foo8 MENUISIER, 111. Part. SeB. Ill Chap. XIV.
par le moyen dune manivelle qui passe au travers de fa tête , comme on peutle voir dans les fig. 7 & 8. Quant à la grandeur de cette presse, un pied delargeur suffit entre les deux jumelles, ou quinze pouces au plus, ce qui estsuffisant pour placer les grandes feuilles d’écailles fur leur longueur.
If écaille û redresse aussi au feu , ce qui fe fait en la présentant fur laflamme d’un feu clair , en observant de la mouvoir en tous sens Sc avec beau-coup de promptitude , parce que si on la laissoit un instant fixe fur la flamme,elle fe brûleroit, Sc il fe formeroit fur son épaisseur des especes de gerfuresblanchâtres causées par la trop grande action du feu, qui, fe fixant, désunitles parties de f écaille, Sc même les brûle.
Cette maniéré de redresser l’écaille n est guere usitée , tant par rapportaux accidents dont je viens de parler, que parce que beaucoup d’Ouvriersprétendent que le feu en gâte la couleur ; cependant les Couteliers ne fontpas autrement pour redresser le$ manches de couteaux faits en écailles , qui, àla vérité , ne font que de petits morceaux qui font bientôt échauffés ; c estpourquoi ils fe contentent de les dresser à la flamme dune chandelle allumée.
Quand fécaille est dressée, on la met dlépaisseur, soit avec le grattoir ìfig. IZ-(qui est une elpece de couperet à deux tranchants, lesquels n ont chacun qu’unbiseau, comme on peut le voir dans cette figure , ) ou tout simplement avecle rabot à dents, qui mord assez bien dessus, ce que ne peut pas faire le fer
du rabot ordinaire , parce que fécaille est composée d’une substance grave-leuse qui en ûétruix vite te tranchant , ce qui fait préférer les fers brettés,
les râpes Sc les limes qui n attaquent sà surface que par parties.
Quand on veut mettre les feuilles d’écailie d’épaisseur, on commence pafles dresser en-dessous , ( c’est-à-dire, du côté qu’elles font adhérentes au corpsde ranimai ) avec le rabota dents ; ensuite on les retourne de f autre côté pourles réduire à f épaisseur convenable ; Sc alors on fait usage des râpes, du grattoir,Sc du rabot bretté. Cette opération demande beaucoup de précaution Sc d usagede la part des Ouvriers ; parce que quand fécaille est trop épaisse , Sc qu’il yA par conséquent beaucoup de matière à ôter, il arrive souvent qu’on casse lafeuille d’écaille, qui, comme je f ai déja dit, est très-fragile , Sc qu’on nepeut conserver entiere qu’en la traitant avec beaucoup de ménagement, enobservant fur-tout quelle porte bien également dans toutes ses parties fur f é-tablì fur lequel on la dresse.
On ôte le surplus de f épaisseur des feuilles d’écaille du côté du dessus, parceque celui de la chair est ordinairement le plus beau , Sc où les nuances font lesplus sensibles , du moins à ce que disent les Ouvriers ; car je n y ai pas vuune grande différence.
L’épaiíïeur de fécaille varie selon les différents ouvrages ou on f emploie lcependant cette épaisseur ne passe guere une ligne Sc demie, Sc ne peut êtremoindre que trois quarts de ligne, parce que quand elle est plus mince, élis