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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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OPINION 111' DOCTEUR LISTER

.‘la 1 :

on ne doit pas cependant- la prendre an pied de la lettre» : les chilfros qu'ildonne sont évidemment inexacts, et il ne faut considérer le; rapport de eetauteur qu’à titre de curiosité.

Les rues (I) sont éclairées tout l’hiver, aussi bien quand il fait clair de lune quependant le reste du mois ; et je le remarque surtout a cause du sot usage où l’on està Londres d’éteindre les réverbères durant la moitié du mois, comme si la lune étaitLien sûre de briller assez pour éclairer les rues et qu’il fût sans exemple de voir enhiver le ciel nébuleux. Les lanternes sont suspendues ici au beau milieu des rues àvingt pieds en l’air et à une vingtaine de pas do distance. Elles sont garnies do verresd’environ deux pieds carrés, recouvertes d’une large plaque de tôle, et la corde qui lessoutient passe par un tube de fer fermant à clef et noyé dans le mur do la maison laplus voisine (2).

Dans ces lanternes sont des chandelles de quatre à la livre, qui durent jusqu’aprèsminuit.

Ceux qui les briseraient seraient passibles des galères : trois jeunes gens de bonnemaison, qui par plaisanterie s’étaient amusés à en casser récemment, furent mis enprison et no furent relâchés au bout de plusieurs mois que grâce à la sollicitation debons amis qu’ils avaient à la cour.

L’éclairage de Paris , et seulement pour cinq mois de l’année, coûte près50,000 livres, soit 1,250,000 fr. par an.

On le pratique aussi de même pour quelques autres villes de France . Le rois’en est, dit-on, fait un bon revenu. Le préambule de l’édit porte que, considérant legrand danger que couraient la nuit dans les rues ses sujets, soit de se casser le couen se laissant choir, soit de la part des voleurs, Sa Majesté concédait, pour telle sommed’argent, le privilège d’y suspendre des lanternes de la façon que je viens de décrire (,‘l).

Ainsi, Lister semble faire grand cas de ce que les lanternes sontallumées même les jours où il y a clair de lune. Cela nous étonne (4) d’autantplus que ce voyage de Lister, le second qu’il fit à Paris , est, comme nous l’avonsvu, de 1098, c’est-à-dire de la seconde année de l’administration de M. d’Ar-genson comme lieutenant, de police, et que l’un des griefs (pie l’on eut contrece successeur de M. de La Keynie était justement le retranchement des lanternesdans les temps de lune. L’époque où il se résolut à cette économie nous estainsi du moins mieux précisée.

yl) Voyage de Lister à Paris , p. 30.

(2) Uela a duré ainsi jusqu'à rétablissement du gaz.

(tl) Tout ceci est arrangé et inexact. « L’éclairage de Paris établi en 1007, au moyend’une taxe levée ad hoc par les soins des habitants de chaque quartier, rapportait trois centmille livres seulement. Cette taxe fut rachetée en 1701 au denier dix huit fait cinq millionsquatre cent mille francs ». Voir le 'Trait/ 1 de la police de Lamarre , c. iv, p. 230-20!) (R. J. p.).

(4) Ed. Fournier, Les Lanternes, p. 27 .