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soit par potets , sont préférables aux plantations,dans lesquelles il périt toujours beaucoup de plants.
De la greffe. Quand les jeunes merisiers sontdestinés à faire des sujets pour greffer des cerisiers àfruit, on les laisse en pépinière, et on les greffe àquatre ou cinq ans, lorsque leur tige a acquis 3 ou4 pouces de tour. Comme, en général, ces arbres nese greffent qu’à la hauteur de 6 ou 7 pieds , on doitcouper rez-terre , à deux ans, tous ceux qui ne pro-mettent pas d’avoir une tige bien droite et bien vi-goureuse. Le plant, ainsi rabattu à la lin de février ouau commencement de mars, s’enracine davantage,et souvent il pousse avec tant de vigueur, qu’à la finde l’été suivant, on a des pousses de 6 à 7 pieds,sur-tout si, dans le cours du printemps, on a soinde supprimer toutes les petites branches qui vien-nent au bas de la tige principale.
On peut greffer les merisiers et les cerisiers detoutes les manières; mais le plus ordinairement onn’emploie que la greffe en écusson pour les jeunessujets, et celle en lente pour les vieux arbres. Lespremiers se greffent à œil dormant, depuis le milieud’août jusqu’en septembre, tant que l’arbre est en-core en sève. Duhamel dit qu’on peut aussi prati-quer l’écusson à œil poussant, lorsque les cerisierscommencent à ileurir. La plupart des jeunes arbresgreffés et gouvernés suivant les règles de l’art, peu-vent être plantés à demeure à la fin du second au-tomne. La grelfe en fente ne se pratique que sur lesvieux arbres, et encore plusieurs cultivateurs préfè-rent-ils , dans ce cas, la greffe en écusson. Y., pourl’exécution de ces greffes, les soins qu’elles exigent,et en général, pour la culture des cerisiers, les Ou-vrages dont nous avons parlé.
Des plantations de merisier comme arbre de ligne.— Le merisier croit avec beaucoup de rapidité; lors-qu’il est dans un terrain de bonne qualité, gras etmêlé de graviers, il parvient en quarante ou cin-quante ans, à une hauteur et une grosseur considé-rables ; et il n’est pas rare d’en voir qui ont alors de6 à 7 pieds de tour. S’il réussit bien en massif et àl’ombre dans les forêts, il vient encore mieux enplein air J’en ai vu des plantations exécutées surles routes craïeuses de la Champagne , où cet arbreavait beaucoup mieux réussi que les autres espècesd’arbres avec lesquelles il était mêlé. Duhamel afait avec succès des plantations de ce genre dansdes lieux où d’autres arbres avaient péri. Il estdonc certain que le merisier pourrait former debelles avenues, et embellir les bords des routes,soit par son port élevé, soit par son feuillage ,dont il se pare de bonne heure et qu’il conservejusqu’aux gelées , soit par ses belles fleurs blan-ches, dont il est couvert au printemps , et enfin parses fruits, qui leur succèdent au commencement del’été.
Le merisier est assez cultivé dans le nord de la IFrance ; mais il l’est bien plus encore en Allemagne et dans la Suisse . J’en ai vu de nombreuses planta-tions dans ces contrées, soit sur les routes, soit dansles champs , ou dans les jardins. Le chemin de Brun,àOlmutz, dit Al. Calvel, est bordé, pendant l’es-pace de 20 lieues, de cerisiers qui ont la hauteur
Tome I.
et le diamètre des plus gros marronniers des Tui-leries.
De la multiplication par rejets. — Ce moyen esttrès-facile. On peut employer les rejets qui viennentau pied des vieux, pour être replantés sans êtreétêtés, aussitôt qu’ils sont arrachés. Mais les bonsagriculteurs préfèrent les semis, parce que les arbresprovenus de drageons poussent eux-mêmes unegrande quantité de rejetons, qui les épuisent promp-tement, et qu’ils sont plus sujets à la gomme, queceux qui viennent de semences. Dans les vergers ,cependant, on profite quelquefois de ces drageons ,qu’on peut greffer sur place, dès la seconde année ,et qui, à cinq ou six ans, peuvent déjà commencer àdonner du fruit, tandis que les arbres venus denoyau font attendre le leur un peu plus long-temps.
De la plantation du merisier dans les sables. —L’auteur de la nouvelle édition des Arbres et Ar-bustes, de Duhamel, pense que le merisier, à raisonde la propriété qu’il a de pousser des racines quitracent au loin, et une grande quantité de rejetons ,pourrait être employé à faire des plantations dansles sables mouvans , et qu’il serait propre à les fixer.Il indique les landes de Bordeaux , dont le sol, peuélevé, n’est sec et aride qu’à la surface, comme très-propre à recevoir des plantations de merisier. Nouspensons que , pour remplir plus complètement l’ob-jet principal de cette plantation, qui est la fixationdu sable, il serait utile d’employer des rejets qui ,eux-mêmes, conservent la faculté d’en pousser beau-coup.
Exploitation du merisier. — Le merisier est aunombre des arbres fruitiers que l’art. 3 du tit. XXVde l’ordonnance de 1669 prescrit de réserver dansles exploitations des coupes ordinaires. Mais, quoi-que cette disposition n’empêchàt point de faire com-prendre les réserves des fruitiers dans les coupeslorsque ces arbres, ainsi que les anciens et les mo-dernes des essences ordinaires, offusquaient letaillis , il est arrivé que des bois en furent telle-ment surchargés, que la reproduction du taillis étaitdevenue impossible. M. Bosc cite, à ce sujet, les fo-rêts situées sur les montagnes de l’est de la France ;mais il dit qu’on a passé d’un extrême à l’autre;qu’on a abattu tous les fruitiers , et qu’actuelle-ment, à chaque coupe , on ne laisse plus que ceuxque l’on compte comme baliveaux, parmi le nombrefixé par l’ordonnance. Cette mesure, ainsi outrée,est devenue une calamité pour les pauvres , qui,pendant plusieurs mois de l’année, vivaient, soitdirectement, soit indirectement, du produit desmerises. De la soupe faite de ces fruits, ajoute-t-il,c’est-à-dire du pain bouilli dans de l’eau avec desmerises sèches et un peu de beurre , était, pendantl’hiver, dans ces contrées, la nourriture habituelledes bûcherons et des charbonniers. Aujourd’hui, elleleur manque, et rien ne la remplace. Le peu de me-rises qu’on récolte est mangé sur-le-champ, ouvendu pour faire des liqueurs.
Cet arbre repousse bien du pied lorsqu’il estjeune, ce qui le rend propre à être exploité en tail-lis , où il produit d’ailleurs des brins propres à fairedes cercles de cuves.
Comme futaie , il doit être exploité à quarante ou
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