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Supplément qui a été inséré dans le Journal des mi-nes, n°. 81, t. XIV , an 11 (i 8 o 3 ).
« Un second examen de plusieurs ateliers m’afourni, dit M. Fleuriau, les observations suivantes,qui peuvent servir de réponse aux questions quim’ont été faites :
» i°. Les dimensions de toutes les chambres àcharbon ne sont point uniquement fixées à celles quej’ai données dans le mémoire (qui sont celles de laplus grande chambre de Benon). J’en ai vu plusieursqui étaient oblongues, avec des murs de 8 pieds etta sous pignon ; elles n’ont qu’une seule porte etune petite fenêtre, placées l’une et l’autre indifférem-ment : ce sont, en un mot, des chambres de paysansd’une forme quelconque. Dans la plupart, on pra-tique seulement quelques petites ouvertures çà et lâau travers du toit, mais infiniment moins nombreusesqu’on ne le supposerait pour un foyer de la naturedont il s’agit ; les planches ne sont rapprochées quegrossièrement, ainsi que les tuiles, qui sont courbes.
» 2°.^ Quant à la construction du fourneau, onplace ordinairement au centre un amas de ramillesde la grosseur d’un sac à blé ; ensuite quelquesrangs de petites branches, d’autres plus fortes , plu-sieurs rangs de grosses branches , et enfin , à la cir-conférence , de petites branches sans ramilles. Onpréfère cette disposition au simple mélange des uneset des autres. Ces petites branches ont généralementla longueur des bûches.
» 3 °. Les uns mettent le feu par-dessous, commele mémoire l’indique ; les autres par-dessus, en bou-chant l’ouverture immédiatement après l’avoir mis.
» 4 °- L’action du feu est tellement concentrée ets’exhale si peu à l’extérieur, qu’un homme passe etdemeure très-bien à l’entour pour le service qu’ilexige, sans en être jamais incommodé ; et cependantà peine reste-t-il quelquefois un pied de passageentre le fourneau et le mur.
» La couche de fougère , de paleines et de terrede charbonnière , dont il est couvert, qui est tout-à-la-fois épaisse et légère, parait s’opposer beaucoupplus efficacement à la dispersion de la chaleur , queles plaques de gazon mêlées de terre, qu’on emploieordinairement dans les forêts, et qui sont nécessairespour résister à l’action du vent. Cette couche, ne re-cevant point de pluie, demeure toujours spongieuse,et ne peut se gercer, comme l’autre, parle seuleffet du retrait.
» 5 °. Ce fourneau, composé quelquefois de 2 cor-des et demie , donne moins de fumée qu’une che-minée ordinaire. Les planches du toit de plusieursde ces chambres, où l’on brûle au-delà de 200 cordes,ne sont pis plus noircies que celles des chambres despaysans, dont la cheminée est sujette à fumer. Per-sonne , dans ce bourg , n’a pu se rappeler d’un in-cendie causé par un de ces fourneaux.
r> Pour conserver toutes les parties inflammablesdu bois, U s’agit de le cuire (selon l’expression descharbonniers), et non pas de le brûler. D’après ceprincipe , il doit donner beaucoup moins de fumée
« 6 . On ne se sert point d’arrosoir lorsqu’onaffroue; on jette l’eau tout simplement avec un pe-
Tome I.
tit seau de bois , et on couvre le fourneau de 5 à6 pouces de terre de charbonnière.
» 7 0 . Le charbon provenant des petites branchesse vend moitié seulement de celui des grosses : aussiles ouvriers mettent-ils de temps en temps des bûchesqui ont jusqu’à 8 et 9 pouces de diamètre : les pre-mières, loin de se réduire en cendre, conserventtoute leur forme et leur écorce comme les autres;ce qui prouve évidemment qu’il n’y a, dans cetteopération, d’autre perte de bois que celle d’une partiedes ramilles du centre. La plupart des fougères et despaleines de l’enveloppe ne sont pas même consom-mées.
» 8°. Le bois le plus vert est celui qui donne leplus de charbon, le meilleur et le plus pesant (1).Celui qui a éprouvé la sécheresse de l’été, en donneun plus léger, plus friable, qui aune écorce plusgrosse, plus terne, et qui se brise et se détache fa-cilement; mais le bois vert ne pouvant brûler seul,on est forcé de le mélanger. En général, la fabri-cation du printemps est la plus profitable.
» 9 0 . Tel est le bénéfice de cette méthode, quequoique les charbonniers fassent venir quelquefoisleur bois de 3 à 4 lieues , par de mauvais chemins ,et qu’ils aient encore 6 lieues à faire pour rendreleur charbon à la Rochelle , où il en arrive de touscôtés par mer , à peu de frais, non-seulement ilssoutiennent la concurrence , mais ils le vendent àun prix bien supérieur à celui de ces derniers , quisont fabriqués dans les forêts mêmes, selon la mé-thode ordinaire.
» io°. Dans ce procédé, les charbonniers trou-vent, quant à l’économie du bois, le même avan-tage observé par M. Brune aux environs de Dreux ;savoir, que les petits fourneaux donnent propor-tionnellement plus de charbon que les grands (2).M. Brune m’a dit avoir eu près d’un quart de béné-fice à ne les composer que de 5 cordes , au lieu deles faire de 25 à 3 o cordes.
33 11°. On doit observer aussi , sous le rapport dol’économie rurale , que les charbonniers, construi-sant les fourneaux dans leurs maisons, sont aidésdans ce travail par leurs femmes et leurs enfans, quisurveillent le feu pendant qu’ils font les charois ouse livrent à d’autres travaux; qu’ils ne sont pointexposés, comme les autres, à toutes les intempériesde l’air, que leur ouvrage n’en est pas contrarié; etque le charbon , que les pluies gâtent souvent dansles forêts, demeure intact ; qu’enfin ils peuventégalement joindre à cette branche d’industrie cellede la culture des terres.
33 1 ?.°. De tout ce que je viens de dire, il résulteque, si cette méthode n’est pas entièrement appli-cable aux usines qui consomment une grande quan-
(r) Ce résultat est contraire à celui que MM. Hartig etîle Werneck ont constamment obtenu : le premier, dans sesexpériences sur la combustibilité des bois; le second , dansles siennes sur la chaleur comparative , produite par les di-verses sortes de charbons. V. ci-après la Méthode de fabri-cation du charbon dans les forêts de l'Allemagne .
(2) Duhamel dit le contraire, et M. Hartig a reconnu queles fourneaux trop grands, île même que les lourneauxtrbp petits , s’opposaient egalement à une bonne fabrication.V. ci-après la Méthode allemande .
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