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Tome premier.
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La principale charte ancienne est celle du roiLouis X , du 19 mars i 3 j 5 , appelée charte normande,ou la charte aux Normands. C’est un titre qui con-tient plusieurs privilèges et concessions accordés auxhabitans de Normandie : elle a été confirmée parlesrois Jean,Philippe \ I, Charles VI et VII; par LouisXI en 1461 , et par Henri III en 1679. Elle fixe lenombre et la quantité des bois dont les possesseursde ceux sujets au droit de tiers et danger peuventuser. V. sa citation dans l’article 55 de l’ordonnancede i 5 i 5 , et dans l’article 5 du titre XXIII de l’or-donnance de 1669. V. aussi Mort-bois.

CH ARRETIERS.Lesgrands-mai très avaient pleinpouvoir de faire le procès en dernier ressort aux char-retiers employés au transport des bois provenant desforêts du Roi, pour les délits qu’ils y avaient commis.

Ils ne peuvent laisser paître leurs bestiaux dansles ventes. ( Cah. des ch ., art. 78. )

V., pour la manière de poursuivre les charretiersqui commettent des délits dans les bois qui bordentles routes , une Circulaire du "h pluviôse an 6 — a2janvier 1798.

CHARTREUX Par privilège spécial, les char-treux avaient, depuistrès-long-temps, la liberté d’u-ser de leurs bois en bous pères de famille, sans êtret en usd’observer aucune des formalités prescrites pourla conservation et la coupe des bois des autres gensde main-morte. V. les Arrêts du Conseil des 5 juillet1717, et 2 février 1734.

CHASSERETS. V. Cerches.

CHASSE. Action de chasser, de poursuivre lesanimaux sauvages. V. ce mot dans le Dictionn. desChasses , et dans le présent dictionnaire, le motDélit .

CHATAIGNE , fruit du châtaignier, castanea ,nux castanea.

CHATAIGNERAIE , castanetum. Lieu planté dechâtaigniers.

CHATAIGNIER, castanea. Genre d’arbre de lamonoécie polyandrie et de la famille des amentacées.

Dénomination. —Il se nomme en latin castanea , enprovençal castagnier , en allemand kastanien-baum ,en anglais chesnut, en russe keschton, en italien cas-tagna , en espagnol castana, Q castano , en portugaiscastanhos. Le nom de castanea que l’on donne auxfruits, vient de Castane , ville de la Pouille , d’oùil fut apporté à Rome .

Histoire. — Le châtaignier habite la France et unetrès-grande partie de l’Europe . Théophraste nousap-prend qu’on en trouvait beaucoup sur le mont Olym-pe . Rellon, durant son voyage en Orient, l’a observésur les montagnes de la Macédoine . M. Olivier ena vu une torêt à Buyuk-Deré, sur les bords de lanier Noire.

Les Romains tirèrent leurs premières châtaignesde Castane ; ce qui leur fit donner le nom de noixi astanéiques.

Ipie ego cana legam tenerâ lanugine mala,Castaneasque nuces, mea quas Amaryllis amabat.

Je t’offre îles pommes <!e coin couvertes il’unléger iluret, et des châtaignes que mon Amaryllisaimait. Y ihg. , -Eglog. a.

Les anciens auteurs nous apprennent queles meil-

leures châtaignes portaient le nom de lalani , et quecelles recueillies sur le mont Ida étaient surnom-mées leucena. Pline leur donne le nom de populareset de coctivas , parce que la populace de Rome s’ennourrissait. C’est le fruit dont Virgile a parlé danssa première églogue , lorsque Tityre, invitant Mé-libçe à passer la nuit sous son toît rustique, lui dit:

.. Surit nobis mitia poma,

Caslanece molles, et pressi copia lactis.

J’ai des fruits mftrs, des châtaignes miles er dulaitage en abondance.

Il dit aussi dans son second livre des Géorgiques , quele châtaignier se multiplie de semence :

Pars autem ( arborum)posito surgunt de sernine , ut altos

Castanece.

Voici la traduction de ce que Pline dit des châ-taignes : a Sous le nom générique de noix, nous com-prenons aussi les châtaignes; cependant elles appro-chent davantage du genre des glands, si ce n’estqu’elles sont défendues en tout sens par un manteaupiquant, à la différence des glands, qui n’ont qu’unmantelet piquant et fort court. Il estsurprenant qu’onestime si peu un fruit que la nature a pris tant desoin à mettre à couvert d’insulte. On trouve quelque-fois jusqu’à trois châtaignes dans une seule envelop-pe. La première peau de ce iruit est flexible: la se-conde ou intérieure leur communique, sous la dent,un mauvais goût ; ce qu’on remarque aussi dans lanoix : aussi a-t-on soin d’ôter cette seconde tunique.Les châtaignes sont un meilleur manger étant rôties,que cuites de toute autre manière. On réduit aussiles châtaignes en farine pour substituer, dans lestemps de disette, un pain factice à un pain réel. Lespremières châtaignes sont originaires de Sardes ;c’est pourquoi les Grecs leur donnent le nom deglands sardiens : Sardibus eœ provenêre primùm :ideo apud Grœcos sardianos balanos appellant.Ensuite ils honorèrent du titre de glands de Jupitercelles que la culture avait perfectionnées. Parmiles diverses sortes de châtaignes connues de nos jours,on compte celles de Tarente, qui sont plates, et quise digèrent facilement; celles qu’on appelle balanites,c’est-à-dire glandiformes , qui sont plus rondes ,qu’on dépouille facilement de leur enveloppe, et quien sortent d’elles-mêmes ; les salariennes , qui ontune figure plate, et qui sont pareillement faciles àdépouiller; celles de Tarente, dont l’enveloppe estplus rebelle ; les corelliennes, qui sont singulière-ment estimées ; les étéréiennes qui ont été grefféessur les corelliennes. Les étéréiennes ont une écorcerouge qui les fait préférer aux châtaignes triangu-laires et aux châtaignes communes et noires , qu’onappelle châtaignes à bouillir. Les meilleures de tou-tes les châtaignes viennent de Tarente et de Naples :Patria laudatissimis Tarentum et in CampaniaNeapolis. »

Martial fait mention des châtaignes napolitainesdans ces vers , liv. 5 , épig. 79 :

Et quas docti Neapolis creavitLento castaneie vapore tostœ.

Cet te contrée, ainsi que la Sicile , possède encore beau-