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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHAPITRE 11

EPOQUE ROMAINE

Une autre ville reçut les bienfaits de l’éclairage public : nous possédonsquelques détails sur les mesures qui furent prises par Euloge à Édesse, dansle même but. Vers l’an 50b, il ordonna d’allumer chaque nuit des lampesdans les rues de la ville dont il était le gouverneur, et, afin de pourvoir àl’entretien de cet éclairage, il se fit donner par les églises et les monastèresune partie de l'huile qu’ils recevaient comme dîme de la piété des fidèles.(Assemani, Jiihliotheca orientalis, H ornas, 1719, in-fol., p. 281.) L’exemplene fut malheureusement pas suivi, et le christianisme dut s’en tenir, pourl’éclairage des villes, aux lanternes des confréries et à ces ex-voto illuminés.

§ 8. — Illuminations.

L’usage des feux de joie remonte à la plus haute antiquité : on sait eneffet *{ue c’est au milieu de feux de ce genre que les anciens patriarches offraientdes sacrifices à la divinité. A Home, à une époque déjà ancienne, Ovide raconte que dans les jeux qui se célébraient en l’honneur de la déesse Paies, onavait coutume de passer trois fois par-dessus les feux de paille allumés à cetteoccasion.

Pendant les Saturnales, nous savons que l’on faisait de grands sacrificesnocturnes et qu'en même temps, le vin était distribué à profusion aux citoyens.

Capitolin observe que l’illumination que donna Philippe, dans les jeuxqu’il célébra à l’occasion de la solennité des jeux séculaires, fut si magni-fique, que ces trois nuits n’eurent point, d’obscurité. Ce fut dans un fende joie,au milieu de la place Trajan à Rome , que l'empereur Adrien annula et brûlases créances sur les provinces. Ces créances montaient à une somme immense,on les évalue à environ cent trente-trois millions cinq cent mille francs denotre monnaie. La mémoire de cette belle action s’est conservée dans leshistoriens et sur les médailles.

Les anciens Romains célébraient aussi les occasions de réjouissancepar des illuminations : à la naissance des princes ou dans les grandes

être ne faut-il voir ici qu’une lampe servant d’enseigne et non une lanterne publique. Cepen-dant nous pendions pour la première opinion, et en cela nous pourrions nous faire fort d’unfait qui viendra plus loin quand nous parlerons de la pari qui revient au christianisme dansl’établissement de l’éclairage public.