Band 
Tome premier.
Seite
632
JPEG-Download
 

632

CHE

ce fait. La chaleur de l’atmosphère pénètre plus fa-cilement les terrains maigres et légers, que ceux quiont quelque consistance : elle excite dès-lors uneplus grande activité dans la sève des souches, et laforce ainsi à une production plus rapide et plus con-sidérable que dans les terrains substantiels, où la cha-leur a moins d’énergie; mais cette sève, qui, à raisonde son accumulation dans la souche et les racines,était suffisante pour fournir les premières pousses,s’épuise bientôt ; et comme un sol maigre ne peuten réparer la perte dans la proportion de la consom-mation qui s’en est faite d’abord , il arrive alors queles pousses ralentissent leur accroissement, tandisijue dans les bons terrains qui leur fournissent unaliment continuel, elles augmentent dans une pro-gression toujours croissante. Cette opinion se fortifiepar la considération de ce qui se passe dans les boissoumis au sartage après leur exploitation. Le feuqui a échauffé et divisé la terre, et qui en a dissipéla trop grande humidité, donne lieu à une repousseordinairement vigoureuse dans les premières an-nées, lorsque, bien entendu, cette dangereuse mé-thode n’a pas endommagé les souches : c’est donc àla chaleur plus considérable du sol, ou à la facultéqu’il a de se pénétrer plus vite des influences atmo-sphériques, que l’on doit attribuer celte première vi-gueur du recru dans les mauvais terrains. Les cul-tures agraires présentent quelque chose de sem-blable. Dans les terrains maigres, dans les sables,par exemple, on remarque, au printemps, une végé-tation ordinairement forte, parce que le sol, qui con-tient encore de l’humidité de l’hiver, et qui éprouved’une manière plus sensible les effets dos premièreschaleurs, fait de suite le plus grand effort dont ilsoit capable ; mais les chaleurs, augmentant, lui en-lèvent son humidité , et en même temps scs facultésproductives.

M. de Pertlmis a encore observé que dans lesmauvais fonds, où la végétation se ralentit toujoursaprès les deux ou trois premières années, la pousseannuelle du recru ne présente quelquefois à dix anspas plus d’un pouce de longueur; qu’à vingt ans,elle n’est plus que de la longueur du bourgeon ,niais que la tige grossit tant qu’il lui reste des bran-ches vertes en dessous, et même lorsque toute lacime est couronnée. Quoi qu’il en soit, le précepted’exploiter à des âges d’autant plus rapprochés quele terrain sera de plus faible qualité, demeure tou-jours constant.

Nous avons déjà rapporté , dans le cours de cetouvrage, les inconvéniens que présentent, pour lerecru, les arbres de réserve long-temps conservés surles taillis aménagés de dix à vingt ans, inconvéniensqui proviennent de ce que ces arbres prennent, dansce cas, beaucoup de tête et peu de hauteur, tandisque dans les taillis aménagés à un plus long termeles baliveaux ont une hauteur beaucoup plus consi-dérable, et n’ont presque point de largeur de tête :d’où il suit que dans les mauvais terrains, où lestaillis se coupent à des époques rapprochées, il nefaut pas conserver long-temps les baliveaux qu’on aréservés; tandis que dans les autres, ils sont moinsnuisibles au recru, et présentent bien plus de res-sources pour les constructions.

CHE

M. Hartig conseille, pour les taillis de chêne amé-nagés à trente ou quarante ans, de laisser par hec-tare de 80 à 100 baliveaux de l’âge, choisis parmiles plus beaux brins et espacés à une égale distance ;et if veut qu’à la révolution suivante on coupe toutesces réserves, qui alors ont- de soixante à quatre-vingts ans. Cette méthode est fort bonne quand onn’a pas besoin de plus forts bois de construction;mais comme nos meilleures ressources en bois demarine sont fondées sur les réserves faites dans lestaillis que l’on coupe à trente et quarante ans, il fautsuivre les dispositions de l’ordonnance en ce qu’ellesprescrivent de n’abattre que les futaies dépérissanteset celles qui offusquent le taillis.

Le bois provenant des chênes réservés sur lestaillis qu’on exploite de dix à vingt ans est fort dur,parce que l’arbre a joui de l’nir et du soleil presquesans interruption. Celui des chênes abattus dans lestaillis dont l’aménagement est plus prolongé, oudans les futaies, est moins dur; mais il a l’avantaged’une plus grande élasticité.

Les haies de chêne qui se trouvent en grand nom-bre dans la Bretagne , dans la Normandie et dans laBelgique , et qui sont surmontées par quantité d’ar-bres réservés, fournissent, ainsi que les bouquetsde bois et bocages, des courbes d’un bois d’unogrande densité; mais pour multiplier le chêne decette manière, il faut le semer et non le planter,parce qu’il résiste bien mieux aux vents dans les en-droits à découvert.

Nous avons dit que le chêne était la première es-sence pour les taillis et pour les futaies; cependantil est exposé à des accidens qui altèrent sa végétationet la qualité de son bois : tels sont les gelées, lesvents, les givres et son grand âge. On peut prévenirune partie de ces accidens par des exploitations di-rigées , comme nous l’avons dit dans plusieursarticles, par un bon choix de baliveaux, et dontle nombre et l’ampleur n’entretiennent pas tropd’humidité, par des fossés d’assainissement, et encoupant les bois à un âge convenable. Un excel-lent moyen de prévenir les effets des vents , de favo-riser le repeuplement et d’obtenir beaucoup de boiscourbes, serait de faire des coupes étroites, alternéeset dirigées de manière à ce que les coupes restantesformassent des abris, sur-tout du côté de l’ouest etdu nord, à celles qui seraient exploitées. Ce moyen,que j’ai déjà conseillé, dans la vue de favoriser laproduction des bois courbes , se pratique dans lespays où l’on redoute les effets des grands vents; ilest particulièrement suivi en Allemagne pour lesforêts d’épicéas, et en llussie pour toute espèce debois. On laisse inlacte la première coupe ou divisionde la forêt du côté du vent, et on exploite la secondedivision. L’ânnée suivante, on saute la troisième di-vision pour couper la quatrième, et ainsi de suite,en laissant toujours intacte une coupe entre deux di-visions exploitées; après quoi, on revient exploiterdans le même ordre les coupes réservées. J’ai la cer-titude que cetle méthode pratiquée en Russie , y pro-duit les meilleurs effets , et dispense de tous frais derepeuplement quand les coupes sont étroites.

De V écorce ment des taillis de chêne et de la ma -