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[Troisième partie. Troisième section.]
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zà MENU1S1ER,I1Î. Pan. Secl, 111. Chap. XlK

CHAPITRE QUATORZIEME.

De la ttoìjìeme espeùe d’Ebénijlerìe en général.

JL a troisième 8c derniere espece d’Ebénisterìe dont il me reste à traiter, est *comme je rai dit au commencement de cette partie de mon Ouvrage, celleoù, avec le bois, on emploie les métaux > lecaille, l’ivoire 8c autres matières,Sc même les pierres précieuses. Cette ëípece d’Ebénisteriè est nommée , parles Ouvriers - Marqueterie , pour la distinguer de celle où l'on réemploie quedu bois de placage. Cette dénomination , quoique la plus généralementusitée | ne me paroît pas juste, parce que l’Ebénisterie dont je parle, est plutôtune espece de Mosaïque très-riche * par le moyen de laquelle on peut repré-senter toutes sortes de sujets, sinon coloriés comme dans les ouvrages deMosaïque ou Peinture en bois, du moins par le mélange 8c i'òpposition desdifférentes matières qu’on y emploie , qui se détachent les unes des autres,8c forment des Tableaux de la plus grande beauté , dont la belle exécutionle dispute souvent à la richesse de la matière.

Cette précieuse Ebénisterie est très-anciénne ; câr fans avoir recours auxtémoignages des Auteurs anciens, souvent peu véritables ou mal entendus -on voie encore des ouvrages de cette espece dans une des pieces de laGallerie de Florence , digne de ladmiration des connoiífeurs 8c de la

magnificence des Médicis, qui les firent faire. C est d après ces beaux ouvragesquon en a fait d’autres en France, si toutefois ceux qui y étoient n’yavoient pas été apportés du temps des Reines Catherine 8c Marie de Médicis (*_).Depuis ce temps le goût de ce bel Art s’est maintenu en France jufqu’à

(*) Il y a dans un sallon de laGaîIerie deflorence, nommée la Tribune , une armoireen forme de tabernacle ou de cabinet, composéede jaspe, d’agate > 8c de toutes sortes de pier-res précieuses, où l’on a employé, en forme<de clous, des topazes, rubis, saphirs & émerau-des ; à la partie supérieure on a placé une perled’une grosseur extraordinaire. Cette armoire estgarnie de quatorze colonnes de lapis-îazuli,dont les bases & les chapiteaux sont d’or massif ;elle est de plus ornée de bas-reliefs d’or, exécu-tés avec beaucoup de foin. Voyage en Italie , TomeII, page 243. ,

Ce bel ouvrage , dit le meme Auteur , m’arappelle ceux qui étoient autrefois à Versailles,& dans le Garde-meuble à Paris ; & je ne doutepas qu’ils ne fussent aussi venus de Florencedans le temps de Catherine 8c Marie de Médicis:on en a dépecé une partie poUr enrichir lecabinet du Jardin Royal à Paris, ou il n’y a pasde plus beaux échantillons de pierres dures,que les colonnes d’améthyíle qu’on en a retirées.Idem .

On voit encore dans les Appartements dsSaint-Cloud & de Chantilly , des cabinets decette espece, qui , quoique moins riches queceux dont il est parlé ci-déssus , sont d’unétrès-grande beauté. II s’en trouve aussi chezquelques particuliers riches, qu! en cotinoissênele mérite , & qui les conservent avec beaucoupde soin; & on voit dans beaucoup d’Eglises àParis, des tabernacles travaillés dans ce genre ,qui sont très-riches , tant pour le travail quepour la matière ; entr’autres celui du maître-autel des Filles de Ja Visitation , rue SaintJacques , qui est d’ébene , avec des chapiteaux& des bases de colonnes en argent, ainsi que lesautres ornements qui y sont. Les plus moder-nes de ces différents ouvrages , sont au moinâdu dernier siecle; 8c on n’en fait plus mainte-nant , parce que, dit-on, ce n est plus la mode scomme si ce qui est vraiment beau, ne l’etoit pastoujours , & que des ouvrages de sculpture 8cde dorure , souvent très-médiocres ( comme ostn’en fait que trop maintenant ) fussent préféra-bles aux chefs-d’œuvre du dernier siecle, qu’o»

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