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[Troisième partie. Troisième section.]
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Ì)e l’Êbénisterie ën général. 7^1

sut oublié Sc même presque anéanti dans les siécles d’ignorancé qui suivirent,

& ce ne suc que dans le quinzième siecle que Jean de Vérone, contemporainde Rappel, remit cet Art en honneur * â qu’il inventa, ou pour mieux direre n<?uvelia l’usage de teindre le bois de diverses couleurs, & d’y donner desombres , par le moyen du Feu ou des acides ; de forte que I Art de l’Ebé-nisterie , qui de ion temps ne consistoit qu’en des compartiments de noir Sçde blanc, devint susceptible de représenter divers objets, & sur-tout desbâtiments en perspective. Cet Art passa en France du temps de Françoispremier, & avec les deux Reines Catherine 8c Marie de Médicis , 8c Ìl y futcultivé avec succès ; mais ce ne fut que dans le dix-septieme siecíe qu’on sicnon-seulement des meubles, mais encore des revêtissements d’appartements,8c même des planchers d’Ebénisterie, 8c que cet Art fut porté à íà perfection,spécialement dans le temps du Ministère & íòus la protection de M. Colbert,qui établit aux Gobelins une Manufacture d’ou font sortis quantité de beauxOuvrages , qui ont fait 8c seront toujours l’admiration des connoiíseurs , sur-tout ceux faits parle nommé Boule. Depuis quelques années les progrès de cetArt se sont ralentis, soìt que les Ouvrages d’Ebénisterie coûtent trop cher , oubien que la mode en soit passée; de sorte qu on ne fait plus maintenant que despetits meubles couverts de bois de placage, íoit teint , soit naturel, 8c laplupart peu solidement faits.

Il y a trois fortes d’Ebénisterie : savoir, celle de Placage , laquelle consiste endes compartiments de bois refendu en feuilles très-mìnces, collé íìir un fondde bois uni , ce que l’on appelle ordinairement Menuiserie de placage ouMarqueterie', la seconde eípece est celle où l’on représente des fleurs, des fruits 8cmême des animaux & des figures humaines par le moyen des bois teints oUde couleurs naturelles, appliqués íùr un fond de bois uni ou incrusté dansd autres bois précieux ; cette seconde eípece d’Ebénisterie se nomme Mosaïqueou Peinture en bois : la troisième efpece d’Ebénisterie est celle où, avec lesbois précieux , on emploie récaïUe , Pyvoire , les métaux, les pierresprécieuses, &c.

Les Ebénistes font non-seulement leurs ouvrages de bois de rapport

& d’yvoire. Le Palais ou la Maison dorée deNéron, ne portoit en partie ce nom que parrapport aux incrustations & aux revêtissementsd’or dont elle étoit ornée ; les chaires curulesdes Sénateurs Romains quiétoient d’yvoire , n’é-toient -vraisemblablement que de marqueterie ,n’étant gueres possible qu’on puisse les fairetoutes d’yvoire. Les Anciens revêtissoient aussihurs Temples d’Ebénisterie, comme le prouveV n passage d’Horace, qui demandant une grâce^ Vénus de la part de Maximus , lui promet uneotatue dans un Temple boisé de bois de Citroti-p.ier quì étoit un bois des plus rares qu’on em-ployât a Rome dans ce temps. Tout l’avantageque les Modernes peuvent avoir fur les Ancienspar rapport a 1 Edénìsterie , c’est l’usage des bois

précieux & aromatiques, que le commerce desIndes Orientales & îa découverte du nouveauMonde leur ont procurés, ce qui les met dans I ecas de donner beaucoup d’éclat à leurs ouvra-ges en y employant des bois d’une excest ent ®qualité, & dont la couleur naturelle us ^uroi

beaucoup changer: au reste tout paroir E es

deux côtés. Les Anciens avoient tc° iS e pecesde Marqueterie ou Peinture en ' Une stuireprésentoit les Dieux & ss ommes, qu’ilsnòmmoient Sculpture en Me/r l í u ^ > c elt-a-dire ,ouvrage très-précieux eíl e . n mlpiré par lesMuses; la seconde essp eGe M représentoit lesAnimaux, & la tr 7? ei f 6 ^ Fleurs & les bruits,& qui étoit -«ynee qq divers compartiments*Voyei l'EncftiïPW'-e*