So MENUISIER , 1. Pan. Chap. V.
u .. . .. . . tendre & mince. Les Menuisiers en chaises refendent seuls, mais ils ont de
Planche plus petites scies que les autres, ainsi que je le dirai en son lieu.
X H' La scie à débiter est composée, ainsi que toutes les autres, de deux bras,
d un sommier, ou montant , d un fer de scie, d une corde Sc d un garrot. {Fig.
3$ 4 )-
La hauteur est d’environ deux pieds Sc demi ; son fer doit être un peu épais,ses dents larges de trois lignes, le plus inclinées possible, avec beaucoup de voie,asin qu elle pasie aisément dans toutes sortes de bois. En général les monturesde toutes les soies doivent être très-légeres, afin de les rendre plus commodes ;les sommiers se font de sapin, parce que ce bois est léger, plus roide, Sc moinssujet à se courber que tout autre : les bras se font ordinairement de bois defrêne très-sec ,asin qu’ilsne se courbent pas facilement: ils doivent être pres-que droits par desius, à fexception de l’entaiile que l’on fait à leurs extrémitéspour arrêter la corde ; on doit les faire peu épais, mais larges , parce que touti’estòrt se fait sur ce sens. La lame ou fer de la soie, y est placée ordinairementdans une entaille faite au milieu de leur épaisseur, laquelle a de profondeurla largeur de la lame, moins cinq à six lignes qu’il faut qu elle les désaffleure,Sc on i’arrête avec un clou rivé qui passe au travers du bras Sc de la lame : ceclou doit être placé dans le tiers de íà largeur , afin qu elle roidisse mieux,& le plus haut possible , c'est-à-dire , vers íon extrémité, pour que le bras aitplus de force , Sc qu’ii soit moins exposé à se fendre. {Fig. io).
Il est encore une autre maniéré de placer la lame de scie , qui est d’y mettredes étriers, qui sont des morceaux de tôle ou de fer plat que l’on reploye endouble, en forme de t, Sc que l’on attache à ces deux extrémités avec unseul clou de la même maniéré que ci-devant ; ensuite de quoi on les fait entrerdans l’entaiile des bras, que l’on a foin de tenir assez épaisse pour les conte-nir: cette derniere maniéré est très-bonne, parce que les étriers prenant pardesius les bras, font jouir de toute leur force fans qu ils soient exposés à sefendre , Sc on ne met qu’un clou pour arrêter la lame à chaque bout, parceque s’il y en avoit deux, ils fempêcheroient de se tendre également. ( Fig.ii & iz ).
Les sommiers s’assemblent dans les bras en enfourchement de deux ma-niérés. La premiere , & la plus ordinaire, est d’y ralonger une barbe en pented’environ quatre à cinq lignes d’après son arrazement, lequel doit être égalà la distance qu’il y a entre les deux bras, lorfqu’ils font assemblés avec lalame, dans laquelle on fait un enfourchement d’environ le tiers de son épaisseur , en observant que le côté le plus long regarde toujours la lame. {Fig. q).
L’autre maniéré est de ralonger une barbe au sommier dont la longueurégalera la moitié de sa largeur, & qu’on arrondit en forme de demi-cercle, Scoù l’on fait un enfourchement : ces deux maniérés font également bonnes, maisla premiere est la plus facile Sc la plus usitée. ( Fig. 5).
Pour