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^§ 62 5 MENUISIER Jïl Part. SeB. III Chap. XI
,_ mmammm- y ffiirs de cavités; alors on passe la prêle pour effacer les petites raies que la peau
Blanche L de chien a faites, en observant les mêmes précautions qu’à cette derniere, encommençant par appuyer, & en soulageant ia main peu à peu, afin qu’en finissant,la prêle ne faffe preíque qu’eífleurer la superficie du bois. La prêle se tient avec lesdoigts pour polir l’ouvrage plan ; & pour les filets , il est bon de passer dedansde petits bouts do fil de laiton om autre, lesquels la maintiennent droite, afin deme point gâter les arêtes de l’ouvrage (*).
Dans les parties creuses, comme les gorges & autres moulures, où les doigtsne pourroient pas entrer pour appuyer fur la prêle, on prend un bois à polir■d’une forme & d’une grandeur néceíîaires pour pouvoir la contenir.
Quand i’ouvrage est prêlé, Sc par conséquent parfaitement uni, il présenteune surface très-plane, mais d’une couleur terne qui change absolument celle dubois, laquelle revient & même augmente par le moyen du poli qui se fait dedifférentes maniérés, comme je le dirai ci-après.
’ Lé poli le plus ordinaire est celui qui se fait avec la cire, Sc par lequel je vaiscommencer, comme étant celui qui «st le plus en usage pour sEbénisterie deplacage dont il est ici question.
Pour faire de beau poli, on doit prendre de la cire de la meilleure qualitépossible , Sc on en frotte toute la surface de louvrage jusqu’à ce qu’il y en aitsuffisamment par-tout ; ensuite on letend avec lepoliíToir, lequel, par son frot-tement , séchauffe, ainsi que le bois dans les pores duquel elle s’introduit. Voy*la Fig. 13 , qui représente un Ouvrier occupé à polir une piece de placage.
Il y a des Ebénistes qui, au lieu de poliffoir de jonc, se servent de liege, cequi n est pas bon ; parce que le liege s’échauffe trop au frottement, ce qui metla cire preíqu’en fusion, Sc expose le placage à íe décoller.
Quand la cire est bien étendue avec le poliffoir, tant sur les parties planes quedans les cavités, ( ce qui se fait avec les bois à polir, ) on la retire avec ieracloir à cire qu on paíìe fur louvrage pour ôter le plus gros de la cire, qu’onachevé ensuite d’étendre Sc d’enlever avec un frottoir, qui n’est ordinairementqu’un morceau de drap , ou, ce qui vaut mieux , de serge, laquelle, sans êtretrop rude, a plus de mordant que ie drap.
Cette opération est la derniere du poli ordinaire, après laquelle , iors-qu’elle est bien faite ainsi que les autres, i’ouvrage doit être auísi uni Sc aussiluisant qu'une glace.
Quand on polit des bois poreux ou de couleur rougeâtre, comme le Palissan-dre , l’Amaranthe dí autres, loríqu’on a étendu la cire fur ces mêmes bois, on y
(*) II y a de§ Ebénistes qui, à la place de lapeau de chien > passent fur leurs ouvrages uneL\ S„V& douce, laquelle le dresse parfaite-ment ; mais cette méthode n est guere suivie ,à cause de la difficulté d’avoir des hmes courbes,soit par leur soie ou dans leur longueur ; c’estpourquoi on ne s’en sert guere que pour lesLsors & autres moulures , ou pour des parties
saillantes, ou enfin pour des ouvrages d’Ebénis-terie d’assemblage , quoiqu'il seroit fort à désiréequ’on pût stempîoyer à toutes sortes d’ouvrages»lesquels en seroient assurément plus parfaitement!lisses & mieux dressés qu’avec la peau de chien,qui, quelqùe précaution qu’on prenne, fait tou-jours quelques cavités à l’ouvrage.
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