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Planche
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tore MENUISIER, III. Part. Se3. 111. Chap. XIV.
% ll est a (fez rare qu’on moule l’écaille avant d’être découpée ; cependantcomme ii y a des occasions où cela est nécessaire, j’ai cru ne pouvoir pas medispenser d’entrer dans quelques détails à ce sujet.
J’ai dit plus haut qu’on soudoit l’écaiile sans le secours d’aucun agent, cequi se fait dune maniéré très-simple , quoique bien des Ouvriers en fassent ungrand mystère.
Quand on veut íbuder deux morceaux d’écaille ensemble , on commence,après avoir marqué l’endroit du joint, par abattre le reste en chanfrein , commede c à d, fìg.l6\ on en fait autant à chaque piece , en observant que lesdeux pentes ou chanfreins ayent une même inclinaison ; ce qui étant fait, onles présente l’un íùr l’autre, pour voir s’ils joignent bien ensemble ; puis lejoint étant bien, on met les morceaux l'un fur i’autre , Sc on les entoure depapier un peu fort, qu’on met en trois ou quatre doubles, & on arrête le toutavec du fil ; ensuite on fait chauffer des pinces assez épaisses pour quelles em-brassent toute la longueur du joint, qu’on ferre avec ces dernieres jusqu à cequ’on s’apperçoive que l’écaille devenue molle, ployé par son propre poids,ou du moins obéisse aisément sous le doigt ; alors on la retire des pinces 8con la laisse refroidir , Sc elle est parfaitement soudée.
ll faut prendre garde que les pinces ne soient trop chaudes ; car elles brû-leroient l’écaille fans la souder ; c’est pourquoi, avant de ferrer le joint avec lespinces , il faut les eíîàyer fur du papier ; Sc quand elles ne font que roussir un
peu ce dernier, skns cependant Le brûler , c est un signé qu’elles sont à un
degré convenable de chaleur.
Pour bien souder ainsi l’écaille , iî seroit bon d’avoir des pinces faites exprès,dont les mâchoires un peu épaisses , fussent disposées de maniéré que quandelles faìsiroient l’écaille Sc le papier qui l’entoure, elles fussent exactementparallèles , asin que leur pression fût parfaitement égale dans toute l’étenduedu joint : c’est à-peu-près de cette maniéré que les Chinois soudent les cornesde leurs lanternes, comme on peut le voir dans le Journal Economique dumois de Septembre 1756, page 92.
On soude encore l’écaille par le moyen de l’eau bouillante, ce qui se faitde la maniéré suivante.
On dispose le joint en flûte , comme je vìens de le dire ci-deíîus ; puis onmet les deux morceaux ajustés dans la presse 7 & % > entre deux morceauxde cuivre, en observant que les joints se chevauchent un peu ; ensuite onserre médiocrement la vis pour mieux assujettir les morceaux à leur place ; Scquand on est certain qu ils sont bien, on met le tout dans l’eau bouillante ;après quoi on acheve de serrer la vis de la presse pour faire prendre le jointde l’écaille à mesure qu elle s amollit.
De quelque maniéré qu on soude l’écaille, il faut avoir grand soin que lesì°ints soient très-vifs Sc très-propres - parce que la moindre particule de graisse