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EMPLOI DU GAZ
HYDROGÈNE
POUR LE GONFLEMENT DES AÉROSTATS
§ 5. — Emploi du gaz hydrogène pour le gonflement des aérostats.
Un pou plus tard, on 1784, on était arrivé à fubriquor lo gaz avec unetrès grande facilité. Toutefois, comme à cotte époque les expériences d’aéros-tation do M. de Mongoltior occupaient tous les esprits, la découverte de lafabrication du gaz, au lieu d’ètre employée pour l’éclairage, fut simplementutilisée pour goutter les ballons. On trouve dans le Journal de Paris,année 1784 (p. 100), une lettre écrite à ce sujet par un certain M. Lapostolleaux auteurs du journal.
Aillions, 7 janvier 1784.
Messieurs,
Depuis la superbe découverte de MM. Mongollier, votre journal est devenu le dépo-sitaire de nouveaux moyens propres à en accélérer la perfection. J’ai lu avec satisfaction,dans les premiers instants de celle découverte, que les savants s’occupaient desmoyens de rendre cette expérience plus utile et moins dispendieuse, les uns en cher-chant à la diriger, les autres à former un gaz inllammablo qui pût réunir le bon marchéà la légèreté qui caractérise le gaz tiré de la dissolution du fer; mais, ce n’est pointsans peine que j’y relis fréquemment qu’on est enfin parvenu à se procurer une espècede gaz inflammable à cent fois meilleur marché, sans que le procédé, pour l’obtenir,soit rendu public; je crois que les vrais amateurs apprendront avec plaisir qu’il existeun moyen aussi simple que peu dispendieux, pour avoir en moins de six heures unequantité de gaz inllammable telle qu’il la faudrait pour remplir un ballon propre, parsa capacité, à élever des hommes.
(le gaz inllammable se trouve dans le charbon de terre ; on l’en extrait par ladistillation pneumatique. Dans les expériences que nous avons faites entre plusieursamateurs nous nous sommes convaincus que son dégagement s’opère avec une rapi-dité qui exige des précautions pour le conduire dans le ballon; il se dégage du charbonde terre, enfermé dans un appareil pneumatique et exposé à un violent coup de feu,une émanation composée de deux lluidos aériformes, c’est-à-dire un gaz inllammablede la plus grande fugacité, et un autre lluido qui a pour principe un pétrole, mais tenuà l’état de vapeur par une grande quantité de lluido igné ; dans l’instant du dégagement,ce Uni de composé est bien inllammable, mais il n’en est plus de même lorsqu’il estconservé quelque temps dans un ballon ; l’émanation en se condensant dépose sur lesparois internes du ballon le pétrole qui la constituait, cl son principe dissolvant modifiel’air inllammable à l’état d’air atmosphérique, dette circonstance n’a point lieu si, avantde conduire ce iluide aériforme dans le ballon, on le fait passer dans une masse d’eauqui, en désunissant le pétrole de son dissolvant, s’en empare.
Le gaz inllammable, purilié par ce moyen, est de la plus grande beauté ; la quantitéde ce gaz retiré de celle manière est immense; elle est telle que dans une extraction