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au terme de leur accroissement, l’habitation qu’elleschoisissent alors est fixe. Malgré le grand volumedes nids qu’elles forment, au nombre quelquefoisde trois ou quatre sur le même chêne , et quoiqu’ilssoient attachés à une tige nue et à hauteur d’yeux,on ne les aperçoit que quand on cherche à les voir :autrement on les confond avec les tubérosités , lesbosses de l’arbre même. La soie qui les couvre de-vient d’un blanc grisâtre, qui n’imite pas mal lacouleur des lichens, dont les tiges de chêne sont or-dinairement couvertes. Il est rare d’en trouver dansle milieu des forêts : c’est ordinairement sur lesgrands chênes et sur les lisières qu’on rencontre cessortes de républiques. Quand ces insectes quittentleur logement pour aller s’établir ailleurs, leurmarche présente le même ordre que pour les che-nilles du pin, dont nous avons parlé, et souventelles forment une infinité d’évolutions tout-à-faitsingulières et de figures différentes, toujours sousla conduite d’une seule chenille : il y a quelquefoisdes rangs de quinze à vingt chenilles. C’est pendantla nuit qu’elles se promènent et qu’elles rongent lesfeuilles; pendant le jour, et sur-tout quand il faitchaud, elles se tiennent ordinairement en repos dansleurs nids. Enfin, elles contruisent le nid qui doitleur servir de dernière retraite; elles y changent en-core une fois de peau, et ensuite chacune doit s’y filerune coque particulière, pour y prendre la forme dechrysalide. Quand on veut détruire ou simplementexaminer les nids de la chenille processionnaire , ilfaut les toucher ou même les observeravec beaucoupde précaution, à cause des démangeaisons violentes,suivies d’enflure qu’ils sont capables de produire ;l’air même qui les environne peut être rempli de lapoussière des poils de ces chenilles , et il suffitquelquefois de se reposer au pied d’un chêne où ellessont établies , pour éprouver bientôt des démangeai-sons très-incommodes.
11 y a des chenilles qu’on trouve souvent en grandnombre sur le même arbre, sur la même plante, quel’on doit regarder comme solitaires , parce qu’ellesne font point d’ouvrage en commun: telles sont leschenilles dont le marronnier d’Inde est quelquefoistout couvert, celles qui mangent les choux, etc.;mais il y en a qui sont bien plus solitaires ; elles sefont successivement plusieurs habitations, où elles setiennent renfermées, sans se mettre à portée de com-muniquer avec les autres tant qu’elles sont chenilles.C’est dans cette grande solitude que vivent presquetoutes celles qui plient ou qui roulent des feuillespour s’y loger, et toutes celles qui lient ensembleplusieurs feuilles pour les réunir dans un paquet,vers le centre duquel elles se tiennent. Nos arbresfruitiers et forestiers, même de simples plantes,mettent, chaque jour, sous nos yeux des feuilles quisont ou simplement courbées, ou pliées en deux, ouroulées plusieurs fois sur elles-mêmes, ou ramasséesplusieurs ensemble en un paquet informe, états danslesquels elles sont tenues par un grand nombre defils. Les feuilles de chêne, vers le milieu du prin-temps, en présentent qui sont pliées et roulées dedifférentes manières et avec une régularité éton-,nante. Les moyens qu’elles emploient pour exécuterce travail sont admirables ; mais nous sommes forcés,
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pour ne point allonger cet article , de les passersous silence , ainsi que bien d’autres détails intéres-sans , que le lecteur trouvera dans les ouvrages spé-ciaux , et particulièrement dans le Dictionnaired’histoire naturelle, à l’article Chenille , rédigé parM. Olivier, article dont nous ne faisons guère queprésenter une brève analyse.
Les chenilles sociétaires sont plus aisées à décou-vrir que les chenilles solitaires , qui, outre que leurhabitation et leur petitesse donnent moins de prise àla vue, vivent, pour la plu part, dans l’intérieur mêmedes différentes parties des arbres et des plantes, secreusant dans les branches ou dans les tiges un longtuyau , qui est couvert par l’écorce ou par une lé-gère couche de bois.
La mue et la transformation des chenilles sontdes faits très-remarquables, et qui sont communsà toutes les chenilles, et même à tous les insectes.La plupart des chenilles ne changent que trois ouquatre fois de peau avant de se transformer en chry-salides ; mais il en est qui en changent jusqu’à huitet même neuf fois : ce sont ces mues qu’on nommemaladies dans le ver à soie. On pense que les in-sectes , pour se dépouiller ainsi, doivent être revê-tus d’autant de peaux les unes sur les autres qu’ilssont destinés à subir de mues.
Après avoir pris tout son accroissement et avoirpassé par toutes les révolutions périodiques, la che-nille a encore un dernier vêtement, dont elle doitse dépouiller pour paraître sous une autre forme,celle de chrysalide. Lorsque le temps de la méta-morphose approche, les chenilles quittent souventles plantes on les arbres sur lesquels elles ont vécu :quelques espèces , comme le ver à soie , se filent descoques de soie, où elles se renferment pour subirleur transformation ; d’autres s’en fabriquent de terreet de soie, ou de terre seulement, ou d’autres ma-tières ; d’autres vont sa cacher sous terre , ou dansdes trous de mur, dans des creux d’arbre, entre despaquets de feuilles , etc., et c’est là qu’elles quittentleur forme de chenilles, etque les chrysalides restenttranquilles jusqu’à ce qu’elles soient prêtes à paraîtreavec des aiies.
Les chenilles ont un grand nombre d’ennemis ;les oiseaux leur font continuellement la guerre ;elles sont un mets friand pour le rossignol, la fau-vette, le pinson , etc. : le moineau sur-tout en dé-truit lin très-grand nombre pendant ses nichées; leslézards, les grenouilles en font aussi leur proie.Dans sa propre espèce , la chenille a des ennemisacharnés à sa perte : on a découvert deux espècesqui s’entremangent. Les chenilles ont encore d’au-tres ennemis extérieurs, tels que la punaise des bois,la guêpe et sur-tout la larve d’un carabe. Il y a deslarves qui se tiennent sur le corps des chenilles,qu’elles percent pour le sucer; d’autres sont cachéesdans l’intérieur même; enfin, il y a des insectes quiattachent leurs œufs sur la peau des chenilles ouïesdéposent dans leur corps, et même dans les œufsdes papillons , de sorte qu’il y a des insectes quimangent les chenilles avant qu’elles soient nées.
Mais les plus grands moyens que la nature emploiepour empêcher l’excessive multiplication des che-nilles sont les fortes gelées de l’hiver, sur - tout les