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CHAPITRE XIII
GAZ HYDROGÈNE
§ 4. — Kuys-Poncelet, ses expériences a Liège (1811).
Pendant qu’on faisait en Angleterre les progrès que nous venons designaler, on s’occupait aussi, en Belgique , de perfectionner l’invention deLebon. Un fabricant, de limes, à Liège , lit, à ce sujet, divers essais pourl’éclairage de ses ateliers.
M. Huys-Poncelel (1) fit ses premières expériences avec un appareil dont lacornue renfermait quinze kilogrammes de houille; le tuyau conducteur du gaz avait sixajustages qui produisaient chacun une H anime de 16 centimètres de hauteur ; l’auteurassure que celte lumière était trop vive pour les ouvriers. A la troisième expériencece même appareil, composé de quarante et un becs, éclairait vingt et un tailleurs delimes fines, dont chacun avait sa lumière qu’il pouvait approcher ou éloigner à savolonté. Les tailleurs sur enclumes étaient éclairés par des becs triples.
Quarante kilogrammes de houille sèche ont sufli pour chantier et entretenir lacornue à la même température pendant toute la durée de l’expérience. L’auteur ayantajouté douze becs aux six premiers, ces dix-huit lumières conservèrent, pendant septheures consécutives, la plus grande vivacité, chaque llamme ayant 11 centimètres;la dépense du fourneau fut de trente-sept kilogrammes de houille.
La troisième expérience eut lieu sur quarante et une lumières, dont doux becsd’Argaml h double courant d’air ; elle dura quatre heures et demie et dépensa vingt-cinq kilogrammes de houille.
M. Ruys-l’oncclet a remédié, par un moyen aussi simple qu’ingénieux, aux incon-vénients de la détonation du gaz, qui se manifestait lorsqu’on approchait une lumièredes becs d’ajustage, éteignait les lumières et démontait quelquefois les tubes et lesréservoirs.
L’auteur, voulant éclairer la salle de la Société d’émulation de Liège, dont il estl’un des secrétaires, disposa son appareil pour donner cent cinquante fortes lumièresde lampes d’Argand . Le conducteur principal, qui circulait suivant le périmètre de lasalle, était placé à 5 mètres 7 décimètres do hauteur du sol ; il avait quatre-vingtsajustages principaux, une couronne supérieure et deux petites de cinquante-six lices,formant ensemble cent trente-six lumières. Malgré leur élévation, la salle se trouvaittrès bien éclairée; mais, pour augmenter l’eiïeL de l’éclairage, M. lluys-Poncelet sur-monta chaque ajustage d’une petite boite à trois becs, produisant des Ranimes devingt-sept millimètres do hauteur, et faisant 1 ’eIlet d’une _ ’ e. Le nombre total deslumières se trouva être alors do deux cent quatre-vingt-seize, et l'auteur assurequ’elles brillaient avec une Ranime blanche et très vive, et qu’elles avaient uneintensité égale à la lumière de trois chandelles ordinaires.
La cornue de l’appareil avait été chargée de cent kilogrammes de houille. Le
(1) Bibliothèque physico-économique, l. 11, p. 108.