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Tome premier.
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(Quoique nous ayons toujours employé le termei\efourneau, les ouvriers ne le dénomment ainsi quequand tous les étages sont formés, et jusque-là lescharbonniers les appellent allumelles.

Le dresseur a l’attention que les branches soientcoupées à ras des petites bûches ou attelles , pourqu’elles puissent s’arranger. Autant qu’il est pos~sible, on coupe les attelles en flûte par les deuxbouts, afin que les bûches se joignent mieux les unesauprès des autres sans laisser beaucoup de jourentre elles ; et comme les bûches coupées en gueulesont souvent fendues dans une partie de leur lon-gueur, le feu s’introduit dans la fente et consumeune partie du bois.

On fait pour le service des particuliers de petitsfourneaux, composés seulement de 5 ou 6 cordes debois : les fourneaux ordinaires sont de 10 et 13 , etjiour les forges, on cuit souvent 5o cordes de boisà-la-fois. Il y a toujours de l’économie à faire degrands fourneaux; car le bois qui se consume pourformer le foyer central dont nous allons parler, està-peu-près le même pour les petits fourneaux commepour les grands. Ainsi la perte du bois est propor-tionnellement plus grande pour les petits; de sorteu’à l’égard de ceux-ci la consommation du boisans le foyer du centre , et de ce qui se perd dans lebougeage, est estimée à un cinquième; elle est beau-coup moindre quand les fourneaux sont composésde 5o cordes. V. ci-après, les Observations deM. Jiartig.

Lorsque les fourneaux sont élevés, il faut les ha-biller ou les bouger; c’est-à-dire que, pour empê-cher l’embrasement total, et pouvoir être maître deconduire le feu comme on le juge convenable, il fautcouvrir de terre et de cendre l’extérieur du four-neau : c’est pour cela qu’on a peine à faire un boncuisage dans les endroits où il ne se trouve que dusable et des pierres.

Deux charbonniers piochent la terre autour dufourneau , et l’un d’eux {fig- 4) l’applique avec unepelle sur l’extérieur du fourneau et en couvreentièrement le bois , et pour qu’elle ne coule point,il la bat avec le plat de la pelle ; mais comme ellepourrait couler si elle était trop sèche, on a soinde la prendre un peu humide. On couvre ainsi toutle bois d’une couche de terre d’environ 4 pouces d’é-paisseur, excepté au haut du fourneau près du mât,où on laisse un espace d’environ 6 pouces sans êtrerecouvert de terre, pour déterminer l’humidité dubois à sortir en fumée par cet endroit, et pour éta-blir dans le centre du fourneau un brasier consi-dérable.

Le dresseur, qu’on pourrait aussi appeler le cui-seur , monte sans échelle sur le fourneau bougé, ets’il manque de la terre en quelques endroits, ou s’ily a des crevasses, il répare ces défauts. Quelquescharbonniers mettent une couche de frasil par-dessusla terre; d’autres attendent que le bois soit cuit enpartie pour mettre ce frasil ; enfin , dans les endroitsoù il ne sa trouve que du sable-et de la pierre, lescharbonniers ne pouvant, faute de terre, faire unbon bougeage, mettent sur le bois une couche defeuilles vertes, qu’ils recouvrent de frasil ou d’unpeu de terre, ce qu’ils appellent feuiller le four-

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neau : quelques-uns laissent 5 ou 6 pouces de jourau bas de leur fourneau, qu’ils ne ferment quequand ils ont mis le feu ; mais on doit préférer lapratique de bouger le fourneau jusqu’au bas. Quandce fourneau est bougé, on met le feu à la galerie quenous avons nommée le foyer {fig- 'à et 5 ) .-comme elleest remplie de copeaux ou de brindilles sèches, lefeu gagne assez promptement le bois sec qu’on a misau centre du fourneau : alors l’air entrant avec beau-coup de vivacité, il sort une fumée épaisse par lehaut du fourneau b auprès du mât.

L’air qui entre par la bouche du fourneau, et quisort par l’ouverture du haut, anime beaucoup le feudans le centre : le bois brûle, et il s*y forme unfoyer très-considérable, dont la chaleur se commu-nique à toutes les parties du fourneau ; mais le boisse consumerait entièrement, si le charbonnier n’a-vait pas l’attention de diminuer l’activité du feu enfermant avec de la terre la bouche a et l’ouvertured’en haut b : c’est ce que fait le charbonnier quandil juge que le brasier du milieu est assez considérablepour achever la cuisson du charbon. Il juge qu’il ya assez de feu au centre du fourneau quand il voitque la fumée, qui était blanche d’abord, devient plusbrune et plus âcre ; ce qui marque qu’elle contientmoins d’humidité.

On entend quelquefois, dans l’intérieur du four-neau, un bruit sourd, qui souvent est suivi d’uneexplosion qui dérange les terres placées sur ce four-neau : on doit y remédier sur-le-champ, en mettantde nouvelles terres où il en manque-, et c’est pourcela principalement qu’une surveillance continuelleest de rigueur, tant que les fourneaux sont en feu.

Lorsqu’on cuit beaucoup de charbon, le dresseur,après que la bouche a( fig. 5) du fourneau est fermée,•verse par l’ouverture b du haut quelques panerées decharbon pour entretenir toujours un grand feu dansle centre, et remplir en partie le vide qui s’y est fait,afin de soutenir la terre qu’on y applique sur-le-champ pour fermer cette ouverture. Si on n’a qu’unseul fourneau à cuire, comme on manque de char-bon pour remplir ce centre, le dresseur fait écrou-ler le plus qu’il peut le bois à moitié brûlé qui estaux environs du foyer, en se servant pour cela d’uneperche: par ce moyen, il remplit le vide comme avecdu charbon, et sur-le-champ il ferme l’ouvertureavec de la terre. •

Les charbonniers se servent d’une petite échelle(fg- 4) pour monter au haut du lourneau, et ilsmarchent sur la terre sans craindre de se brûler,parce qu’alors cette couverture de terre n’est pasencore assez échauffée pour les incommoder.

Quand après huit, dix ou douze heures, on afermé les bouches de la cheminée du fourneau, ondoit donner assez d’air pour que le feu ne s’éteignepas ; mais il n’en faut donner que modérément, afinque le bois ne se consume point trop : l’art du char-bonnier consiste à régler tellement le feu du foyerqui est au centre du fourneau, qu’il puisse se porteraux endroits où le bois n’a point assez éprouvé sonaction. Il juge que le fêu a trop agi dans un endroit,si les terres s’y sont beaucoup affaissées, et il en ajoutede nouvelles pour diminuer d’autant l’action du feu.Si un autre endroit s’est peu affaisé, il en conclut que