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Première partie.
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Traité de la Conjlruction des Théâtres , SCc. ï. Part.'

Romains ces monuments ont quelquefois étéappelles V^isorium ou Lieu dans lequel onvient voir quelque chose. Cependant les Jeuxde Théâtres ne satisfont pas seulement le sensde la vue, mais encore celui de Fouie , &souvent plutôt ce dernier que Fautre. Quoiqu’ilen soit, chez les Anciens , soit Grecs ou Ro-mains , le nom de Théâtre a été généralementappliqué à tous les Edifices du même genre,cest-à-dire, dans lesquels on représentoít desTragédies , des Comédies, des Pantomimes ,&c.

Chez les Grecs 8 c les Romains, le Théâtreétoit un édifice vaste, solidement construit,£c disposé de maniéré à pouvoir contenir ceuxqui donnoient des représentations (c’est-à-dire les Acteurs ) & ceux qui y assistoient ,quiétoient toujours en grand nombre, comme10,20 ou 3 o mille personnes.

Chez les .Modernes, ces édifices ont tou-jours été moins considérables, 8 c on n’a donnéle nom de Théâtre qu’à la partie ou se placentíes Acteurs : le reste de l’édifice fut nomméSalle de Comédie , d*Opéra , Òcc.

Chez les Grecs, les Théâtres, quoique par-ticulièrement destinés aux Jeux Scèniques,fer voient encore aux assemblées du Peuple,

pour y "délibérer aes iurau^o __

étoit d’autant plus naturel, que tous les Etatsqui compostaient la Grece, étoient autant deDémocraties : il falloit bien que cesPeuples-Rois eussent un lieu commode pour tenirleurs assemblées, & où ils pussent entendredistinctement ( du moins pour la plupart )les objets qui s’y distcutoient : ce n’est pascependant que leurs Théâtres ayent été con-struits à ce dessein ; mais il est à présumerque, lorsqu’ils ont été en usage, on n’a pascru pouvoir trouver de lieu plus commodepour tenir les assemblées du Peuple. Chez lesRomains les Théâtres n’ont servi qu à leurvéritable destination, c’est-à-dire, à la repré-sentation des Tragédies ou des Comédies ,les assemblées du Peuple se tenant dans laplace publique ou au champ de Mars. AuxJeux Scèniques ils joignirent ceux du Cirquequ’ils avoit reçus auísi des Grecs , & ceux de1 Amphitéatre , qui étoient inconnus à cesderniers, qui n’en firent gueres usage qu’aprèsavoir été assujettis aux Romains {i ).

Quoique ces deux dernieres efpeces deSpectacles soient absolument étrangères àl’ob j et de cet Ouvrage, p ai cru cependant en

devoir donner ici une idée, afin qué ceuxde mes Lecteurs qui ne les connoissent pas,ne les confondent pas avec les Théâtres pro-prement dits.

On nommoit Cirque un vaste espace beau- £,Ecoup plus long que large , garni de siègesou gradins des deux côtés , qui étoient paral-lèles entr’eux, & qui se rejoignoient en demi-cercle à une de leurs extrémités : l’espacecompris entre ces deux rangs de sièges, senommoit Stade , & servoit pour les courses ,soit à pied ou à cheval, ou avec des chars àdeux ou à quatre chevaux.

Les Romains ávoient reçu ces Jeux desGrecs, qui les célébroient particulièrementaux Fêtes Olympiques.

Le plus ancien Cirque permanent, qui futconstruit chez les Romains, est du temps deTarquin ì’ancien , qui vivoit vers Fan duMonde 3 3.91 8 c 13 8 de Rome, environ 1 6 5ans après f institution des Jeux Olympiqueschez les Grecs , qui fut faite l’été de Fandu Monde 3 228 , 8 c 408 après le siège deTroyes, 23 ans avant la fondation de Rome ,ôc 77 6 avant l’Ere Chrétienne.

L ’Amphithéâtre étoit un vaste édifice ,ordinairement ovale par son plan, & garni XR £,f™ r «£™metre ou pourtour intérieurd’un nombre de sièges ou gradins ; l’es paC e

compris entre les sièges, & qui étoit très-vaste, se nommoit Arène , & étoit beaucoupplus bas que ces derniers. C’est dans cette arènequ’on donnoit des combats debêtes contre bêtesou d’hommes contre bêtes, ou enfin d’hom-mes contre d’autres hommes ; cette derniereespece de combats se nommoit Combat de Gla-diateurs. L’arène des Amphithéâtres servoitaussi à donner des Naumachies ou combatsfur l’eau, & a été plusieurs fois arrosée dusang des Martyrs de la Religion Chrétienne,tant à Rome que dans les provinces de l’Em-pire Romain.

Les Spectacles de l’Amphithéatre n’étoienîpas fort anciens chez les Romains du tempsde la République ; car ce ne fut que Fan 48 8de Rome, 264 ans avant J. C. que la barbarecoutume de faire combattre les hommes lesuns contre les autres, pour le divertissementdu Peuple Romain , s’est introduite ; ce furentles deux freres M. òc D. Junius Brutus , qui,les premiers, donnerent cet affreux Spectacle,qui, depuis, devint le divertissement favori desRomains, sur-tout sous les Empereurs, & qui

U) Les Athéniens furent presque les seuls qui ne souffrirentpoint cet affreux Spectacle dans leur Ville ; car lorsque touteîa Grece fut réduite en province Romaine , íur la propositionqui fut faite au peuple d’Athenes, de faire construire un am-phithéâtre à l’exemple des autres Villes, un Citoyen vertueux

éleva íà voix au milieu de rassemblée , en diíànt : Si vous vouletfaire construire un Amphithe' atre », fûtes donc auparavant dé-truire l’jíutel que nos Peres ont eleve à la Miséricorde ; & **

n’y eut point d’Amphithéâtre à Athènes.

dura