Flanche
86a MENUISIER, III. Part. SeS. III. Chap. XI.
sa longueur ; Sc avant cTen faire usage on l’imbibe de cire fondue, qu’on laissérefroidir; ensuite de quoi on frotte le poliílbir sur un morceau de bois corroyé,pour sunir Sc le rendre propre à polir Fouvrage, Il y a des poliíToirs de diversesformes Sc grandeurs , pour pouvoir entrer dans les parties creuses ou étroites.
Ijes bois à polir j m , n ê 12 ) íont de petits morceaux de noyer, outout autre bois d’un grain fin & ferré , fans être trop dur, d’environ 6 pouces délongueur au moins, lesquels font de diverses formes & grandeurs, Sc amincis enbiseau par le bout. Ces bois servent à polir fouvrage, ou, pour mieux dire, 2étendre la cire dans les parties creuses Sí étroites dans lesquelles les poliíToirs nepeuvent pas entrer, comme les filets Sc autres petites parties dont il est néceílàirede conserver les arêtes vives.
Quelquefois les bois à polir íont garnis de chapeau ou de peau de buffle, pourservir à différents polis, comme je le dirai ci-après.
Le tripoli est une eípece de craie ou de pierre tendre, d’un blanc rougeâtre ,rude au toucher, quoiqu’il íoit fort uni. On s'en sert pour polir, réduit en poudretrès-fi ne passée au tamis, Sc mêlée soit avec de seau, de fhuile, du suif ou duvinaigre, suivant les différentes matières quon polit. Le bon tripoli vient de
Bretagne.
Le charbon qui sert à polir, est celui de hêtre, de fusain, quon doit choisirbien égal, & íàns fente ni nœuds. On polit auffl les nœuds Sc les racines avec dei indigo 8c du vinaigre , ce qui y fait de belles nuances Sc des figures.
On se sert d’huile d’olive pour les polis, íoit au tripoli ou au charbon ; cepen-dant pour le poli à fhuile, qui est, à proprement parler, plutôt une teinturequ’un poli 9 on se sert d’huile de lin, dans laquelle on fait infuser de f orcanette,eípece de racine d’un rouge foncé en destûs , laquelle teint d’une belle couleurvermeille.
Je ne parlerai pas ici du blanc d’Eípagne, parce qu’il est non-seulement très-connu - mais encore parce qu’il ne íèrt qu’à finir dans certaines occasions, pourôter les taches que les doigts pourroient avoir fait à fouvrage.
Quand le placage est replani, comme je f ai expliqué ci-deíïùs, on le paste auracloir, lequel se tient à deux mains, en appuyant de la paume de la main droiteîoríqu’on le pousse devant foi, ou du bout des doigts, le plus près de la laméqu’il est possible, lorsqu’au contraire on le tire à soi ; car on en sait uíàge des deuxmaniérés. De f une ou f autre façon, il faut qu’ii soit incliné du côté où on le saitavancer, à peu-près selon la direction d’un angle de q y degrés. De quelquemaniéré que soient disposées les pieces d’un placage, il faut toujours les racler àbois de fil, en observant toutefois que la lame du racloir soit diíposée oblique-ment avec le fil du bois, comme f indiquent les lignes ab, c d Scef, fig, jq,asin de mieux couper les fils du bois, lesquels étant pris ainsi, se détachent plusaisément, vu qffils ne íont pas pris tous ensemble ; de sorte que le fil qui estfous le tranchant du racloir trouvant de la résistance, A étant appuyé par celui