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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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LAMI’ES ASTRALES

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VIII. Lampes astrales . —Argand mourut lo 13 octobre 1803, et il avaiteu l’honneur de doter son pays d’une industrie nouvelle; avant lui eneffet, l’art du lampiste n’existait pas, et VEncyclopédie promu' que celui duferblantier n’était (pie bien peu de chose, puisque ses agents étaient classésà Paris avec les taillandiers et les maréchaux grossiers.

En mourant, Argand avait eu la consolation de laisser un élève vraimentdigne de lui, qui reprit la manufacture de lampes de Versoix et continua sestravaux; ce successeur, M. J.-A. Bordier Marcet qui s’intitule ingénieur lam-piste, inventa un genre de lampe assez parfait qu’il désigna sous le nomd’« astrale». Le premier essai eut lieu dans le grand escalier de l’iiotel deBourgogne ; la lampe, suspendue à plus de 40 pieds d’élévation, répandaitune lueur pâle, semblable à celle de la lune, et éclairait très bien toutes lesparties de l’escalier.

Le principal secret- de cette découverte consistait en un réllecteur deforme parabolique, qui augmentait dans une proportion notable le pouvoiréclairant de l’appareil.

C’est en 1804 que furent exécutées à Versoix les premières lampesastrales. Bordicr Marcet les essaya, dans diverses églises, puis au théâtrede Genève et enlin à celui de Lyon , en mai 1805.

Trois appareils de ce genre figurèrent à l'Exposition de 1800: mais ilspassèrent inaperçus aussi bien du public que du jury. La Société d’encourage-ment fit un meilleur accueil à ces lampes, et l’on retrouve la trace, dans sesbulletins, d’un certain nombre de mentions honorables qui leur furent dé-cernées.

Pour pouvoir exploiter son invention en France , Bordier dut prendredes associés parmi les lampistes parisiens ; mais cette opération fut loin d’èlnavantageuse pour lui, car il n’y eut pas de difficultés que ses coïntéressés mlui eussent suscitées.

Les lampes astrales, ainsi nommées parce qu’elles éclairaient de liant enbas, étaient destinées à servir pour les réfectoires, académies, salles de con-cert ou do réunion, etc. ; elles étaient susceptibles de recevoir divers genresd’ornementation, et ne faisaient (pie gagner à être entourées d’une galerie decristaux. Au point de vue pratique, ces lampes avaient, un autre avantage, carelles tenaient lieu de fourneaux, et une expérience de ce genre fut faite en 1809,en présence des membres du conseil de la Société d’encouragement