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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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LA. N GH

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utile, publia dans le Journal de Paris, dont il était un des propriétaires, le18 février 1784, cet avis :

Un physicien étranger, M. A... a imaginé une lampe fort ingénieuse, qui réunitl’avantage de ne pas donner de fumée, de répandre une lumière brillante et de con-sumer peu d’huile; mais, M. A... n’a pas mis à portée de connaître le mécanisme decelle lampe.

On n’a pu juger que de ses effets. Les avantages économiques qui devaient résulterde cette découverte, l’envie de résoudre cette espèce de problème ont piqué l’ému-lation de MM. Quinquet et Lange. Ils se sont réunis, etil y alieu de présumer qu’ilssont parvenus, à force de tentatives, à pénétrer le mystère de notre physicien ; peut-être même ont-ils obtenu des résultats encore plus avantageux, c’est-à-dire qu’avecde l’huile commune ils procurent une llamrne exempte de fumée, infiniment plusbelle que celle de la bougie elle-même, et très comparable à la combustion des corpsdans l’air déphlogisliqué. Lotte découverte, réduite aux seuls avantages que nous venonsd’énoncer, serait déjà très importante, mais elle a encore celui de décupler la lumière :en effet, la même quantité d'huile et de coton, qui dans les lampes ordinaires nedonnerait qu’une lumière faible et obscure, produit, avec celle de MM. Q. et L., l’effetdo dix bougies, surtout par l’addition, que ces messieurs ont imaginée, d’un petitcylindre de cryslal, placé au-dessus, addition très ingénieuse et qui ajoute beaucoupà l’effet par le développement que ce cylindre donne à la llamrne. Ces lampes ne peu-vent pas tarder à devenir d’un usage général pour toutes les classes de citoyens ; onles substituera môme avec avantage à la bougie, dans les cabinets, dans les cham-bres, etc., aucun corps combustible n’ayant la pureté, la blancheur et l’éclat de laflamme de ces lampes, dont le mécanisme consiste dans la position circulaire et lepeu d’épaisseur de la mèche, dans un tuyau d’air placé au centre de la flamme ;enfin dans le petit cylindre de crystal : mais nous observerons que les propor-tions de ces diverses parties sont rigoureusement nécessaires pour produire les effetsénoncés, qui ne sont plus les mêmes si on change les dimensions requises.

Les particuliers qui désireront se procurer de ces lampes pourront s’adres-ser à M. Daguerre, marchand rue Saint-llonoré, en face de l’hôtel d’Aligre, quise chargera de les faire construire dans les dimensions requises pour tel ou tellocal.

Il faut rendre à Lange eetle justice, c’est qu'il ne cherche pas à sefaire passer pour l'inventeur clos lampes à double courant d’air; il se poseplutôt comme chimiste et ne revendique que l’invention des cheminées deverre.

Lange (1), rue du Petit-Pont, distillateur ordinaire du roi, renommé pour les huilesépurées, est inventeur en concurrence des superbes lampes à cheminée de verre et à

(1) Tablettes de renommée de 1788.