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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHAPITRE IV

XII 0 SIÈCLE

pouvons être certains de sa fidélité par les fragments qui nous restent et quisont conservés dans le musée de cette ville.

Dans un savant article, les pères Cahier et Martin ont tenté de donnerune explication an point de vue symbolique de ce précieux monument. Ce genred’interprétation ne sera peut-être pas du goût, de tous les archéologues, maispour notre part, nous le trouvons intéressant et ingénieux.

Voyez, disent les ailleurs des Mélanges d’archéologie, ce dragon princier quiforme les trois nervures de la hase. Tandis qu’il dévore les pattes de deux lionceaux,ceux-ci mordent ses oreilles et plus haut un autre dragon mord ses ailes. Voilà bienl’empire de la malice et de la souffrance; quant à celui des vices, no le reconnaissez-vous pas dans la végétation luxuriante où s’ébattent des centauresses, et où desespèces de satyres chevauchent sur des sirènes? Mais il est aux doubles maux du mondede célestes remèdes. One fait ce prêtre en chasuble sur la croupe du monstre? Il lit unlivre qui contient de toutes-puissantes paroles ; il prononce, je pense, les merveilleuxexorcismes qui repoussent l'enfer. J’oserais presque ajouter que déjà les anathèmesportent leurs fruits; du moins, le jeune enfant qui descend sur le dos du monstre,appuyé sur ses ailes, semble-t-il dire qu’il peut impunément braver sa rage. « Ilsmarchent sur les serpents (Luc, X, I ü), et ceux-ci no pourront pas leur nuire. » Remar-quez-vous aussi que seule, parmi les tôles de dragons, celle du monstre qui porte leprêtre, mange du feuillage ; n’est-ce pas là le nouveau règne annoncé par Isaïe (c. xi) ?N’esl-ce pas le triomphe do la lumière sur les ténèbres, du bien sur le mal ; lesjours de paix où l’animal féroce broute l’herbe, comme le bœuf dans son étable : sicutbas comedit paleas ?

Nous n’ajouterons rien à celte longue dissertation que nous avons crudevoir donner ici, car, mieux que toutes les descriptions, elle donne un sen-timent exact de ces chandeliers dont elle fait un vivant tableau. On suit que cemerveilleux monument a péri dans la grande tourmente révolutionnaire; l’in-ventaire qui, en 1792, fut dressé pur ordre du gouvernement, classe ce chan-delier sous le chapitre intitulé «Métaux », et le désigne sous ces mots: «Un[dus grand candélabre de cuivre à sept branches, haut de dix-lmit pieds. »

Il est vraisemblable ( 1 ) qu’il fut envoyé à la Monnaie et que son cuivreservit à la fonte des canons républicains.

Les amis des arts n’en gardaient [dus qu’un vague souvenir, quand, en1837, lors de la création du Musée municipal, le conservateur fut assez heu-reux pour retrouver dans les combles de l’hôtel de ville, deux fragments

il) Magasin Pittoresque , tSîl, p.