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[Troisième partie. Troisième section.]
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7^4 MENU ISIE R, III. Part. SeE. I1L

Les Menuisiers-Ebénistes doivent avoir quelques connoissances de ì’Art duTour, afîn d’être en état de faire eux-mêmes les parties de leurs ouvrages quidoivent être tournées, comme les pieds de tables, de guéridons & autres.

Ils ont au (Tt besoin de lavoir limer poúr serrer leurs ouvrages eux-mêmes( ce qu ils font toujours ), & pour y ajuster les ornements de bronze qui yfont nécessaires ; ce qui m’obligera à donner quelques notions élémentaires def Art du Tour Sc du Serrurier, dont la connoissance est absolument néceíîà ireaux Ebénistes.

D’après fexposé que je viens de faire des connoissances nécessaires auxMenuisiers-Ebénistes , il est facile de voir que leur Art est très-étendu , quoiqu’iiíbit preíque tout de pratique ; mais cette même pratique tient à tant de choies,que quelque succinte que soit la deícription de f Art de fEbénisterie, elle nepeut être que très-considérable, vu la grande quantité d'objets qui doivent yêtre traités, Sc dont on ne pourroit retrancher aucun íàns faire tort à toucl’ouvrage 3 lequel est plutôt fait pour les Ouvriers Sc les Curieux, que pour lesdemi-Savants , qui regardent comme inutile tout ce qifils n entendent pas , ouce quils n’ont pas le courage de vouloir apprendre ; ce qui leur fait préférerdes abrégés qui ne leur enssis n<iiifc âes m °rs , dans la connoistànce deíquelsils font imiter toute leur science , si cependant c’en est une que cellequi ne sert qu a surcharger la mémoire íàns éclairer fesprit, Sc qui fait plutôtdes ignorants orgueilleux que de vrais Savants. Comme dans la description desArts - f intention de f Académie est d’élever un monument à findustrie humaine,ceux qui travaillent à la deícription de ces mêmes Arts ne doivent rien négligerde ce qui peut concourir à la perfection d’un monument fait pour illustrernotre siecle, Sc éclairer f avenir. Quant à moi je n épargnerai rien pour donnerà la description de cette Partie de mon Art toute la perfection possible , dumoins selon mes forces ; espérant qu en faveur de mon zélé on voudra bienexcuser les fautes de mon Ouvrage, qui auroit peut-être été moins prolixe , Sçcertainement mieux écrit, s’il étoit tombé dans des mains plus habiles que lesmiennes.

L’Art de fEbénisterie est très-ancien, Sc a pris naissance en Asie, d où il futapporté en Grece, Sc de-là en Italie, lorsque les Romains après avoir vaincuune partie de f Univers le surent à leur tour par le luxe des peuples vaincus. A cequi paroît par les Auteurs anciens - cet Art étoit très-estimé à Rome ou l’Ebé-nisterie, ou pour mieux dire la Marqueterie, soit en bois, íbit en marbre Sc enmétaux, étoit recherchée des plus riches Citoyens, Sc faiíoit un très-grand objetde luxe Ç* )• A la chute de f Empire Romain, cet Art, ainsi que tous les autres,

(*) E n>e ^ pas possible de savoir au justejusqu’à quel deg t< í d e perfection les Anciens ontpoussé l’Arc de FEbénisterie , vu qu'il ne nousreste aucun monument de ces temps ; cependantsi on peut en juger par l es belles Mosaïques demarbre qu’ost a retrouvées à Rome bailleurs, il

v a tout à croire qu’ils excelloient autant dansr Art de la Mosaïque en bois ; de plus, tous lesAuteurs s’accordentà parler de la magnificencedes Maisons tant des grands que des particuliersdont les murailles & les plafonds, & mêm e lesplaaçhers, étoient incrustés de lames d’or? d’argenî