplantation, — Au bout d’un an, ils sont enétat d’être transplantés en pépinière. Cette trans-plantation se fait dans les mois de janvier et de fé-vrier ; on place les plants à 2 pieds de distance,et il est utile d’en conserver le pivot , sur-toutquand on les destine à des plantations forestières ,auxquelles ils conviennent beaucoup, notammentdans les clairières, parce que le merisier vient très-bien à l’ombre.

La plantation à demeure dans les forêts s’exécuteavec du plant de deux ou trois ans, tiré des pé-pinières , et que l’on plante à 3 ou 4 pieds entous sens , ou , mieux encore , que l’on entremêleavec d’autres espèces de bois, telles que du chêne ,du hêtre, de l’orme, du châtaignier, etc. Mais lessemis à demeure , soit en plein , soit en rayons ,