LAMPES D’ARGANl)
507
verres bleus, ayant l’avantage de donner une clarté plus douce et [dus homo-gène; il [trétend ([ne par ce moyen on peut distinguer la nuit toutes lescouleurs avec autant de facilité que pendant le jour. 11 passe ensuite en revueles autres avantages de son appareil :
Un autre moyen (I), (lil-il, d’obtenir avec les lampes une lumière extrêmementdouce et agréable, et pour ainsi dire mystérieuse, est d’en renfermer le bec dans unpetit vase d’albàlre ou de spath de berbyshirc, dont le fond eL le collet seraient per-cés pour admettre ledit bec, tandis que le corps de la lampe qui fournit l’huile seraitcaché derrière. Un cabinet éclairé do cette manière forme un spectacle extrêmementcarieux et agréable.
2° Le sieur Argand a trouvé le moyen de remédier à l’inconvénient qu’avaientles lampes suspendues de laisser échapper l’huile soit dans un balancement, soitlorsque l’air se rarélio dans le vase par l’élévation de la température de l’appariement.Ce moyen consiste à fabriquer ses lampes de manière que le vase qui contient l’huilepuisse demeurer ouvert par le haut. Alors « le changement de température ne peutplus inlluer sur l’air et sur l’huile qui, dans tous les cas, demeure imperturbablementà la même hauteur ».
5° Le sieur Argand a étendu l’usage de ses lampes en trouvant le moyen d’enl'aire des foyers de chaleur qui peuvent s’appliquer à divers usages, tels que la dis-tillation et plusieurs autres opérations chimiques. Ces foyers, adaptés à un appareildisposé pour cela, forment de petites cuisines portatives, où il est possible de fairecuire des légumes et de préparer quelques mets qui s’y tiennent chauds jusqu’à cequ’on les serve. Ils peuvent, à plus forte raison, être employés pour tenir l’eau enébullition dans les urnes à thé.
La même aimée nous voyons attribuer au même auteur le perfectionne-ment du circulant d’une lanterne de voiture pour lequel il obtint un brevet dequinze ans ; c’est la dernière fois que nous rencontrons le nom d’Argand , et nousn’avons pas lieu de nous en étonner, car nous savons (2) qu’en 1819 M. Argand l’aîné était âgé de plus de quatre-vingts ans ; or, comme en 1800, il devait êtreseptuagénaire, il est permis de supposer qu’il avait borné là ses travaux.
En 1808, [tour sortir des chemins battus, un lampiste de la rue Martel,le sieur Lambertin, inventa des lampes à simple courant d’air, capables deconsommer leur fumée, les unes destinées à brider toutes espèces d’huiles,tandis que les autres pouvaient être alimentées pur du suif ou de la graisseclarifiée ; ses lampes étaient à mèche [date et semi-circulaire, sans che-
(1) Bibliothèque physico-économique, l. I, p. 404.
(2) Note extraite de Y Essai sur la caloptriquc de l’éclairage, par J.-A. Bordier Marcel,ingénieur lampiste, élève et successeur d’Argand.