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CHAPITRE II.— Carbonisation en vaisseauxclos.
Depuis une vingtaine d’années, on s’occupe deperfectionner la fabrication du charbon , et déjà ilexiste , à Bercy et à Choisy, près Paris , à Pellerey,
dans le département de la Côte-d’Or , à., près
de la forêt d’Armainvillers, etc., des établissemensconsidérables où les nouveaux procédés sont enusage. Voici l’exposé des méthodes qui sont parve-nues à notre connaissance.
Méthode de M. Brune.
M, Brune,a appliqué, à la conversion du bois encharbon la manière de carboniser le charbon de terre,qui se pratique en Angleterre depuis plusieurs an-nées^ et aujourd’hui en France .
L’avantage de la méthode de M. Brune sur la mé-thode ancienne, est de ne laisser ni filmerons nicendre dans la fabrication.
Suivant l’ancien mode, une corde (2 stères) debois ne rend que deux à trois sacs de charbon, cha-cun de 8 pieds cubes (274décim. cubes) : huit jourssuffisent à peine pour cette confection imparfaite.
D’après le procédé de M. Brune, la corde (2 stèr.)rend jusqu’à six sacs: le feu porté en même temps,et propagé sur tous les points et dans toute la capa-cité du récipient, opère par-tout à-la-fois le mêmeeffet sur la substance par la suffocation , sans qu’ilse trouve ni cendre ni fumerons : trois jours suffi-sent à cette confection. Enfin il réunit l’avantage dela qualité de l’espèce à celui de la quantité ; car, aulieu de cinquante-quatre paniers de charbon , queM. Brune consommait, chaque jour, dans un seulfeu d’afünerie , il 11c lui en fallut plus que quarante-six.
La différence entre l’ancien et le nouveau procédéconsiste principalement et presque uniquement dansun plan de tôle , sur lequel est construit l’appareil,d’où il arrive qu’au moyen de la prop lié té conduc-trice du calorique dont jouit la tôle, la base dufourneau entre en combustion presque instantané-ment, et que la combustion continue graduellementet uniformément jusqu’aux parties supérieures dufourneau.
Dans l’ancien procédé, au contraire, la combus-tion commençant au centre et-se communiquantlentement, le bois qui se trouve dans cette partie,ast brûlé avant même que celui qui se rapproche dela surface du fourneau, et sur-tout celui de la base,soit entré en combustion.
La. méthode des Anglais pour carhoniser le boisqui entre dans la composition de la poudre à canon,consiste à le distiller , pour ainsi dire , dans des cy-lindres de fonte, ou dans des fourneaux construitson plaques do métal, au moyen desquels 011 le dé-- barrasse de l’acide py-ro-ligaeux.
Le bois est entassé par moraeaux d’environ 24 cen-tiro. dans le cylindre, dont l’ouverture sur le devantest fermée, hermétiquement, tandis que l’autne ex-trémité communique, par un tuyau, avec des ton-neaux où on reçoit l’acide généré. Dès que le cylin-
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,dre est rouge, l’acide pyro-ligneux passe dans lacuve , accompagné d’un peu d’hydrogène carboné,qui- s’échappe dans un second tonneau au moyend’un appareil hydropneuinatique. On entretient lefeu sous le cylindre, jùsqu’à ce qu’il ne passe plusd’acide ni de gaz , et le- résidu est- d>u charbon pur.
La méthode ci-dessus employée pour carboniserle bois dont le charbon entre dans 1» composition dela poudre à canon, est à-peu-près celle qui est* enlusage aujourd’hui daus plusieurs établissemens dejla France pour la, carbonisation du bois en grand,ainsique j’ai pu- le remarquer par celui dû ces-éta-blisse raerns que j’ai ou occasion de voir près de- 1»forêt d’Arinainvillers.
Procédé de M. Le Bon.
Il paraît queM. Le Bon est le premier qui se soitoccupé, en France , de la distillation du. bois, et;c’est ce qui a déterminé la Société d’encouragemeflî,à décerner, en 1811 , à la veuve de ce physicien le(prix que cette Société avait proposé sur cet objet.Tn décret, du 9 fructidor an 11, avait accordé à:M. Le Bon une concession de bois'dans la forêt defiouvray, près Rouen , à charge de fabriquer 5 quin-Itaux de goudron par jour, il a été constaté qu’iljavait fait des expériences fort en grand; mais npusin’avons aucune notice sur ses appareils.
Procédé de M. Mollerat.
En l’an 12 (1 8 o 4 ), M. Mollerat a obtenu un bre-vet d’inveuti ni pour la carbonisation du bois en;grand , et il a publié, à cette époque, une notice, oùil donne une idée générale de son appareil , qu’ilnomme charbonnière. Cet appareil donne tout lecharbon que contient le combustible qu’on y carbo-;nise. Plusieurs difficultés se présentaient: il fallait,
1 °. n’employer que peu de combustible pour échaufferle vase; 2°. conserver la qualité désirable au char-bon; 3 °. n’avoir à faire qu’une Construction simple|et peu dispendieuse ; 4°- rendre cette constructionsolide et ses réparations faciles ; 5 °. mettre l’usagede la machine à la portée de l’intelligence la pluscommune; 6°. la disposer de manière à pouvoirre-f cueillir lés substances vaporisées par la distillation.
M. Mollerat indique successivement^dans su no-tice , les moyens qu’il a employés pour vaincre cesdifficultés; mais comme il a dû, pour s’assurer lesbénéfices de son brevet d'invention, se borner à don-ner une idée générale de son appareil, et conserverles- plans qui en font connaître plus positivement lesmatériaux, les formes et les dimensions, on sentque cette notice serait ici sans utilité.
Dans une notice postérieure , M. Mollerat a faitconnaître que, par l’appareil de son invention qu’ilavait établi à Saint-Hubert, près Rambouillet, ilavait obtenu,"d’une quantité donnée de bois :
i°. Deux tiers en sus du charbon que fournit laméthode ordinaire ;
2°. Des acides propres à la teinture /
3°. 7Jit goudron pour le service de la marine .
D’après son exposé , le cinquième de la quantité
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