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Tome premier.
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le bois nes’y est point consumé; et pour déterminer lachaleur à s’y porter, il y fait des trous (fg. 6 ) aVec lemanche de sa pelle : alors il en sort de la fumée; ils’y établit un courantd’air <|ui détermine la chaleurà s’y porter pour cuire le bois. Au bout d’un certaintemps, il referme ces ouvertures; il en fait d’autresen d’au très endroits, et il cuit ainsi successivementtoutes les parties de son fourneau. On voit, par cetexposé, qu’au moyen du bougeage , le charbonnierpeut se rendre maître de son leu, qu’il le distribuepar-tout où il le juge nécessaire. S’il conduit bienson travail, il ne fera presque pas de fumerons ; tan-dis qu’un ouvrier malhabile consume beaucoup debois , ou fait quantité de fumerons. A mesure que lebois se réduit en charbon , il diminue de volume, etla terre qui recouvre le fourneau s’affaisse.

Quand toutes les ouvertures ont été ferméesexactement, le feu s’éteint peu-à-peu. Quoiqu’ilsubsiste assez long-temps un brasier dans le centre,et une grande chaleur dans tout le fourneau , quicontribue à achever la cuisson du charbon , cepen-dant après un certain temps, et pour accélérer lerefroidissement du charbon, un ouvrier emporteavec un grand râteau If g. 8), qu’on nomme un arc,une partie de la terre qui recouvrait le fourneau ; unautre ouvrier le suit, et emporte encore de cette terreavec un râble (fg. 9), qui est une planche emman-chée au bout d’une perche. Quand il ne reste plusqu’une mince couche de terre à travers laquelle onaperçoit les charbons, un troisième ouvrier, munid’une pelle {fg. 10), remet de la terre sur le four-neau {fg 7 ), qu’on laisse en cet état pendantquelques jours; et quand il est totalement refroidi,on ôte la terre d’un côté pour en tirer le charbon ,en observant bien s’il ne s’est point conservé de feudans quelques bûches creuses, auquel cas il faudraitles ôter, ou rejeter de la terre sur le fourneau si lefeu occupait un certain espace; car le charbon nou-vellement fait se rallume fort aisément, et l’on avu plusieurs incendies causés par du charbon ainsirallumé.

Quand on est certain que le charbon est bienéteint et refroidi, on le transporte, soit au portpour le mettre dans des bateaux, soit aux endroitsoù il doit être consommé : ce transport se fait dansdes sacs à somme ou dans des fourgons garnis declaies ; celui pour les forges est transporté dans desbannes jaugées.

On compte assez communément qu’une corde debois de 8 pieds de largeur sur 4 pieds de hauteur,et dont les bûches ont 3 pieds de longueur (96 piedscubes), rend quatre sacs de charbon ; et que, suivantsa différente qualité , chaque sac doit peser 1 10 jus-qu’à '.20 livres (ce qui fait environ a5o livres decharbon par double stère). On estime assez com-munément que la proportion du poids du bois à ce-lui du charbon , est à-peu-près comme quatre est àun. V. plus loin ce que nous rapportons des Expé-riences de M. de IVarnech.

Quatre cordes de bois produisent ordinairementune banne de charbon, qui tient i 5 ou 16 poinçonsmesure d’ordonnance, lesquels contiennent 240 pin-tes, mesure de l’aris : la banne passe pour contenira 5 oo piesant de charbon; le grand sac pèse environ

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1 25 livres; la verse ou corbeille de charbon en con-tient 35 livres. (Ainsi le double stère de bois àcharbon produit, en mesure de capacité, environ5 oo hectol. de charbon.)

Un arpent de bon taillis bien garni, de grosseurà faire de lacorde à charbon, rend environ 36 cordes,et par conséquent 9 bannées de charbon.

Nous avons dit que la coupe du bois était payéeau bûcheron à raison de la corde : on donne auxcharbonniers, pour leur cuisage, depuis 20 sous jus-qu’à 3 o pour chaque corde (en 1764). ( Extr . duTraité de F exploit, des bois , par Duhamel . )

Méthode particulière de fabriquer le charbon dansla forêt de Benon , près la Rochelle .

M. Fleuriau de Bellevue a publié cette méthodedans un mémoire qu’il a fait imprimer en 1801 dansle Journal des mines ; et depuis il a ajouté un sup-plément à ce mémoire. Voici ce mémoire et le sup-plément.

« Le charbon de la forêt de Benon se vend, à laRochelle , de i 5 à 3 o pour 100 au-dessus de toutautre charbon fabriqué avec la mêmeespèce de chêne,qu’on y apporte des départemens voisins. Le bois dela forêt de Benon peut avoir quelque supériorité surles autres ; il croit lentement, il est dur et pesant;mais comme il ne paraît pas qu’on emploie ailleursles mêmes moyens de fabrication, on ne saurait at-tribuer qu’une légère partie de cette grande diffé-rence dans les prix du charbon à cette supériorité dubois.

3j Le soin qu’on a de placer le fourneau au milieud’un entourage de murs, qui , en arrêtant le cou-rant d’air inférieur , rend la cuisson plus égale etplus parfaite ; ce soin et quelques autres dont il vaêtre parlé, paraissent contribuer spécialement aubénéiiee dont il est question.

33 Presque par-tout, les tas de bois qu’on veutréduire en charbon sont placés çà et là dans les fo-rêts , et demeurent exposés à l’action de l’air danstous les sens ; à Benon, au contraire , on ne cuit lecharbon que dans des chambres.

33 Ces chambres ont 26 pieds en carré (6 mèt. etdemi); leurs murs, formés de moellons liés avec dela terre , ont 1 5 pieds de hauteur (près de 5 mèt ) ;leur couverture est composée de planches et de tuilesdisposées de manière qu’il existe entre chaque plan-che un espace d’un à 2 pouces (3 à 5 centim.), pourlaisser un libre passage à la fumée.

33 Le sol de la chambre est bombé; un massif deterre glaise s’élève au centre, de 6 à 7 pouces (16 à19 centim.), en laissant entre le mur et lui un es-pace circulaire de 2 pieds et demi de largeur ( 8 dé-cim.) , et les quatre angles libres pour le service dufourneau.

33 On n’emploie que du bois de chêne connu sousle nom de chêne noir , et très-rarement du chêneblanc (1). On ne prend cpie celui de la coupe del’année, jamais de celui des années précédentes.

33 Ce bois a dix , douze, quinze ans ; on n’en sé-

(1) Ce sont des variétés «lu quercus robur, chêne rouvre ;011 distingue, dans celte espèce, le blanc, le rouge et le noir.