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[Troisième partie. Troisième section.]
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Planche

Zo8.

Spg MENUISIER, m. Part. Se8. III Chap Xni.

Ouvriers de ces mêmes Arts ont été obligés de leur laisser Faire des chosesqu ils ne pouvoient pas Faire eux-mêmes, du moins Fans beaucoup de peine Scde perte de temps ('*').

5 3E C T I o N 1? R E M T E R L.

Description de quelques Outils propres

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d’assemblage , & la maniéré de s en servir»

= Comme la plupart des bois des Indes Font très-chers, Sc pour la plusgrande partie difficiles à travailler, on les débite à la ície , tant Fur l’épaisseurque Fur la largeur , afin d’épargner la matière en y faiFint le moins de pertepossible , Sc en même temps pour les corroyer plus Facilement, vu que beau-coup ne peuvent l’être qu avec la varlope-onglet à dents > du moins pour lesmettre tout-à-Fait à la grosseur convenable , ce qu ôn ne peut pas Faire avec lavarlope ordinaire, vu que ces bois étant Fouyent très-durs ou, çe qui pis est, derebours, les fers pleins des varlopes mordroient peu dessus, ou y Feroient des

f * ) Cette liaison dès Arts , & le rapport queplusieurs ont les uns avec les autres, est Jameilleure preuve qu’on puisse donner de J'im-possibilité ou font Jes Ouvriers de s’assujécir àdes Règlements qui donnent à tel Art la jouis-sance exclusive de certains outils, & qui , parconséquent, en privent les autres Arts auxquelsces outils feroient très-nécessaires, puisque ceuxmêmes qui jouissent de ces droits, se trouventtous les jours dans la néceíliré de les aban-donner, parce qu’iîs leur deviennent onéreux;ou bien pour jouir eux-mêmes des outils d’unautre Art, auquel, par représailles, ils accor-dent, du moins tacitement, la communicationdes leurs , ne voulant pas choquer ouvertementces Règlements faits pour assurer leurs droits,quoiqu’ils ne fassent au con traire que les gênereux & les autres Ouvriers, fans leur faire au-cune espece de bien. En effet, ne seroit-il pasbeaucoup plus utile pour le progrès & la per-fection des Arts , Sc pour le bien de l’humanitémême, qu'il fût libre à chacun des Ouvriersou des Artistes, de fe servir des outils qui leurferoient les plus utiles pour accélérer leur tra-vail , Sc le rendre plus parfait ? A quoi sert degêner les hommes jusques dans la maniéré detravailler? ne le sont-iîs pas dé j a assez par lanécessité physique qui les oblige de le faire pourconserver leur existence, & par l’inconvénientdes Maîtrises, qui, quoiqu’instituées pour ser-vir au maintien & à la perfection des diffé-rents Arts, ne servent souvent, au contraire,qu’à leur définition? Et supposé même queles Maîtrises tendissent au but qu’on s’étok pro-posé en les établissant, la communicatoin desoutils que je souhaitefois , ne pourroit leurfaire aucun tort , & leur feroit, même , beau-coup de bien. Qu’importeroit-il à un Ouvrier,ou, pour mieux dire , à un Maître d’un cer-Art, qu’un autre fe servît de quelques oifc

tils dont f usage lui appartient, pourvu qu’il nefît que des ouvrages de son Art ? il ne per-d-roit pas pour cela le droit, ( peut-être juste, )de le saisir s’il le trouvoit en contravention. 1Qu’on aille dans les Laboratoires de la plupartdes Seigneurs & des Savants qui s’exercent auxArts méchaniques , on y trouvera ensemble lasoutils du Menuisier avec ceux du Tourneur,ceux du Serrurier, de l’Horloger, & généra-lement tous les outils qu’ils croient leur être né-cessaires , & dont ils fe servent indistinctementselon qu’ils le jugent convenable. Si des gensqui ne travaillent que pour leur amusement ,& souvent pour l’instruction du Public, ontreconnu la nécessité de se servir indifféremmentde toutes fortes d’outils , à plus forte raisondes Ouvriers qui travaillent pour gagner leutvie , devroient-ils avoir plus de commodité Scla liberté de fe servir de tous les outils quïpeuvent leur être utiles. On ne peut guere»comme je l’ai démontré dans le cours de cetOuvrage, faire les ouvrages d’un Art fans lesecours de beaucoup d’autres Arts ; Sc il esttrès-difficile de bien connoître les justes bor-nes qu’on peut lui donner : celui dont je traitalur-tout, est dans ce cas plus q ne tout autre;car dans son origine il tient à l’Arc du Char*pentier, avec lequel il ne faifoit anciennemeMqu’un; d’un autre côté il tient au Serrurier,au Tourneur, au Sculpteur , au Layetïer, auBoisselier , au Tabletier , à l’Eventailliste , zl’Orfévre & même au Bijoutier, des outils desi-quels les Menuisiers ont souvent besoin , & donsla privation leur fait beaucoup de tort ; ou íîils s’en servent, ils font exposes à être saisis ;d’où iï s’ensuit des querelles , des procès, l’am-mosité 8c l’esprit de parti, qui en sont les suites,& , ce qui est plus malheureux encore, l'Imper-fection qui fe rencontre dans presque tous lest ouvrages des différents Arts,

éclats