LAMPE DU MARQUIS D’ARLANDE
405
beaucoup préoccupé de la manière dont on pourrait faire monter l'huilejusqu’à la mèche, pour obtenir une plus vive clarté. Ce sont ces recherches quiont donné lieu à l’invention dos lampes hydrostatiques; ainsi vers 1780,Philippe de Girard construisit une lampe qui fut la première à porter ce nom;dans cet appareil, l’ascension de l’huile était déterminée par sa légèreté spé-ciiique sensiblement supérieure à colle de l’eau.
En 1787, un ferblantier du nom de LeClerc inventa une lampe assezingénieuse et qui reçut l’approbation de l'Académie .
Dans la Bibliothèque physico-économique (l. lt, p. 381), nous lisons on effetque, suivant le rapport des commissaires du 17 mai dernier, celle lampe produit parbec une lumière sept à huit fois plus grande que celle d’une bougie, et les quatremèches, portant ensemble 10 pouces de long, équivalent à 31 bougies et ne con-somment par heure que deux onces G gros 10 grains d’huile. Chaque once d’huiled’olive commune fournit autant de lumière qu’une bougie brûlant pendant 11 heures12 minutes, au lieu que les lampes à deux courants d’air ne produisent, par chaqueonce d’huile consommée, que la lumière d’une bougie brûlant pendant 1) heures31 minutes, ce qui fait un avantage d’une septième de plus pour les lampes du sieurLe Clerc. U résulte en outre du rapport, qu’elle ne fume point et n’est point sujette auxinconvénients qu’entraînent les tubes de verre, soit en se brisant ou en diminuant laqualité de la lumière; que le service domestique de celle lampe n’est que de 4 minutesau plus, et enlin que la manière de la nettoyer et d’y mettre de l’huile est la plussimple et la plus commode dont on se soit encore servi pour toutes les autres lampes.
11 est probable que cette invention fut cédée à un industriel chargé del’exploiter. Dans VAlmanach som verre de 1788 |L I, col. Mt), nous voyousque c’est un sieur Moïnal qui annonce une lampe dont la lumière équivautà celle de trente et une bougies. Ce qui nous fait ranger cet appareil parmiles lampes hydrostatiques, c’est qu’à la date de 1791 nous trouvons desrenseignements complémentaires à ce sujet:
Lampe du sieur Moïnat, ferblantier rue du Roule. — Cette lampe ne donne niodeur, ni fumée, ce qui s’opère au moyen du réservoir d’eau placé au-dessus.
XIV. Lampe du marquis d’Aklande. — Cette lampe, qui est égalementune lampe hydrostatique, avait été construite primitivement par le marquisd’Arlande, avec le concours de Lange et de Quinquet (1).
(1) Lampe économique à cheminée de verre et à courant d’air de l'invention de MM. lemarquis d’Arlande et Quinquet en concurrence avec M. Lange, distillateur ordinaire du roi,rue du I’elit-Pont, déjà connu avantageusement pour les huiles épurées à l’usage des lampes.