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Tome premier.
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]>our objet d’empêcher que les bouts inférieurs desmorceaux de bois ne reposent pas entièrement surle sol, d’en favoriser par conséquent il carbonisa-tion , et de favoriser aussi l’écoulement de l’humi-dité qui sort du bois; ce qui ne s’opérerait pas aussibien si la place était tout-à-fait plane.

Dans plusieurs localités, le terrain est tellementen pente, qu’il est impossible de trouver une placeassez grande pour y établir un fourneau en terrainpiain : dans ce cas , on creuse la plus grande partiede l’emplacement dans la montagne, et on exhaussele reste de la place au moyen de poteaux qui sou-tiennent des pièces de bois rapprochées les unes prèsdes autres, et sur lesquelles on met un lit de terre de18 pouces à 2 pieds de hauteur : c’est, au besoin, leseul moyen qu’on ait d’établir une place à charbon ;mais la conduite du fourneau exige aLors beaucoupd’attention, parce que le courant d’air est inégal,et malgré tous les soins , la cuisson est ordinaire-ment moins bonne que lorsque le fourneau reposeeu terre ferme. On ne doit donc aroir recours à cetteconstruction que dans le cas de nécessité.

K. De la grandeur la plus avantageuse à donner aufourneau.

Les opinions sont partagées sur la grandeur laplus avantageuse à donner au fourneau^ Dans quel-ques pays, on fait de très-grands fourneaux; dansd’autres, on en fait de petits, et par-tout on soutientque la grandeur qu’on a adoptée est la plus avanta-geuse. D’après mon expérience particulière, lesfourneaux qui contiennent depuis 1,200 jusqu’à1,600 pieds cubes de bois (1) doivent avoir la préfé-rence. Lorsque le fourneau est plus grand, les char-bons restent trop long-temps exposés à l’action dufeu et perdent en valeur; d’un autre côté, le char-bonnier ne peut pas diriger le feu d’une manière con-venable, et si la cuisson ne réussit pas, il en résultetrop grande perte. Si au contraire on fait les four-neaux plus petits que ceux que j’indique, la quantitéde petits charbons est proportionnellementbeaucoupplus considérable, et il faut plus de bois de remplis-sage , plus de couverture , plus de terrain pour éta-blir les fourneaux, et la surveillance est trop par-tagée. Je suis donc persuadé que la grandeur ci-dessus donnée est la plus avantageuse , et j’ai tou-jours trouvé que l’on obtenait proportionnellementplus de charbon et de meilleure qualité, que si onfaisait des fourneaux plus grands ou plus petits. Lesgrands fourneaux sont sur-tout désavantageux quandle bois est tout vert ou très-sec. Dans ce cas, je con-seille de ne composer le fourneau que de 800 à1,000 pieds cubes de bois (8à 10 cordes de 96 piedscubes), parce qu’alors il est plus facile de diriger le

(1) Ces 1,2C0 ou 1,600 pieds cubes forment 12 ou 16 cor-des d'Allemagne , à ico pieds cubes chacune; mais comme lepied cube du Rhin est plus petit que celui de Paris , il en ré-sulte que la corde d'Allemagne dont il s’agit ici, n’équivautguère qu’à notre corde de cli irbonnette ue 96 pieds cubes.Ainsi, d’après M. Hartig, les fourneaux devraient être com-posés de 16 cordes au plus. Duhamel pensait qu’il y avait del’avantagea les former de 5 o cordes; mais son opinion n’é-tait point, comme celle de M. Hartig, appuyée sur des ex-périences.

feu , et que, d’après mes expériences, on obtient unmeilleur charbon et en plus grande quantité.

F. De la manière de, dresser et de former Ufourneau.

Lorsqu’on forme le fourneau, on se dirige d’abordsuivant qu’on se propose de l’allun>«r par en hautou p&r en bas.

Il n’y a point de doute qu’il 11e soit plus raison-nable de l’allumer par eu haut. Dans ce cas, on pro-céda ainsi : on plante au milieu de la place uneperche de 12 pieds de haut, qu’on appelle le mdtÿon y attache autour, avec plusieurs liens, des bran-ches et des ramilles sèches, de manière que le toutforme une espèce de fascine droïtè d’un pied de dia-mètre, Ou bien on plante, dans le milieu de l’em-placement, trois ou quatre de cës perches ou mâtsà 10 ou 12 pouces de distance entre elles, on lesattache avec des liens, et on remplit l’intervalle avecdes morceaux de bois sec ou des tisons.

Lorsque le charbonnier a ainsi disposé le mât ouLes mâts, il s’occupe de placer le bois, qui a dû êtreapporté d’avance près de l’emplacement, partagé enplusieurs tas réguliers, suivant sa grosseur, etcoupé à une longueur cjue nous supposons être de5 pieds. 11 place tout près, et autour du mât, un peude bois fendu bien menu , dont il tourne l’écorceen dehors ; il le dresse verticalement, de manièrecependant qu’il puisse tenir; le rapproche le pluspossible, et il en remplit les vides avec de petitsmorceaux de bois. Lorsque ce commencement defourneau a 4 pieds de diamètre environ, il placetout autour et à une égale distance les plus gros mpr-ceaux de bois à charbon , ensuite lès bois fendus plusmince , et au dernier rang les plus petits boisronds ou les petits bâtons ( 1 ) ; mais il ne doit pointnégliger de remplir exactement tous les vides avecdu menu bois court, et de donner au fourneau unebase circulaire, et seulement autant de pente qu’ilen faudra ensuite pour faire tenir la couverture.Lorsque le premier lit est formé, le dresseur formele second de la même manière , et ensuite le troi-sième au faite de la pile; et pour terminer le four-neau , il fend, en deux, plusieurs morceaux de boisdéjà fendus parmi les plus minces, ou quelques ron-dins d’une forme courbée ; il en forme, sur le cônetronqué que représente le fourneau, une sorte d’hé-misphère ou de calote , dont il arrange, les morceauxde bois très-près les uns des autres, et de telle sorteque le fourneau, quidoit avoir alors environ 12 piedsde haut, ait la ligure d’un cône arrondi par le haut,et puisse recevoir uihî couverture.

Lorsqu’on se propose d’allumer le feu par en bas,ce qui est très-peu réfléchi, puisque, dans tous les cas,la cuisson du fourneau se fait de hauten bas , on pro-cède de manière à ménager un canal ou une ouverturedu côté d’où le vent ou le courant d’air aura le moinsd’action. On couche à terre, dans la direction qu’ona choisie, un morceau de bois de 6 à 8 pouces de dia-

(1) On voit que cette disposition , qui consiste à mettre lesplus gros bois dans le centre, diffère de celle décrite parDuhamel, où l’on met les plus gros morceaux entre le cen-tre et la circonférence.