Band 
Tome premier.
Seite
565
JPEG-Download
 

CHA

CHA

565

On voit, par ce tableau, que, dans presque tousles bois à feuilles, c’est le bois d’un accroissementmoyen qui donne le plus haut degré de chaleur,tandis què, dans' lëS"t!BtS rêshiemc, c’est tttuirdel’âge le plus élevé , et que le bois parfaitement sainet celui qui n'a point été altéré f>ar le flottage ou panleseauXy doiventêtre préférés. 11 résulte aussi dece9expériences que toute ‘éépèee de bais coupé horssève donne plus de chaleur et produit un meilleurcharbon que le bois conpé en temps de sève.

Quant aux dimensions du bois à charbon, ellesvarient presque dans chaque pays ; dépendant on nedonne pas ordinairement aux bûches plus de piedsde long ni mçins de 3 pieds, et dans la plupart despays, on leur dorme de 54 6-piads de long, parce quecette Jonguetjr est la plus convenable , ainsi quenous 14 vferrons plus loin. En oatve, tout bois quia plus dç. 4 potidéfe 1 de diamètre dort être fendu, etsi on emploie de grosses tiges, èlles doivent l’être demanière qu’un homme puisse facilement en porterau moins deux morceaux et au plus quatre. Parmile pe:it bois qui ne doit pas être fendu, on peutemployer tousles brins qui ont un pouce de diamètre;ils donnent un bon charbon , si le charbonnier saitleur donner, dans l’arrangement du fourneau , uneplace convenable , ainsi que je l’expliquerai tput-à-l’heure.

B. De la saison la plus convenable pour la fabrica-tion du charbon.

La saison la plus avantageuse pour la fabricationdu charbon est depuis le commencement ou le mi-lieu du mois de mai jusqu’à la fin de septembre.Plus tût ou plus tard, le temps n’est point favorableà cetle ( opération, parce que la terre et l’air con-tiennent trop d’h'imidité , et que les nuits sonf troplongues; mais une trop grande sécheresse, dans l’été,nuit aussi à la fabrication du charbqn; cependantcette circonstance ne- peut pas la faire suspendredans les grandes exploitations. Le temps le plus dé-favorable est celui qui suit immédiatement la fontedes neiges. J’ai été forcé quelquefois par la néces-sité de faire fabriquer du charbon à cette époque,et j’ai trouvé, chaque fois, qu’un quartde la masse ducharbon était perdu quand on faisait cuire du boishumide sur un terrain frais. La perte n’est pas aussiconsidérable quand le bois est trop sec; cependantelle est assez grande pour qu’on doive s’abstenir defaire du charbon dans les temps de sécheresse.

G. Du choix de la place à charbon.

Lorsqu’il s’agit de choisir un endroit pour y éta-blir un fourneau, bn doit prendre en considérationles circonstances suivantes :

a. Il faut, autant que possible, que la place àcharbpn soit dans un chemin ou une allée, ou sur lebord de la forêt, et située de manière qu’on puissey faire aller les voitures sans difficulté.

b. Le terrain ne doit être ni humide, ni dur, niporeux , ni pierreux, ni sur-tout exposé à l’écoule-ment des eaux. La meilleure terre sous le rapportde la production forestière, est ordinairement aussile sol le plus avantageux pour y établir un fourneau,

parce qu’elle n’est ni trop ni trop, peu pénétrée parl’air, qu’elle ne se durcit pas trop par la chaleur, etqu’elle reçoit facilement l’humidité qui découle du■bols pendantia cnisson." ” - ’•

c. Les fourneaux doivent être établis dans deiendroits le moins possible exposés’au vent, et qtljsojent abrités soit par une montagne , soit par unmassif de bois.

d. 11 faut aussi prendre en considération l’avan,tage qu’il y a de pouvoir cuire beaucoup de boisdans une même place à charbon, et celui qui ré*suite de la facilité du transport du bois.’

e. Enfin il est très-avantageux , quand les autres

circonstances le permettent, que les places à char-bon soient dans le voisinage de l’eau ou à une dis-tance peu éloignée. ,

Ainsi, quand il s’agit d’établir de nouvelles fossesà chafbon, le forestier ( 1 ) doit prendre en consij-dératijan tous les objets qui viennent d’être détail-lés , dt ( observer , autant qué‘ les circonstances lepermettent, les règles ci-dessus^ mais si on,trouved’anciennes places à charbon qui ne soient pas de-venues tout-à-fait impropres à une nouvelle fabricartion,’on doit les employer de préférence, parcequ’une première cuisson sur une place nouvelle neréussit jamais aussi bien que sur une ancienne placpqui a servi plusieurs fois. Lorsque d’ancipnnçs placesne peuvent plus être employées, on doit aù moinsy prendre la poussière charbonneuse qui s’y trouvé,pour améliorer les nouvelles places. On en recouvreces nouvelles places de quelques pouces d’épaisseur,et on s’en sert aussi pour la couverture du fourneau,en la mêlant avec de la terre : on 'obtient, pâr cetteattention, une meilleure cuisson que si on eût opérésur une terre crue.

D. De la préparation des places à charbon.

On doit considérer la grandeur et la forme à don-ner aux places à charbon.

La grandeur dépend de celle que doit avoir lefourneau à y établir ; mais il faut qu’il reste autourdu fourneau un espace vide <fe 3 pieds de large :ainsi, quand un fourneau doit avoir 18 pieds dediamètre , il faut donner à la place 24 pieds de dia-mètre. Comme les fourneaux ont tous tiné forme py-ramidale , et par conséquent une base de figureronde, il faut que la place soit ronde et parfaite-ment horizontale. Pour cet effet, le charbonnierplante au milieu de l’emplacement un pieu, qu’onappelle pieu du milieu , et au moyen d’une cordeattachée par un nœud coulant à ce pieu, ou d’uneperche qu’on y attache de la même manière , ontrace le rond de la place. Cela fait, on pioche leterrain, on le nettoie d’herbes, de pierres et de ra-cines; on rend la place horizontale, et à partir dela périphérie jusqu’au pieu du milieu, on exhaussele terrain de manière que cette élévation ait, prèsdu pieu du milieu, depuis 8 jusqu’à 14 pouces, sui-vant la grandeur de la place. Cette disposition a

(1) En Allemagne , ce sont les forestiers qni font fabri-quer les bois et le charbon pour le compte du gouverne-ment.