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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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C li A 1> 1T R K X — XV11I 0 SIÈCLE

lampes, Quinquet n’était un véritable inventeur. 11 s’était contenté de mettre encirculation un produit qui, depuis un siècle et demi, avait été étudié et étaitalors parfaitement connu. En 1018, Biaise de Vigenère, dans son curieuxTraité du feu et du sel , s’est longuement étendu sur cette question, et ilenseigne les diverses manières d’employer cette substance.

Comme il le dit dans les Tablettes royales de renommée, Quinquetse croyait physicien, il lit même à ce propos une conférence au Collège depharmacie, le 4 octobre 1783, où il raconta les expériences qu’il avait faitespour former au moyen de l’électricité, d’une façon artificielle, la pluie, le givre,la neige et la grêle; mais cette idée n’était pas plus de Inique les précédentes,et il l’avait puisée à la même source que l’invention de sa lampe. Toutefois dansce dernier cas il est un peu plus honnête et reconnaît qu’Argand , physiciende Genève , avait déjà émis cette opinion sur les effets de l’électricité.

III. Lange. — Quoique n’étant pas le véritable inventeur des lampes àdouble courant d’air, Lange n’est cependant pas un parasite comme son associé,le célèbre Quinquet.

Nous trouvons en ell’et cette note, qui est de M. de Milly, dans le Journalde physique de février 1784 :

Comme on imprimait (1) ce mémoire, MM. Lange et Quinquet m’ont fait voirplusieurs lampes de leur invention faites à peu près sur les mêmes principes que celled’Argand , mais qui ont beaucoup plus d’effet en consommant moins d’huile ; c’est leperfectionnement de la lampe d’Argand : si le principe est à lui, l’application plusheureuse appartient à M. Lange.

11 est constant que M. Lange présenta, le premier, à l’Académie des sciences (le18 février 1784), des lampes à cheminée de verre. MM. Monnier et Brisson en firentleur rapport le lti septembre 1785; ils conclurent que ces lampes ne contenaient denouveau que la cheminée de verre ; mais il faut observer qu’à l’époque où M. Langeprésenta ses lampes, Argarnl n’était pas revenu d'Angleterre, où il faisait exécuter,par MM. Hurler, des cheminées en ilintglass. 11 est juste aussi d'ajouter que c’estM. Lange qui a imaginé les cheminées coudées, qui ont un avantage sur celles cylin-driques lorsque l’air est agité.

Brusque dans le même temps, M. Cadet de Vaux, témoin des expériencesfaites chez M. Lenoir, et habitué à saisir avec enthousiasme tout ce qui était

(1) Bulletin de la Société d’encouragement, n° 93, note.