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CHAPITRE XI — L’ÉCLAIRAGE PUBLIC AU XVIII e SIÈCLE
8 2. — Les casse-i.antehnes.
Los lanternes à chandelle fumeuse, pas plus que les brillants réverbères,n’ont échappé aux vexations de la basse populace, trop peu intelligente pourcomprendre leur incontestable utilité. Aussi, de bonne heure on a sévi avecénergie contre ceux qui s’attaquaient à ces appareils.
On les considérait comme de dangereux malfaiteurs (1), et nous voyonsen 1740 qu’on décerna un monitoirc contre certains quidams qui avaientcassé à coups de pierres une lanterne mise, par ordonnance de justice, pouréclairer sur le pont et dans l’abreuvoir de Vil lépreux, « afin de procurer lasûreté publique et éviter les malheurs qui sont arrivés, et notamment d’unjeune garçon qui s’estnoyé dans ledit abreuvoir par le défaut de clarté, etc. ».
On eut beau faire, on n’empècha jamais que les lanternes ne fussentconsidérées comme un objet plaisant à détruire; ainsi, en ce qui concerne uneépoque bien postérieure, nous lisons, dans les Nuits de Paris de Rétif de laBretonne (t. VU, p. 1668), l’anecdote suivante:
Depuis que les réverbères existent, leur élévation les met à l’abri de la fureurbrutale des orgiaques nocturnes. Cependant je trouvai deux arlequins et un pierrotqui cassaient à coups de pierres, ramassées sur des gravats, un réverbère trop lumi-neux. Au bruit de ma marche, ils cessèrent : mais quand ils virent que ce n’était qu’unparticulier, ils recommencèrent.
J’allai doucement au corps de garde voisin et j’avertis, line escouade accourutet les enveloppa. Ils allaient être pris, lorsqu’un homme eut pitié d’eux : il entr’ouvrit
(l) Ou rendait responsables les voituriers qui, par accidents, venaient endommager cesappareils :
l)u vendredy douze novembre mil sept cent quarante-cinq.
Sur le rapport à Nous fait à l'audience de la Chambre de police au Chastelet de Paris ,par M“ Mathias de Mortain, conseiller du Roy, commissaire enquesteur et examinateur encette cour, ancien préposé pour la police du quartier du Louvre; que le vingt-huit septembredernier il a reçu la déclaration d’Adrien Goix, maistre vitrier, entrepreneur des lanternesdudit quartier du Louvre, contenant que le même jour la voilure du nommé Bordier, numé-rotée filî, Port Saint-Paul, chargée de traileaux, avoit pour la trop grande élévation de sacharge cassé et brisé plusieurs lanternes dudit quartier, dont trois, rué du Chantre , une surla place du Louvre, et une rué Eroidmanleau, desquelles lanternes le fond de l’une se trouvoitcassé, les montans de plomb et carreaux d'une autre estoient cassez et rompus, et dévoientestre construits à neuf; qu’il y avait vingt-cinq carreaux cassez sur la totalité des trois autreslanternes; et attendu, etc., le condamnons....