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ii ti trou dont l’ouverture est à la surface de l’écorce,avertit qu’il y a un insecte qui hache les fibre^in-térieures. Entre les chenilles qui vivent de bois, ily en a à qui les bois de différentes espèces d’arbresconviennent, comme entre celles qui mangent desteuilles de plantes différentes.
Ces insectes se conservent pendant l’hiver de qua-tre manières très - différentes : par les œufs, pourijuelques espèces, et pour d’autres sous forme dechenilles, ou de chysalides , ou de papillons.
Les œufs destinés à résister aux rigueurs de l’hi-ver sont pourvus d’une coque faite de manière à ga-rantir l’embryon des intempéries, et placés dans desendroits convenables à cette fin. Les chenilles qu’ilsproduisent, au retour de la chaleur, vivent souscette forme une partie de l’été.
D’autres chenilles, échappées des œufs vers l’au-tomne , se nourrissent de feuilles jusqu’à l’hiver,où elles se retirent ; savoir, les chenilles solitaires,sous des pierres, entre l’écorce des vieux arbres abat-tus ou dans le sein de la terre; et les chenilles quivivent en société, dans des nids qu’elles forment deplusieurs feuilles liées ensemble avec de la soie , etqu’elles attachent au haut des arbres. Les unes etles autres quittent leur asile au printemps pour serépandre sur les nouvelles feuilles , où l’on estétonné d’en voir alors de si grandes et de si avan-cées , parce qu’on ne réfléchit pas qu’elles avaientdéjà, pris line partie de leur accroissement dans l’au-tomne précédent.
Les chenilles qui passent l’hiver sous la forme dechrysalides sont les plus nombreuses : c’est vers lafin de l’été ou dans l’automne qu’elles cessent demanger et se préparent à la transformation. Ungrand nombre de ces chenilles entrent alors dans laterre pour y prendre la forme de chrysalides ; d’au-tres se retirentdans les trous de vieux murs ou desarbres, sous des pierres, ou se font des coques desoie ou d’autres matières, qui garantissent les chrysa-lides contre les dangers de l’hiver. Il y en a quin’ont pas besoin d’être à couvert.
Parmi les chenilles qui vivent en société, il fautplacer la chenille commune , qui est si connue par sesdégâts, et qui est de grandeur médiocre et velue, àseize pattes, et de couleur brune. La femelle du bom-bix, à qui elle appartient, dépose ses œufs sur unefeuille vers le milieu de l’été, et les enveloppe d’uneespèce de soie jaune. De chacun de ces œufs , dontle nombre est d’environ trois ou quatre cents , sort,au bout de quelques jours , une petite chenille , quibientôt est succédée par d’autres. Loin de se disper-ser sur les feuilles voisines, toutes demeurent ras-semblées sur la même feuille qui lésa vues naître. Apeine sont-elles écloses, qu’elles se mettent à man-ger et à filer de concert. Elles se construisent un nidpour leur retraite pendant la nuit, pendant le mau-vais temps , et sur-tout pendant l’hiver. On ne voitque trop de ces nids sur les arbres fruitiers en au-tomne , et encore mieux en hiver. A mesure que lesjeunes chenilles prennent leur accroissement, ellesétendqnt leur logement par de nouvelles couches defeuilles et de soie. Elles se répandent au printempssur lès nouvelles feuilles, et après avoir changé depeau plusieurs fois , le temps de leur dispersion ar-
rive; chaque chenille tire de son côté , et va passerle reste de sa vie dans la solitude.
Les forêts de pin nourrissent des chenilles d’uneautre espèce, qui passent une grande partie de leurvie en société et qui forment leur nid de soie forte etblauclie , et lui donnent successivement un tel dé-veloppement, qu’il est quelquefois plus gros que latête d’un homme. Ces chenilles , de grandeur mé-diocre, à seize pattes , et dont la peau est noire endessus et très-velue en dessous, se retirent dans leurnid pendant la nuit, et en sortent dès qu’il fait jour,pour se répandre sur l’arbre et en ronger les feuilles.Elles marchent en procession à la file et dans le plusbel ordre, tantôt en ligne droite, tantôt en lignecourbe. Elles s’éloignent souvent à d’assez grandesdistances de leur nid, formant alors des lignes fortlongues. Tandis qu’une procession suit la mêmeligne droite, d’autres processions se détournent endifférens sens : les unes montent, les autres descen-dent. Tous les chemins qui aboutissent à leur nidsont couverts de fils de soie, et forment des tracesd’un blanc lustré de ?. à 3 lignes de largeur. Lorsqueces chenilles ont pris leur accroissement, et que letemps de leur métamorphose approche , elles aban-donnent leurs nids, se séparent et vont se construiredans la terre des coques de pure soie. On doit seméfier des poils de ces clieniflcs. V., au mot Insecte ,la description, et à l’ Atlas , les figures de plusieursespèces de chenilles qui vivent sur les pins et leurfont tant de mal.
La chenille à livrée , ainsi nommée à cause desbandes longitudinales de diverses couleurs qui pa-rent son corps , est très-commune dans les jardinset les vergers , où elle cause de grands dégâts. Il estdifficile de détruire les couvées de ces insectes, parceque l’industrie des femelles les dérobe souvent ànos yeux. La femelle du bombix , auquel appartientcette chenille, dépose ses œufs autour des jeunesbranches d’arbre, et les arrange en forme de spi-rale, quelquefois au nombre de deux à trois cents;au retour du printemps, tous ces œufs éclosent, etil en sort des chenilles qui vivent en société pen-dant leur enfance, et qui filent ensemble une toilequi leur sert de tente, et sous laquelle elles font en-trer des feuilles pour leur nourriture : ce sont aussides chenilles processionnaires . A mesure qu’ellesprennent leur accroissement, elles se dispersent pouraller filer leur coque solitaire.
De toutes les républiques de chenilles , les plusnombreuses sont celles d’une espèce qui v.t ordinai-rement sur le chêne , et qui a été nommée particuliè-rement processionnaire ou évolutionnaire. Elle estde grandeur médiocre , de couleur presque noiresur le dos , avec seize pattes, et couverte de poilstrès-blancs et presque aussi longs que le corps ; cha-que couvée compose une famille de sept à huitcentsindividus. Tant que ces chenilles sont jeunes, ellesn’ont point d’établissement fixe; les différentes fa-milles campent tantôt dans un endroit, tantôt dansun autre , sur le même arbre où elles sont nées ;elles filent ensemble, pour former des nids qui leurservent d’asile. A mesure qu’elles changent de peau,elles quittent leur ancien établissement pour en allerformer un autre ailleurs. Quand elles sont parvenues