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Tome premier.
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DUN

Ces amoncellemens de sables sont ordinairementplacés sur les parties latérales des golfes et des culs-de-sac , dort louverture se trouve en face des cou-rans, qui viennent sy engouffrer, et qui rejettent surles côtes les débris quils ont détachés, et les sablesquils ont amenés avec eux.

Il existe des dunes très-considérables dans plu-sieurs pays, en France , en Hollande, en Angleterre,en Prusse, en Danemarck , sur les côtes de laZélande , etc.

Les plus remarquables, en France , sont celles quiexistent entre Dunkerque et Nieuport, entre Calais et Boulogne, et entre lAdour et la Gironde .

Indépendamment des dunes formées par le mou-vement des eaux de la mer , il existe des amas desables considérables dans lintérieur des terres , etqui sont également le jouet des vents.

Des essais nombreux avaient été faits pour fixeret fertiliser ces masses de sables , qui portent la des-truction dans tous les pays quelles envahissent, etqui les changent en déserts stériles , et ce nest quedans ces derniers temps quon est parvenu , dansquelques localités, à se rendre maître de ces affreuxclébordemens.

Voici les moyens mis en usage dans le golfe deGascogne pour fixer les dunes delà mer.

Les travaux pour la fixation et lensemencementdes dunes de Gascogne, furent commencés en 1789,repris en 1790, et totalement abondonnés en 1798,et ce ne fut que lan 9 ( 1800 ), que le gouverne-ment prit les mesures qui pouvaient conduire à degrands résultats. Il y fut excité par un mémoire in-téressant que publia M. Brémontier. LAdministra-tion des forêts fut appelée à lexécution de ce tra-vail, qui na cessé,depuis, de prendre une extensiondigne de son objet et du zèle des fonctionnaires quiy ont présidé.

Le mémoire de M. Brémontier, quoique rédigédepuis plus de trente ans , ne peut manquer dinté-resser un grand nombre de lecteurs, et sur-tout ceuxqui habitent les bords de la mer.

Ce mémoire traite de la description des dunes ,de leur marche et de leurs effets , des causes quiconcourent à leur formation, des conjectures sur laformation des dunes de Gascogne , des moyens deles fixer, des dépenses à faire pour cet effet, et desavantages qui en doivent résulter.

« Les dunes, dit lauteur, sont des montagnesou monticules de sables que la mer rejette, et quelon trouve presque par-toutsur ses bords. Ces sables,de, différente nature, tiennent nécessairement decelle des diverses matières dont ils sont formés. Onen trouve qui sont purement calcaires sur quelquescôtes de la Normandie ; ils sont mélangés sur cellesde Bretagne et de Saintonge, et généralement quart-zeux, entre lembouchure de la Gironde et celle delAdour.

» Les dunes de cette dernière partie du golfe deGascogne exn brassent un espace de j 5 lieues carrées,ou de 3 oo milles de superficie. Cette immense sur-face, qui pourrait ètrecomparée à celle dune mer enfureur, dont les flots élevés seraient subitementfixés dans le fort dune tempête, noffre aux yeuxquune blancheur qui les blesse , une perspective

Tome I.

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monotone , un terrain montueux et nu, enfin undésert effrayant.

» Ces dunes sont plus ou moins élevées, et plusou moins avancées dans les terres, suivant les cir-constances qui ont concouru à leur formation , etqui en ont retardé ou accéléré la marche, telles quela violence et la direction des vents, la pente plusou moins rapide du lit de la mer, du rivage et duterrain quelles ont envahi, et les différena obstaclesquelles rencontrent.

» La longueur de lespace quelles occupent nestquelquefois que dun mille, et quelquefois de 4 ou5 et plus ; et leur hauteur, réduite quelquefois à 12pieds , est le plus souvent de 60 à i 5 o, et même da-vantage. Elles ne couvrent pas toujours cette vasteétendue: tantôt isolées ou contiguës, tantôt les unessur les autres, elles sont encore divisées par chaînes,entre lesquelles il se trouve des vallons peu larges,dune longueur souvent de plusieurs milles, sans in-terruption.

» Les dunes restent rarement dans le même état,leur sommet sélève ou sabaisse ; elles se réunissentou se séparent; de nouveaux vallons se forment etdautres se remplissent ; et tous ces changemens ouce désordre sont leffet des vents, dont elles semblent-le jouet.

» Toute cette masse énorme marche tout-à-Ia-fois , et elle enterre insensiblement des champs cul-tivés, des établissemens précieux, des villages, desclochers, des forêts entières, et enfin tout ce quise trouve à sa rencontre, mais sans rien détruire, et,pour ainsi dire, sans rien offenser; les feuilles mêmedes arbres changent à peine de position ; et leursommet est encore quelquefois vert au momentils sont sur le point de disparaître.

33 Cet effet, qui doit sembler extraordinaire, estcependant très-naturel. Si lon faisait tomber parun trou de sablier dont on se sert pour mesurer letemps , du sable aussi fin que celui des dunes , sui-tes plantes les plus délicates, et jusquà ce quellesen fussent surmontées, elles nen seraient pas sensi-blement endommagées : le sable 11e tasse presqueioint en tombant, pour ainsi dire, grain à grain sures plantes; chacune de leurs parties serait soutenueau moment elle serait sur le point den être re-couverte, Cest à-peu-près de cette manière que lesdunes encombrent tout ce qui se trouve sur leurchemin.

33 Comme ces montagnes ne font que passer , onvoit reparaître successivement sur le terrain quellesabandonnent, tout ce quelles y avaient enseveli ;mais les plantes et les bois tombent en pourrituredès quils commencent à recevoir limpression delair, et lon 11e trouve dintacts et de bien conservésque les murs des maisons ou de quelques édifices ,quand toutefois, avant leur submersion, on 11e lesa pas démolis, ainsi quil est dusage.

33 Comme les vents sont lunique mobile de cessables; comme ce mobile agit irrégulièrement etinégalement en tous sens, il doit produire des irré-gularités dans la composition des dunes , dans leurt'orme et dans leur marche. Chacun des grains desable dont elles sont composées, nest pas assezgros pour résister aux vents dune certaine force,

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